Il est évident que dans la filmographie de
Carol Reed, on préféra retenir
Le Troisième Homme plutôt que
Trapèze faisant office d'œuvre mineure. Non pas que le film soit déméritant dans sa peinture du cirque Bouglione à travers le récit d'un ancien roi de la voltige blessé (
Burt Lancaster égal à lui-même) qui remonte au front à la demande d'un jeune téméraire et talentueux acrobate (
Tony Curtis) qui escompte réussir le fameux triple saut qui obligea son professeur à prendre sa retraite… surtout du point de vue de la mise en scène où le réalisateur trouve le moyen de magnifier visuellement une pratique farouchement verticale avec un format horizontal comme le Cinémascope.
Les défauts de
Trapèze sont à dénicher du côté du scénario et de son triangle amoureux dans lequel la plantureuse et arriviste
Gina Lollobrigida vient jouer les troubles fêtes dans une relation fraternelle frisant l'homosexualité (deux hommes qui s'envoient littéralement en l'air, difficile de faire plus tendancieux). Une intrigue quelque peu banale, même pour les années 50, restant scrupuleusement attaché à la veine du cinéma de Lancaster qui en sa qualité de producteur (le vrai maître du projet c'est lui) s'est évertué à perpétuer son image publique, tout en démontrant se hautes aptitudes sous le chapiteau. Le comédien ayant été un vrai trapéziste avant de se reconvertir dans la comédie, ce qu'il prouve en exécutant lui-même ses cascades avec le spectateur pour témoin.
Si
Trapèze est un long-métrage quelque peu oublié (pourtant un grand succès à sa sortie) il n'en demeure pas moins recommandable pour les cinéphiles qui pourront témoigner de la véritable première collaboration entre Lancaster/Curtis (on peut dire que
Pour toi j'ai tué (1949) de
Robert Siodmak compte pour du beurre) qui allaient refaire équipe dès l'année suivante dans
Le Grand Chantage d'
Alexander Mankendrick.
Par le passé, la collection « Les Introuvables » de l'éditeur Wild Side nous avait habitués à mieux techniquement parlant. Non pas que l'image de
Trapèze soit mauvaise mais la copie présentée ici manque parfois d'éclat dans les couleurs vives du cirque et de précisions dans les contours. L'apparition notable de quelques traces d'usures ne rajeunissent pas ce film ayant dépassé les 50 ans d'âge. Au niveau du son les monos anglais et français remplissent agréablement leur rôle.
En plus des inconditionnelles galerie photos, filmographie du cinéaste et bande-annonce, on trouve une interview du critique
Christian Viviani (environ 13 minutes) qui dans un discours agréable, clair et documenté fait le tour des éléments de bases à connaître sur la production de
Trapèze.
Sortie le 25 février chez Wild Side Vidéo
Prix indicatif : 14,99€.
> Vous pouvez voir les captures d'écran du DVD ci-dessous.