A chaque sortie de remake il est bon de se retourner avant vers l'original. Non pas pour se réfugier aveuglement dans un passéisme fondamentaliste mais pour faire un vrai travail de comparaison une fois le moment venu. La sortie en blu-ray des deux premiers
Karaté Kid (où est passé le troisième ?), un mois avant celle en salle hexagonale de la copie avec
Jaden Smith et
Jackie Chan, est en cela une aubaine pour remettre les pendules à l'heure.
Objet de culte pour toute une génération de garçons galvanisés par l'histoire de « Daniel-san » et monsieur Miyagi,
Karaté Kid premier du nom est clairement un fruit de son époque. Celle des années 80 et de son optimisme foncier, celle de la suprématie culturelle américaine (reaganienne) sur l'Occident et… son ridicule qui s'ignore ! Si le temps passant a beaucoup joué en faveur de certaines œuvres cinématographiques de cette période (ce fut le cas pour
Predator qui était loin d'être considéré comme une chef-d'œuvre à sa sortie), encore plus nombreuses sont celles à s'être violement pris un revers dans la figure.
Karaté Kid en fait plus ou moins parti de celles-ci.
Il n'est nullement question de contester l'impact sociologique que le film de
John G. Avildsen a eu sur son public d'antan (si le rédacteur de ses lignes s'est essayé à ce sport étant enfant c'est à cause de qui à votre avis ?), mais force est de constater que ce
Rocky pour adolescent à partiellement vieilli et pas dans le bon sens du terme. A commencer par le segment teen-movie du scénario du pratiquant
Robert Mark Kamen, qu'on sent plus à l'aise dans sa tentative d'occidentalisation de l'art martial nippon (indémodable « wax-on/wax-off ») que dans les pérégrinations du jeunot Ralph Maccio, faux héros de la saga.
Le vrai point central de
Karaté Kid est clairement Miyagi interprété par
Pat Morita, sans qui le succès du film n'aurait sûrement pas été le même. C'est réellement grâce à sa bonhomie naturelle et à sa capacité à créer un personnage à la fois décalé et terriblement attachant (la scène où on comprend son douloureux passé) qui font que les deux œuvres tiennent encore la route. C'est tellement vrai que le second opus n'aura pas d'autre choix que de se centrer quasi exclusivement sur lui lors d'un retour à Okinawa parfois handicapé par les passages obligés et répétitifs avec Daniel n'étant là que pour justifier le titre.
Sans être des intouchables du septième art, les deux
Karaté Kid conservent une aura spéciale pour qui les a découvert à l'époque. On pourrait même dire qu'ils sont à l'image de la posture de la grue employée par Daniel lors du combat final – qui de manière incroyable fait toujours son effet : déséquilibrés mais touchant au but.
Si les deux
Karaté Kid accusent parfois de leur âge ce n'est pas à cause de leur passage à la haute définition, qui au contraire, tend à leur redonner de l'éclat. Globalement, les deux transferts en 1080p arborent un saillant piqué tout en respectant l'aspect argentique des films. D'où la présence d'un léger grain n'ayant rien de perturbant. Il arrive que certains plans se montrent plus doux que la moyenne mais on est bien devant un résultat propre et plus que satisfaisant qui permettra aux fans de redécouvrir
Karaté Kid dans des conditions optimales.
Le rendu est visuel est d'autant plus remarquable que trois pistes en DTS-HD Master Audio 5.1 (anglaise, française et allemande) se partage la place sur le disque (plus plusieurs autres pistes en DTS mi- débit pour les autres langues). Comme on pouvait s'y attendre, les
Karaté Kid n'offre pas mixage transcendantal et s'axent essentiellement sur un bon débit des canaux avant. C'est lors des apparitions du score de
Bill Conti que le spectacle devient total. Au jeu des comparaisons entre la VO et la VF, c'est bien évidemment la première qui l'emporte avec une meilleure gestion des dialogues et de l'ambiance qui se voit restreindre par la version française claire et précise.
Plutôt fournie sur le papier, l'interactivité se montre finalement assez banale : si le commentaire audio de
Karaté Kid assuré par le réalisateur, le scénariste et les deux comédiens principaux, se montre des plus agréables à suivre, en revanche le documentaire rétrospectif en deux parties (env. 50 min au total) déçoit légèrement du fait d'un constant discours prémâché et consensuel qui prend le pas sur la dissémination d'informations et d'anecdotes. Pour trouver de la vraie matière il faudra se reporter sur la fonctionnalité « Blu-Pop » permettant de visionner les films agrémentés de petites bulles textuelles. Le reste des bonus s'avère plus au moins correct : si les deux rapides modules sur l'entraînement des comédiens expliqué par le directeur des combats et un autre sur le travail du compositeur
Bill Conti s'imposent en toute logique, il n'en va de même pour celui sur la culture du bonsaï qui bien qu'intéressant au demeurant, apparaît comme superflu. A noter que les documents précités réutilisent tous les mêmes images des films, ce qui finit par devenir lassant à la longue. Pour conclure, on trouve sur le disque de
Karaté Kid 2 une courte et futile featurette d'époque et des bandes-annonces.
Disponible depuis le 21 juillet chez Sony Pictures
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Prix indicatif :
24,99€ le coffret