Il est tout de même rassurant de constater que si une bluette aussi insipide et réac que la franchise
Twilight trouve un écho favorable auprès du public d'aujourd'hui, il en va de même pour son antithèse incarnée
True Blood continuant de cultiver une irrévérence adulte et dévergondée pour le plus grand bonheur des allergiques au simili d'aventure romantique de Bella et Edward. Après une première saison s'occupant de mettre en place le lieu et les personnages,
Alan Ball (Six Feet Under) passe à la vitesse supérieure avec un goût toujours plus prononcé pour le sang, le sexe, l'humour noir et la dérision … Résultat, cette seconde fournée n'aura eu de cesse que de battre successivement ses propres records d‘audience lors de sa diffusion sur HBO, devenant ainsi le programme le plus populaire de la chaine depuis la sacro-sainte
Les Soprano.
Répartis en deux actes, les douze épisodes élargissent l'univers imaginé par Charlaine Harris, qui nous fait pénétrer plus en profondeur dans la société des vampires via une excursion à Dallas où une guerre est en train de se préparer entre suceurs de sang et une église évangéliste fondamentaliste ayant enlevé un des leurs pour l'offrir au soleil. Une secte que rejoint Jason pendant que sa sœur tentera de retrouver un vampire vieux de 2000 ans et que la tranquille ville de Bon Temps glisse progressivement vers un chaos orgiastique sous l'influence d'une Ménade manipulatrice (Michelle Forbes déjà détestable à souhait dans
Battlestar Galactica), désireuse de s'affranchir d'un sacrifice humain envers son Dieu Dyonisos.
Narrativement plus ambitieux et approfondie, cette seconde saison n'hésite pas à s'étendre sur les parcours des personnages secondaires (le passé du noctambule Eric, les turpitudes amoureuses de Jessica devant s'adapter à sa condition d'ancienne humaine, le polymorphe Sam…) allant même jusqu'à prendre le risque de reléguer les problèmes de couple de Sookie et Bill à l'arrière plan. Un choix peut-être déstabilisant au début mais qui permet à cette irrésistible satire de l'Amérique post-11 septembre nourrie de l'intolérance, de la religion aveugle, de la peur du terrorisme… de se laisser un vaste champ libre par la suite. Toutes les créatures mythologiques de
True Blood (dommage que la série ait occulté le rôle des loups-garous pourtant présents dans le livre) ayant encore pas mal de secrets cachées.
Alors que la première saison de
True Blood a dû attendre plus de six mois avant de profiter des bienfaits de la haute définition en France, la deuxième débarque directement dans les deux formats dvd et blu-ray. C'est logiquement le disque bleu qui emporte le morceau grâce à une image plus acérée susceptible de garantir une meilleure retranscription de l'ambiance nocturne du show. Idem pour le son empilant une piste DTS-HD-Master Audio 5.1 pour la VO, un simple DTS pour la VF et un DTS Stéréo pour la version espagnole, et l'interactivité plus fournie que son homologue standard.
Si l'éditeur partage les sept commentaires audio (six plus un double pour le dernier épisode) de plusieurs membres de l'équipe (des scénaristes en passant par les différents réalisateurs et comédiens), l'intégralité des interventions télévisuelles de la Communauté du Soleil et le faux documentaire sur les vampires (d'un intérêt tout relatif il fait bien le dire), celui-ci favorise le blu-ray en lui injectant la « vision améliorée ». Fonction permettant d'obtenir un grand nombre d'informations par l'intégration de modules textuels et vidéos pendant la vision des épisodes. Les réfractaires ou non initiés à la HD peuvent réfréner leur colère, l'exclusivité éditoriale n'étant dévolue qu'aux anglophiles pratiquants. Grrrr !!!!
Disponible depuis le 30 juin chez Warner Home Vidéo
Prix indicatif : 49,99€ le coffret blu-ray