Après « l'Avatar Day », la société Walt Disney nous a déballé la « Tron Night ». Verdict ?
Suite à l'opération de communication réussie de l' «
Avatar Day », consistant à dévoiler en avant-première au public (et ce gratuitement) quinze minutes du film de
James Cameron dans les salles de cinéma, la société
Walt Disney a eu l'idée de faire de même avec sa dernière grosse production
Tron L'héritage qui déboulera en trombe aux Etats-Unis à la fin de l'année. Avec à l'arrivée le même résultat ?
Non, car les enjeux commerciaux des deux œuvres diffèrent quelques peu de par l'approche que peuvent en avoir les spectateurs : la projection de morceaux choisis d'
Avatar s'était davantage révélée une initiation de la masse devant un rendu visuel et esthétique jusque là inédit, qu'aucun ne pouvait prédire même après la divulgation de la première bande-annonce la vieille de l'événement. En résumé, personne ne savait réellement à quoi s'attendre d'
Avatar alors que c'est tout le contraire de
Tron L'héritage, suite très tardive d'un vrai objet de culte qui à l'époque paya lourdement le fait d'être en avance sur son temps lors de sa sortie dans les salles obscures. A cela s'ajoute le matériel promotionnel du film qui n'aura pas attendu la divulgation de 23 minutes d'images inédites pour se faire connaître des internautes qui depuis des mois peuvent se passer en boucle les multiples teasers et bandes-annonces du travail de
Joseph Kosinski. On se doute alors que la surprise ne sera pas la même pour celui ayant fait le déplacement pour voir le résultat sur l'un des cinq écrans IMAX de France (contre un seul pour
Avatar projeté aussi en « simple » 3D dans un carcan plus vaste de salles).
Tout l'objectif de la « Tron Night » s'apparente donc à un simple coup d'éclat marketing tentant de créer le buzz médiatique autour de lui en jouant encore plus à fond la carte de l'exclusivité avec une seule projection par cinéma et un parterre de vigiles sur le qui-vive qui n'acceptaient aucun appareil électronique allumé. On se demande bien pourquoi, les extraits présentés quelques minutes après étant supposés être montrés en trois dimensions ; la raison viendra avec l'intervention d'un porte-parole de Disney expliquant aux gens présents que la première des cinq scènes (toutes figurant dans la première moitié du long-métrage) située dans le monde réel a été filmée en 2D afin de marquer visuellement la différence entre le monde réel et le monde virtuel que franchira Sam (Garrett Hedlung), fils du héros du film de 1982 (incarné par
Jeff Bridges), après la malencontreuse découverte du labo secret de son père au cours d'une séquence sentant bon la nostalgie des eighties. Un procédé n'ayant pas vraiment fait ses preuves dans le
Alice aux pays des merveilles de
Tim Burton et ses effets stéréoscopiques bâclés, mais qui s'avère justement beaucoup plus sensible dans
Tron L'héritage (du moins dans les passages vus) apparemment pensé pour être vu et immergé en 3D.
Cela s'avère évident dans les séquences suivantes : l'arrestation de Sam par des gardes qui le mèneront dans les coulisses d'une arène de gladiateurs modernes dans laquelle il est revêtu de la fameuse combinaison noire et fluorescente avant de devoir se résoudre à combattre lors d'un match à mort de lancer de disque se référant à la fois au jeu informatique du Pong et du mur. Après ce passage démontrant que
Joseph Kosinski n'abuse pas des effets de projections pour épater la galerie (le rendu des décors et de l'action suffit amplement), on saute à l'évasion de Sam aidé par le personnage d'
Olivia Wilde, dans ce qui s'annonce comme la fin d'une course poursuite automobile rappelant encore l'une des séquences les plus mémorables de l'original. Dans la continuité de cette escapade motorisée, la projection enchaîne sur les retrouvailles familiales un peu glaciales (mais chargées en émotion) entre Sam et son paternel. Fin.
Ce qu'on peut retenir de ces (courts) extraits qui en montrent finalement peu, c'est d'abord le sentiment que
Tron L'héritage tiendra autant de la suite que du remake désireux de conserver l'esprit de son aîné (en cela la bande-son à gros coup d'ambiance synthétique s'annonce comme une farouche réussite) tout en apportant le dernier cri en matière d'effets spéciaux numériques qui ne seraient probablement pas ce qu'ils sont sans les avancées en terrain inconnu qui furent celles de
Tron. Là où le premier a indubitablement vieilli, le second affiche une farouche et spectaculaire jeunesse, prête à reprendre dignement le flambeau dans ce qui s'annonce comme l'une des sensations de l'année… prochaine pour nous autres français. La distribution de notre pays étant ce qu'elle est,
Tron L'héritage ne nous parviendra que le 9 février 2011. C'est moche mais si l'attente suscitée en vaut la peine…