Mis à part le film très attendu de ce samedi, le très rare
Thriller qui a influencé
Quentin Tarantino ou
Abel Ferrara et dont l'intérêt a parfaitement été résumé par notre collègue Julien Munoz dans l'autre news du jour, L'Etrange Festival débutait également la carte Blanche d'
Alejandro Jodorowsky, personne charmante, aujourd'hui tournée vers l'occultisme qui, avant la projection du chef-d'œuvre de
Victor Sjöström,
Larmes de clown, nous a décrypté
Le Magicien d'Oz, son vrai discours (la recherche de soi) et ses nombreux symboles. En gros, la petite Dorothy (interprétée par
Judy Garland) aurait perdu confiance en elle et aurait, pour retrouver son véritable « moi », besoin de cinq éléments qui vont suivre la voie de l'illumination (la longue route jaune) pour se reconstituer.
Ainsi, Dorothy représenterait le corps, l'épouvantail l'intellect (le cerveau), l'homme de fer l'émotionnel (le cœur) et le lion le sexuel (le courage), le petit chien étant en fait l'ego de l'héroïne et le magicien d'Oz le catalyseur qui va faire prendre conscience à la jeune fille de ses véritables capacités, lui permettant ainsi de rentrer chez elle en dans une profonde paix intérieure.
Alejandro Jodorowsky
Victor Sjöström, acteur, notamment chez
Ingmar Bergman (le vieux professeur des
Fraises sauvages, c'est lui) a aussi réalisé un nombre considérable de films dès le début des années 1910 jusqu'au début des années 30. A la vision de
Larmes de clown, peut-être son chef-d'œuvre, on ne s'étonne pas que Charlie
Chaplin le considérait en son temps comme le meilleur metteur en scène au monde tant sa réalisation fourmille de plans inoubliables (les scènes de cirque par exemple) magnifiés par un travail sur la lumière remarquable. Le métrage (dans lequel
Lon Chaney se révèle bouleversant en ancien professeur trahi par son mécène qui, ayant tout perdu (femme, travail) devient LUI, le clown que l'on gifle pour faire rire le public) est un mélodrame d'une grande force visuelle dont il est impossible d'oublier la fin.
Pour l'anecdote, ce serait aussi le premier film où apparaitrait l'emblème de la firme MGM, le fameux lion rugissant qui était alors muet.
Au même moment, on pouvait, dans une salle plus petite, assister au début de l'hommage à l'acteur
Jean-Pierre Kalfon (en sa présence) avec un film de
Pierre Granier-Deferre,
Une étrange affaire, peinture impitoyable des rapports hiérarchiques dans lequel un
Gérard Lanvin tout jeune se fait manipuler par un
Michel Piccoli particulièrement pervers qui joue avec la vie privée et professionnelle de ses employés.
Avant de terminer la journée par le cultissime
Thriller, porno suédois choisi par le réalisateur
Nicolas Winding Refn qui, contrairement à ce qui nous avait été annoncé, ne contenait pas les inserts pornographiques (dommage !), nous sommes allés voir ce que valait le premier film d'
Antoine Blossier,
Proie, dont vous pouvez dès maintenant, lire la critique.
Au programme aujourd'hui, une pléthore de films inédits (
Pontypool,
No Mercy,
Survival of The Dead de
Romero… mais aussi des classiques comme
Le Roman de Mildred Pierce de
Michael Curtiz, autre film choisi par
Nicolas Winding Refn. Dépêchez-vous, il doit encore rester quelques places !