En Suède au milieu du XIVe siècle, un chevalier (
Max Von Sydow) rentre des croisades avec son écuyer (Gunnar Björnstrand) alors que la peste noire ravage le pays. Le premier, rempli d'incertitudes, ne veut plus se contenter de croire mais veut savoir ce qu'il en ait de l'existence de Dieu (et partant de celle du Diable). Le second, athée, reste désabusé devant la misère qui frappe le peuple. Quand le soldat rencontre la Mort, il lui propose pour tenter de survivre, une partie d'échecs dont l'issue décidera de son sort. Les autres personnages (une jeune femme accusée de sorcellerie, un couple de bateleurs et leur bébé) connaitront chacun, une fin différente dans ce monde fou du Moyen-âge suédois.
Sortie le 16 février 2010
Beaucoup de cinéphiles considèrent, à juste titre,
Le Septième Sceau comme un des chefs-d'œuvre du cinéma mais aussi comme le plus grand film d'Ingmar Bergman. Affirmer cela serait un peu hâtif vu la filmographie du maitre suédois qui compte quelque quarante films pour le cinéma sans compter les œuvres réalisées pour la télévision. 17ème film d'
Ingmar Bergman,
Le Septième Sceau est, en tout cas, le film qui fit connaître le metteur en scène d'un point de vue international. Auréolé d'un prix spécial du jury au festival de cannes en 1957 (ce qui est bien peu eu égard aux innombrables qualités de l'œuvre), il est, aujourd'hui, l'un des plus célèbres du cinéaste.
Il faut bien avouer que Le septième Sceau est un film inoubliable et magnifique à tous niveaux. La mise en scène avec ses cadres étudiés, ses profondeurs de champs, la photographie superbe du fidèle
Gunnar Fischer (qui met en relief les jeux de lumière) est un exemple de maitrise parfait. Le scénario, inspiré par les souvenirs d'enfance de
Bergman lorsqu'il accompagnait son père, pasteur luthérien, à l'église et qu'il y découvrait ainsi toute l'imagerie des fresques à travers leurs représentations sur les tapisseries, vitraux et autres statuts, mêle le réalisme au fantastique, la métaphysique et la croyance. Le récit picaresque y côtoie le plaidoyer humaniste et
Ingmar Bergman réussit à éviter une trop grande cérébralité en faisant appel à la sensualité dans des séquences pleines de plénitude. Enfin (et pour faire court),
Le Septième Sceau constitue l'exemple le plus flagrant de ce sentiment « d'inquiétante étrangeté » freudienne (ou le caractère de ce qui déclenche un mal être, une épouvante, une angoisse indéfinissable) que
Bergman développera dix ans plus tard dans
Persona puis dans
L'Heure du loup et dont il deviendra, avec Luis Buñuel, l'un des spécialistes.
La copie n'est pas parfaite (notamment du point de vue de l'image) mais réalisée à partir d'un nouveau master, elle constitue la meilleure version disponible en DVD. Par contre, pas de VF ce qui n'est pas plus mal, d'autant plus que les sous-titres sont de grandes qualités. Le format 1.33 est respecté ainsi que le son mono d'origine.
Coté bonus, Opening a tenté d'apporter de nouveaux matériaux de réflexion en nous proposant :
-une introduction (10 minutes) réalisée par le journaliste
Yves Alion sur des images du film. Beaucoup d'aspects sont abordés (place du film dans l'œuvre bergmanienne, genèse du métrage, ses qualités cinématographiques, les divers thèmes qui figurent dans le scénario…) mais le ricanement de la voix-off est parfois gênante (et incompréhensible) bien qu'il s'agisse là d'un détail.
-une interview : « Le 7ème Sceau vu par Jean-Claude Brisseau » (25 minutes) dans lequel le réalisateur parle de sa découverte du cinéma d'
Ingmar Bergman dont les films sortaient, à l'époque, dans une salle ou deux, avant de s'attarder plus avant sur le film en question et à la lecture qu'il en fait, le tout entrecoupé d'extraits en relation avec ce qui se dit.
Prix indicatif : 14,99 euros.
Vous pouvez retrouver les captures d'écran du DVD ci-dessous.