Nous sommes dorénavant en plein cœur du festival et les diverses thématiques (hommages à
Mimsy Farmer et à
Jean-Pierre Kalfon, les « Pépites de l'Etrange », la compétition de courts-métrages…) et les nombreux inédits se chevauchent dans une programmation des plus éclectiques.
Nous avons commencé la journée par un film de Georges Lautner qui fait un peu figure d'OVNI dans la carrière du prolifique réalisateur (une quarantaine de films), capable du meilleur (
Les Tontons flingueurs, la série des
Monocle avec
Paul Meurisse) comme du pire (
Le Cow-Boy avec
Aldo Maccione,
La Vie dissolue de Gérard Floque,
La Cage aux folles 3…). Réalisé peu après mai 68,
La Route de Salina, présenté au festival dans le cadre de l'hommage rendue à l'actrice
Mimsy Farmer est effectivement un film unique dans la carrière du metteur en scène puisque ce thriller, mâtiné de folies meurtrières et de peur obsessionnel de la solitude, reste, encore aujourd'hui, d'une grande efficacité malgré une réalisation langoureuse s'attardant un peu trop sur les visages des acteurs (
Mimsy Farmer qui sortait alors du trip psychédélique de
More mais aussi Rita Hayworth – oui ! la
Gilda de
Charles Vidor - et
Marc Paurel qu'on a vite catalogué comme le nouveau
Alain Delon). Le métrage a aujourd'hui un peu vieilli mais sa musique pop seventies et son casting hétéroclite l'ont rendu culte, notamment auprès de
Tarantino qui l'a cité comme influence pour Kill
Bill (tout comme le porno suédois
Thriller présenté il a quelques jours). Aujourd'hui, décoratrice pour le cinéma américain,
Mimsy farmer a demandé que l'on n'annonce pas sa présence officielle sur le programme mais avait laissé entendre qu'elle pourrait peut-être venir par surprise lors du passage de ses films. On espère donc la voir jeudi pour la projection de
Le Parfum de la dame en noir et de
Le Maître et la marguerite mais rien n'est moins sûr.
Nous passons dans la plus grande salle, quasiment pleine, pour assister à l'avant-première de « Le dernier exorcisme » en présence du réalisateur
Daniel Stamm et du producteur
Eli Roth. Après avoir spécifié au public que le métrage n'était pas gore mais vraiment flippant (mais est-il en état de le juger ?), nous assistons à un film décevant qui se contente d'exploiter des filons pré-existants en les faisant maladroitement cohabiter. Nous ne savons pas si les deux hommes sont revenus après la projection pour parler avec le public car le devoir nous appelait vers une salle plus petite afin de visionner un double-programme alléchant.
Ce programme était donc constitué d'un court-métrage
The Mode Delian, un documentaire passionnant sur la vie et l'œuvre de Delia Derbyshire qui, bien avant l'arrivée des synthétiseurs, faisait de la musique électronique en collant, à la main, différents sons sur une bande magnétique. Surtout connue pour avoir arrangé le thème de la série
Docteur Who dans les années 60, la pionnière est morte à moitié folle mais son travail influence encore des dizaines de groupes qui apportent ici leur témoignage.
S'ensuit la projection du très attendu
Rammbock, un film de zombies allemand assez court (1 heure) dans lequel un homme tente de retrouver sa femme pour se réconcilier mais reste enfermé dans l'appartement de cette dernière après qu'un virus ait été identifié et que des zombies trainent dans la cour de l'immeuble. Tourné en seulement treize jours pour un montant de 200 000 euros (en rapport, un film comme
La Horde tourne autour des 1 million 500 milles euros),
Rammbock est un métrage à l'action continue soutenu par une réalisation de haute volée. Mélange d'horreur, d'humour et de romantisme optimiste, le film aurait semble-t'il, trouvé un distributeur vidéo en France, c'est en tout cas ce que nous a dit le réalisateur,
Marvin Kren après la projection. Accompagné de son scénariste
Benjamin Hessler, l'homme avait apparemment bu trop de whiky-coca ce qui rajoutait au surréalisme de la situation puisqu'il insultait gentiment son collègue qui avait la chance de parler français.
L'Etrange Festival c'est aussi beaucoup de rencontres de ce type et nous vous invitons aujourd'hui à rejoindre les nombreux cinéphiles/cinéphages qui auront la chance de discuter avec
Jean-Pierre Kalfon (qui présentera
Les Idoles, le film pop de
Marc'o),
Lionel Soukaz, réalisateur spécialisé dans le cinéma gay d'auteur ou bien encore les réalisateurs de
Robert Mitchum est mort (
0livier Babinet et
Fred Kihn) qui sera présenté en avant-première.