Nous voilà à la moitié de cette 16ème édition de L'Etrange Festival dont le programme ne désempli pas même si la qualité s'est un poil affaissée en ce qui concerne les avant-premières.
Notamment
Robert Mitchum est mort d'
Olivier Babinet et
Fred Khin, road-movie à travers l'Europe du nord suivant un comédien inconnu (
Pablo Nicomedes) et son manager looser (
Olivier Gourmet) qui partent pour le cercle polaire dans l'espoir de convaincre un cinéaste américain de faire tourner le premier dans son prochain film. Un long-métrage tendre, décalé et parfois attachant qui fonctionne davantage pour ses acteurs, ses bonnes intentions et sa sincérité, que par son absence de nouveautés et surtout d'ambition.
Robert Mitchum est mort ayant été une production difficile à monter, le Festival a tenu à inviter toute l'équipe du film pour un petit tête à tête avec un public nombreux et apparemment assez comblé par le voyage proposé par les deux réalisateurs.
La nouveauté qui tenait ses promesses fut incontestablement
Dream Home de
Ho-Cheung Pang, slasher violent et féroce venu de Hongkong qui nous a ramené aux bonnes vieilles heures de la Catégorie III avec sa violence outrancière et sa critique méchamment transgressive des dérives économiques de l'immobilier de la péninsule. Agacé par la flambée des prix touchant ce secteur qui l'on empêché de trouver un appartement abordable, le metteur en scène a imaginé le parcours de Cheng (la jolie et riche
Josie Ho également productrice du film), jeune femme convoitant la possession d'un luxueux domicile et qui sera prête à tout pour arriver à ses fins : y compris à liquider les habitants de l'étage afin de faire dévaluer le prix de vente ! En découle une succession de meurtres allant à fond dans le gore qui tâche (agrémenté d'un peu de sexe ce qui ne gâche rien) entre deux flash-back nous expliquant les raisons poussant Cheng à commettre l'irréparable. D'où des passages très mélancoliques succédant à d'autres d'un irrésistible Grand-Guignol. Assurément la crise permet la création de défouloir cinématographiques bien déviants et ce n'est pas nous qui iront nous en plaindre. Surtout quand ils sont réussis comme ce
Dream Home.
Si parmi les œuvres récentes de la sélection nombreuses sont celles manquant plus ou moins d'étrangeté (
The Runaways par exemple), heureusement le cycle « Les Pépites de l'étrange » est là pour y pourvoyer. Hier ce fut
L'Inconnu de Shandigor de
Jean-Louis Roy (présenté dans une copie de travail à la dernière minute) qui a offert sa dose « d'iconoclasterie » aux festivaliers qui se sont régalés devant cet OFNI de science-fiction suisse, mi-pastiche mi-cartoon proche d'un
George Lautner sous hallucinogènes, dans lequel un savant fêlé et tyrannique (
Daniel Emilfork presque trente avant
La Cité des enfants perdus) trouve le moyen de rendre les armes nucléaires des grandes puissances mondiales inoffensives, et devient la cible de plusieurs organisations désirant mettre la main sur son invention. Y figure également
Serge Gainsbourg nous gratifiant d'une chanson écrite exprès pour le film. Avis aux fans donc. Initialement attendu pour évoquer son travail,
Jean-Louis Roy n'a malheureusement pas pu venir parler aux spectateurs présents, faute à des problèmes d'ordre personnel. Dommage.