Toujours aussi riche en curiosités de toutes sortes, L'Etrange Festival nous a proposé hier une journée très musicale puisqu'on pouvait y voir, en avant-première
The Runaways, un biopic sur l'ascension du premier groupe dans lequel figurait la chanteuse rock
Joan Jett mais aussi
Lemmy, un excellent documentaire sur l'exubérant membre fondateur du groupe
Motörhead.
Greg Oliver et
Wes Orshovski ont suivi le charismatique et énigmatique leader du premier groupe de heavy metal
Motörhead pour nous offrir deux heures d'images inédites, d'extraits de concerts et d'interventions de célébrités du monde du rock (
Metallica,
Alice Cooper,
Mick Jones, le fondateur des
Clash...) qui prouvent l'influence définitive que le groupe, et en particulier
Lemmy Kilmister, a eu sur la génération suivante de « hard-rockers ». Dense et passionnant, le documentaire ne néglige pas la face sombre du personnage, son addiction a l'acide et à l'alcool, son adoration pour les armes, les chars et les uniformes nazis, permettant les mises au point et les nombreuses anecdotes.
Malgré la légère tournure « clip promotionnel » que le métrage prend en nous vantant les qualités du groupe et de son mentor,
Lemmy est intéressant de bout en bout et on est triste, au bout de ces 123 minutes, de quitter le curieux individu qu'on devine sensible derrière son aspect bourru et ses problèmes caractériels. En tout cas, le bonhomme a un sacré talent que le documentaire arrive à transcrire, et c'est bien là, finalement, le principal.
Musique encore avec
The Runaways, le premier long-métrage de la clippeuse Floria Sigismondi, qui est, quant à lui, moins convaincant même s'il garde assez d'intérêt pour que l'on ne s'ennuie pas durant 1h45.
Basé sur le livre de
Cherie Currie, (la chanteuse du groupe) et produit par
Joan Jett (alors bassiste qui connaitra ensuite la gloire en compagnie des « Heartbreakers » avec son tube «I love Rock'n Roll»), le film conte l'éphémère ascension des
Runaways mais adopte un style et un point de vue un peu trop infantiles pour séduire les post-ados désormais rompus au charme de l'attitude « Sex, drugs and rock'n roll » dépeinte par la réalisatrice. Le film reste néanmoins attachant par le portrait des deux jeunes filles dont l'une connaitra un succès interplanétaire alors que l'autre préférera sacrifier sa carrière pour rester auprès de sa famille. Le film sortant le 15 septembre, vous en saurez davantage sur le film en lisant notre critique, prochainement en ligne.
En fin de soirée, nous nous apprêtions à voir la seconde « Pépite de l'étrange » réalisée par le cinéaste suisse
Jean-Louis Roy après la diffusion, dans l'après midi, de
L'Inconnu de Shandigor mais le film étant déprogrammé à la dernière minute (probablement un problème de copie), nous sommes allés voir la première séance consacrée à la C
arte Blanche de
Lionel Soukaz, auteur hors du commun, militant depuis plus de 30 ans pour la liberté de choix de vie des homosexuels. Le programme nommé « Archéologie » était constitué de quatre courts-métrages présentant les travaux de
Pierre Molinier (peintre et performer à l'univers érotique et fétichiste) ou de
Michel Journiac (artiste faisant parti du courant Body Art, filmé ici lors d'une performance livrée au salon du livre en 1993 où il mélange son sang fraichement transfusé à des toiles peintes).
«Le Triomphe des tribades» de Pierre Molinier
Le cinquième film proposait de voir
Le Sexe des anges, moyen-métrage de
Lionel Soukaz datant de 1976 et récemment restauré par les archives du CNC. Tout à fait révélateur du cinéma de l'auteur de
Race d'Ep,
Le Sexe des anges est un film ludique et pornographique qui superpose images et sons de toutes sortes pour laisser transparaitre l'hypocrisie d'une société aux normes hétérosexuelles qui stigmatise les tentatives d'accomplissements du désir homo.
Adorable,
Lionel Soukaz n'a pas eu le temps de répondre aux questions du public (pour des raisons d'horaires propres au fonctionnement du Forum des Images) et a donné rendez-vous au public pour l'une de ses deux autres séances qui auront respectivement lieu vendredi à 21h45 et samedi à 21h30. Ne les loupez pas, l'expérience vaut largement le détour !