C'est le nouveau drama familial de NBC et il est arrivé il y a peu sur les écrans USA. Un regard différent sur la famille américaine ?
Parenthood, c'est LA nouvelle série évènement de
NBC. Annoncé lors des UpFronts de mai dernier, le drama suit donc la vie d'une famille au complet, traversant divers évènements plus ou moins tragiques. Elle avait su créer le buzz avec l'arrivée de
Maura Tierney, partie de feu-
Urgences, campant une mère célibataire qui avait du mal à élever ses deux adolescents. Mais les soucis de santé de l'actrice avaient alors repoussé
Parenthood à la mi-saison pour changer de tête d'affiche. Quelques mois plus tard, nous voilà en mars, date de lancement du show avec
Lauren Graham pour succéder à l'ex-Abby Lockeart.
Une comédie dramatique sur le thème de la famille. C'est un sujet mainte fois épuisé par le concurrent direct de
NBC :
CBS. En effet, le network domine largement la concurrence avec son
Brothers & Sisters qui caracole en tête des audiences le dimanche soir, et pouvoir assurer sur la longueur avec
Parenthood (diffusée le mardi à 22h) n'est pas chose aisée. La faute à des personnages clairement sous-utilisés et à un manque flagrant d'originalité. Oui, on retrouve bien les engueulades entre frères et sœurs, ainsi que les retrouvailles ou bien les conseils parentaux pour tenter de faire face à telle ou telle situation. Même les personnages manquent d'un peu de peps pour réellement nous divertir, à commencer par
Lauren Graham (Sarah), la « star du show » dotée d'une voix énervante à souhait en VO, et qui ne tient pas du tout la comparaison avec
Maura Tierney. Ensuite, nous avons
Monica Potter, la mère dépressive mariée à
Peter Krause (Adam) le couple ayant un enfant autiste. Forcément, le moment où on le découvre est particulièrement dramatique et, je dois dire, assez bien réalisé. Ensuite, nous avons
Erika Christensen (Julia), avocate, surmené de travail,
Dax Shepard (Crosby) qui se découvre père, mais aussi branleur, et enfin
Craig T. Nelson (Zeek), le paternel un brin brusque et qui n'hésite pas à pousser ses petits-enfants au-delà des limites. Rajoutons à cela une foule de personnages secondaires pour terminer cet arbre généalogique du plus bel effet.
Si les acteurs s'assemblent bien une fois réunie tous ensemble, on ne peut pas en dire autant de leur jeu une fois seul. Car l'autre faiblesse de
Parenthood, c'est cette volonté de trop en faire et de ne pas laisser les différents protagonistes évoluer dans leur coin. En 42 minutes, le pilote n'aura finalement montré que la maison familiale, pas grand-chose de plus, se terminant sur un semi-happy-end mièvre. Pour un premier épisode, le pari est donc loin d'être réussi, et malgré les quelques pistes laissées ici ou là par les scénaristes, on a du mal à comprendre où ils vont aller.
Pourtant,
Parenthood dispose d'une étrange aura principalement détenu par la sympathie que l'on doit forcément avoir envers la production derrière ce projet faramineux.
Jason Katims occupe en effet la place de showrunners. Celui qui a notamment donné ses lettres de noblesse à
Friday Night Lights ne peut qu'inspirer confiance pour la suite. On se souvient d'ailleurs du départ de la série footballistique qui a parfaitement réussi son pari de devenir l'un des meilleurs drama de ces 10 dernières années. On commence à nous le prouver avec un
Peter Krause qui crève littéralement l'écran et qui arrive même à nous faire frissonner grâce à une scène redoutable en émotions. On remarque aussi que les défauts de
Brothers & Sisters sont ici gommés par une réalisation au poil et une bande-son excellentes, laissant alors place à des gens ordinaires, pas riche ni pauvre, bref, l'américain moyen.
Tout comme Friday Night Lights ou Brothers & Sisters à l'époque, il faut laisser du temps à Parenthood pour s'imposer. Espérons juste que cela ne tardera pas trop à venir, sous peine de voir son avenir s'assombrir assez vite.