Comme chaque année, l'Etrange Festival reprend ses quartiers au Forum des images pour vous permettre de faire la nique à la morosité de fin de vacances. La seizième édition se tient donc du 3 au 12 septembre et nous sommes présents sur le terrain pour vous faire partager nos impressions sur cette cérémonie d'une dizaine de jours faite de films inédits (premières mondiales ou françaises), de films rares ("Les pépites de l'étrange"), des hommages, des cartes blanches, la compétition de courts-métrages, une nuit "Vampires" avec pas moins de quatre films, une soirée avec
Tobe Hooper et bien d'autres surprises encore.
Hier, la soirée d'ouverture a ouvert les festivités avec un excellent programme et une salle de plus de 400 places pleine à craquer. Débutée avec un peu de retard du aux embouteillages des caisses qui ont eu du mal à répondre à la demande vorace du public, la première séance a accueilli toute l'équipe du festival et deux cinéastes
Nicolas Winding Refn (
Bronson,
Le Guerrier silencieux) et
Lionel Soukaz (le film gay
Race d'ep) apparemment ravis d'être là pour présenter leur carte blanche. La lumière s'éteint. Il est temps de régaler nos mirettes avec, tout d'abord, un film d'animation de quinze minutes du dessinateur
Winshluss (en fait,
Vincent Paronnaud, co-réalisateur de
Persepolis) qui n'en a pas fini avec ses obsessions et aime toujours à démonter les apparences pour faire surgir, avec humour, de belles et vraies atrocités. Dans
Il était une fois l'huile, il s'attaque à la publicité et à sa propagande de consommation à travers l'histoire de deux enfants qui en renversant un bidon d'huile font apparaître la mascotte officielle des huiles Goutix, « l'huile pour friture et moteur ». A partir de cette base déjà improbable, l'auteur nous entraine dans un délire visuel et narratif qui se révèle jouissif par ses envolées macabres et drôles et son sens pointu du détail… Et
Winshluss prouve que l'humour n'est jamais aussi efficace que lorsqu'il se repose sur une base dramatique réelle.
Il était une fois l'huile
Rire de l'horreur de l'actualité, c'est également le credo du satiriste
Chris Morris qui, avec son excellent métrage
Four Lions mettant en scène quatre terroristes islamistes pas très futés qui tentent de se faire exploser comme des kamikazes, déclenche l'hilarité à intervalle régulier durant près d'1h40. Probablement le film le plus drôle qu'on ait pu voir cette année.
Le second film de la soirée,
Bedevilled, du sud-Coréen Jang Cheol-So est lui, beaucoup plus sanglant et nous entraine sur une petite île dégénérée où les habitants prennent un plaisir particulièrement pervers à persécuter une jeune mère victime de violences conjugales répétées qui la mèneront à une folie meurtrière pleine de sang et de fureur. Sûrement pas le must annoncé par l'équipe du festival mais un film d'une grande violence à la réalisation magnifique (et pour cause,
Jang Cheol-so a notamment été assistant de
Kim Ki-duk sur le tournage de
L'Île).
Dans les autres salles, nous pouvions voir
L'Infernale poursuite, un film d'action dont le personnage principal est… un cul-de-jatte (il s'appelle d'ailleurs Mr No Legs) et un documentaire punk sur Dr Feelgood réalisé par l'Anglais
Julien Temple (
Absolute Beginners) qui clôt ainsi sa trilogie débutée par
L'obscénité et la fureur (sur les Sex Pistols) et
Joe Strummer, The Futute Is Unwritten.
Nous vous reparlerons de ces deux films lors de leur seconde projection.
En attendant, nous vous invitons à lire les critiques de
Four Lions et
Bedevilled.
Demain, encore un programme de fou et, dès minuit, une «Nuit Vampires» avec
Suck de
Rob Stefaniuk,
Vampires de
Vincent Lannoo,
Prowl de
Patrick Syversen et un film surprise ! N'oubliez pas d'acheter vos billets. La nuit risque d'être agitée !