Difficile aujourd'hui de passer à côté du dernier FPS à la mode, et pourtant il y a quelques années, la mode n'était pas aux jeux de tir à grand spectacle. Hollywood aurait-il changé la donne ?
La frontière entre le jeu vidéo et le cinéma a toujours était très mince. On l'a vu notamment avec les nombreuses adaptations cinématographiques de licences à succès, comme
Resident Evil ou
Silent Hill. Si la qualité n'était pas forcément au rendez-vous, la puissance d'une franchise et son univers étendue est un moteur pour bon nombre de producteurs souhaitant s'approcher de l'adaptation parfaite dans le genre. Mais depuis un peu moins de 5 ans, les éditeurs de jeux se rebiffent et ont décidé d'offrir aux joueurs un véritable film, dans lequel il serait le héros. Un héros qui serait au centre d'un scénario hollywoodien ou en tout cas extrêmement recherché avec une mise en scène digne des meilleurs films de l'année.
L'interactivité
Les exemples sont nombreux et notamment en 2011. Cette année a vu s'accentuer les sorties de beaucoup de jeux cinématographiques. Le premier vrai exemple est évidemment Heavy Rain qu'on ne présente plus et qui n'est d'ailleurs plus vraiment un jeu… mais plus un film interactif. Incarnant successivement différents protagonistes, le joueur est ainsi amené à évoluer au sein d'une enquête liée à un tueur en série. La puissance de la mise en scène est telle que l'on est le plus souvent amené à admirer ce qui se passe à l'écran, oubliant les quelques séquences nous demandant d'appuyer sur tel bouton. Cette exclusivité PS3 est évidemment un exemple à prendre en termes de jeux d'aventure, car les mouvements caméras, la motion capture, les nombreux rebondissements et la participation du joueur dans l'élaboration d'une intrigue parfaitement maitrisée est un facteur non négligeable. Certes, Heavy Rain n'a finalement pas inventé grand-chose en matière de choix laissé aux joueurs, puisque d'autres l'ont fait avec autant de succès et de talent avant lui. L'exemple qui revient le plus souvent est évident : Mass Effect.
Véritable saga de science-fiction où là encore on prend en main une destinée avec une mise en scène poussée, digne d'un vrai film de SF, à la différence près où l'on reste cependant maitre des évènements que l'on entreprend de faire. Mais la démarche n'en reste pas moins stupéfiante et montre à quel point les développeurs ont su s'inspirer de ce qui se fait de mieux dans le cinéma américain pour offrir un space opera vidéo ludique d'envergure… sur consoles et PC.
La fibre patriotique
Mais un autre cas vient s'interposer face aux classiques que sont les jeux d'aventures ou les jeux de rôle. Les jeux dit « à grand spectacle ». Là encore, un autre exemple vient tout de suite fouler nos lèvres : Call of Duty. Dans le genre film hollywoodien à la
Michael Bay, il était difficile de faire mieux. Activision a su élever au rang de maitre ce que l'on peut désormais communément appeler le huitième art. Battlefield 3 tout récemment a marché sur les plates-bandes de son illustre concurrent, pour nous rappeler que si Activision a fait le pari d'offrir aux joueurs un film où tout explose et où scènes abracadabrantesques se multiplient (à la manière d'un
Transformers), Electronic Arts a préféré se rapprocher d'un
Démineurs, avec cette fameuse fibre patriotique déjà explorée dans Medal of Honor où l'action se déroulait cette fois-ci en Afghanistan. Vis ma vis de soldat, c'est un peu comme ça que l'on pourrait définir les deux scénarios de ces FPS développés avec l'aide de l'armée américaine.
L'idée est qu'ici, toujours à la manière d'un film, le joueur se sente proche du ou des personnages qu'il va devoir jouer ou entrainer. Les scènes qui prennent au cœur sont légions, la mort de ses amis soldats fait toujours son petit effet, et ce, grâce à une ambiance réaliste qui montre ce qu'est la vraie guerre. Entre les scénettes inutiles en apparence qui permet de cerner la mentalité de l'un de ses coéquipiers et donc de rentrer plus facilement dans l'histoire, et les arrivées sous les balles ennemies dans des territoires ou des situations plus ou moins connues (comme l'Iran), le fan du genre à forcément de quoi faire.
Travailler une licence
L'autre genre à la mode, ce sont les jeux issus d'une franchise popularisée par le cinéma sans pour autant être amenée à dépeindre les aventures du film. Les deux derniers opus de Batman de Rocksteady montrent à quel point les développeurs ont su s'affranchir des codes imposés par
Christopher Nolan. Tout en gardant l'aspect sombre, le studio londonien n'a jamais ne serait-ce que sous-entendu les évènements dépeints dans ce qui sera bientôt une trilogie au cinéma.
Dans le même genre, Telltale Games est devenu spécialiste de la résurrection de licence que l'on pensait morte et enterrée pour reprendre l'univers sans pour autant coller aux films sur lesquels leurs jeux sont basés. Ainsi, les 5 épisodes disponibles sur PC et consoles de Retour vers le Futur ont amené les joueurs à découvrir des pans en partie inédits de la trilogie produite par
Steven Spielberg tout en gardant les mêmes personnages, et quelques situations bien connues des fans. Il en va de même pour le récent Jurassic Park qui propose la même expérience. Reste à voir si les joueurs seront prêts à faire le grand saut de cette nouvelle façon de faire dans le jeu vidéo. Mais le succès autant critique que public des FPS à grand spectacle ou des jeux d'aventure où le scénario et la mise en scène priment avant tout, ces dernières années, montrent qu'au final, l'avenir ne peut être que radieux et que ce n'est pas prêt de s'arrêter.