Arrivée en salle au terme d'une production longue et alambiquée (dont on vous épargnera ici le compte-rendu), la version cinéma de
Wolfman ne pouvait cacher sa véritable nature d'œuvre maudite, joliment bancale et narrativement hachée qui réduisait copieusement l'impact de ce remake du film homonyme de 1941 et hommage respectueux aux classics monsters de la
Universal Pictures. La venue en vidéo agrémentée d'une vraie director's cut (
Joe Johnston la confirmé : cette monture est davantage à son goût) laissait entrevoir l'espoir d'assister à une nette amélioration d'un métrage espéré plus fluide, plus émouvant, plus gothique... « plus mieux » pour le dire maladroitement.
Hélas, les 17 minutes complémentaires s'ajoutant au reste du film et autres substitutions temporelles (la rencontre entre Benicio del Toro et
Emily Blunt est avancée à la troisième minute) ne corrige en rien ou si peu les défauts de la première version. Toutes les scènes supplémentaires ne faisant qu'expliciter ce qui était laissé sous-entendu antérieurement. La relation entre
Lawrence et Gwen ne gagne pas en profondeur et le rythme fait encore des siennes tandis qu'
Anthony Hopkins ne semble toujours pas comprendre que le ton général est au premier degré. De plus, certains passages (la poursuite dans Londres) continuent d'apparaître dans le récit comme des pièces rajoutées s'emboîtant mal avec les autres.
Wolfman reste donc un retour à l'horreur classique, d'une stupéfiante beauté plastique (quelle photo de
Shelly Johnson !) mais beaucoup trop figée pour se laisser envoûter.
Parmi les nouveautés, on retiendra surtout le caméo de
Max Von Sydow expliquant la possession de la canne à tête de loup par le personnage de del Toro, sorte d'objet relais de la malédiction qui finira entre les mains de l'inspecteur Abberline (
Hugo Weaving) faisant encore office de protagoniste fonctionnel.
Il était clair que le transfert du film sur dvd serait une gageure pour l'éditeur devant composer avec une image souvent sujette aux clairs-obscurs et à une densité de noirs peu commune. Et force est de constater qu'
Universal Pictures s'en est sorti haut la main. La copie - vierge du moindre artéfact de pellicule - opte pour une définition très contrastée rendant justice au travail graphique de l'équipe technique de
Wolfman (à quelques défauts prêts de compression visibles). Détaillée et faramineuse dans un format de qualité standard, on n'ose imaginer le rendu sur Blu-Ray qui doit s'avérer époustouflant. Pareil pour le son qui s'en sort avec tous les honneurs grâce à un simple mais dynamique Dolby Digital 5.1 allant faire rugir (de plaisir) votre installation home cinéma. La spatialisation du mixage se fait vraiment sentir dès que l'action pointe le bout de son museau. Cette appréciation vaut surtout pour la VO plus équilibrée que la VF trop axée sur les dialogues au détriment de l'ambiance sonore.
Alors que l'édition HD de
Wolfman se voit nourrie d'un monticule de bonus en tous genres, le dvd crie pratiquement famine. Mis à part des scènes coupées et plusieurs versions longues (env. 11 minutes) qui ne présentent pas un plus grand intérêt que les morceaux réintégrés, l'interactivité est vide de bonus qui auraient pu nous expliquer les raisons qui ont mené
Wolfman à devenir l'œuvre défectueuse (quoique meilleures que plein d'autres bandes fantastiques du moment) qu'elle est aujourd'hui et restera probablement dans les années à venir.
Disponibles dès le 20 juillet chez
Universal Pictures
Prix indicatif : 19,99€ le dvd / 24,99€ le Blu-Ray
>Retrouvez ci-dessous les captures d'écran du DVD.