C'est avec une très grande surprise (et une tristesse équivalente) que nous avons appris hier soir le décès précoce de
Satoshi Kon, mort d'un cancer à l'âge de seulement 47 ans.
S'il ne fut pas aussi connu qu'un
Mamoru Oshii ou un
Katsuhiro Otomo pour le grand public occidental,
Satoshi Kon n'en demeurait pas moins l'un des plus grands maîtres de sa profession pour tous les fans de l'animation japonaise, à laquelle il donna quelques unes de ses lettres de noblesse, avec
Perfect Blue,
Millenium Actress,
Tokyo Godfathers et
Paprika.
Né le 12 octobre 1963 à Kushiro sur l'île d'Hokkaido,
Kon est rapidement happé par le monde du manga durant son enfance. Après plusieurs publications aux succès critiques immédiats au milieu des années 80,
Satoshi Kon s'allie avec
Otomo qui le prend sous son aile et l'initie progressivement au monde de l'animation. Parmi ses titres de gloire figurent des participations aux développements d'
Akira et
Memories,
Patlabor 2 ou encore l'OAV
Roujin Z.
Animateur mais également scénariste,
Satoshi Kon saute finalement le pas vers la réalisation en 1998 avec un premier chef-d'œuvre :
Perfect Blue. A l'instar des plus grands exemples du genre, le film apporte une nouvelle vision du dessin animé nippon en dehors de ses frontières. Adulte, transgresseur et aux antipodes de la production habituelle,
Perfect Blue marque la critique occidentale et apporte une pierre de plus à la reconnaissance de l'animation du soleil levant.
Un premier film qui posera également les bases d'un style déjà parfaitement défini et d'un univers personnel obsédé par l'idée de la réalité subjective. S'il abandonne cette thématique le temps de son troisième long-métrage
Tokyo Godfathers (émouvante épopée humaniste à la
Franck Capra), c'est pour mieux y revenir avec
Paranoïa Agent, série télé de treize épisodes et brillante fenêtre de la société japonaise moderne ; et
Paprika, son dernier long-métrage en date sorti en 2006.
Fan de mangas, de cyber punk, de science-fiction, des
Monthy Python ou des écrits
Phillip K. Dick (dont il a su retranscrire avec une incroyable fidélité l'ambiance paranoïaque de ses romans),
Satoshi Kon aura crée une œuvre courte mais ayant eu une influence notable sur ses congénères (le récent
Summer Wars par exemple), dépassant de loin le simple cadre de l'animation japonaise. Assurément le récent
Inception de
Christopher Nolan lui doit énormément.
Dernièrement, il travaillait à l'élaboration d'un nouveau long-métrage qu'hélas il ne achèvera jamais :
Yumemiru kikai.
Triste jour.
>Quelques vidéos de la carrière de Satoshi Kon:
Perfect Blue (1998):
MIllenium Actress (2001):
Tokyo Godfathers (2003):
Paranioa Agent (2004):
Paprika (2006: