Le créateur de Nip/Tuck revient à la télévision avec une série musicale évènement qui a bousculé le paysage audiovisuel américain et qui débarque en France sur Orange Cinéma Série et M6.
Will Schuester est un professeur d'espagnol dévoué. Et lorsqu'il apprend que la chorale de l'école est en perdition, il décide de la reprendre en main afin de gagner des concours. Seul problème, les recrues qu'il va avoir ne sont pas franchement populaires et sont clairement défaitistes quant à l'avenir du « Glee Club ».
L'an dernier, le pilote avait fait chavirer l'audience quand il avait été diffusé en tant que preview, juste après le mastodonte American Idol. Quelques mois plus tard, en septembre 2009, c'est la première saison qui est lancée et si l'audience est un peu décevante,
Glee aura eu le mérite de rester constante dans ses scores et de fédérer un excellent taux sur les 18-49ans. Les singles issus des différents épisodes décollent dans les charts, dont le célébrissime « Don't stop believin' » de Journey. Cette première année en compagnie de nos chanteurs en herbe est divisée en deux parties : la première, qui va les entrainer jusqu'aux « sectionals », composée de 13épisodes, et la seconde, qui les mènera jusqu'aux « regionals », composée cette fois-ci de 9 épisodes. Et les débuts sont vraiment convaincants avec un scénario certes peu clair, mais qui se révèle efficace au fil des épisodes.
La série présente plusieurs personnages mettant en avant des clichés de la vie au collègue/lycée. Nous avons le sportif un peu mal dans sa peau, le sportif qui se fait toutes les filles, la pom-pom girl qui tombe enceinte, l'adolescente belle comme le jour mais un peu idiote, la black à la voix d'exception ou encore le gay qui adore Lady Gaga. Il y en a pour tous les goûts et pour apprécier
Glee, il faut réussir à prendre du recul avec les intrigues mises en place et prendre tout cela au second degré. L'humour détonant est surtout mis entre les mains de Sue Silvester (
Jane Lynch) qui interprète la chef des cheerleaders et qui déteste la chorale sous prétexte qu'elle lui a sucré de l'argent pour ses petites protégées. Masculine, Sue est affreuse avec le professeur d'espagnol et avec les enfants en général, un véritable dictateur extrêmement drôle et joué à la perfection par
Jane Lynch qui n'a rien perdu de son talent.
Et si l'on passe sur le jeu d'acteur des différents adolescents (mention spéciale toutefois à Kurt - Chris Colfer et à Mercedes - Amber Riley) c'est pour mieux se concentrer sur les adultes. En l'occurrence, la femme de Will (
Matthew Morrison), Terri (
Jessalyn Gilsig) qui quitte son rôle de malade du sida et d'horrible coup d'un soir dans
Nip/Tuck pour embrasser le destin de femme presque au foyer complètement folle qui va faire croire à son mari qu'elle est enceinte dans des scènes rocambolesques à mourir de rire. Tout cela afin qu'il ne parte pas dans les bras d'Emma (
Jayma Mays), la psychologue très T.O.C.é du lycée qui nous offre des moments drôles et marquants. : l'actrice, resplendissante, joue une jeune femme détestant la saleté et le fait qu'on la touche. Culte.
La série offre donc un niveau scénaristique convenable au fil des 13 premiers épisodes avec des numéros musicaux en phase avec l'intrigue en place et des guests à foison (dont la magnifique
Kristin Chenoweth de
Pushing Daisies qui revient un peu plus tard dans la saison). La série s'achève alors en décembre, laissant entrevoir une seconde partie plus qu'excellente. Il faudra alors patienter 4 longs mois avant de revoir nos chanteurs pour les 9 derniers inédits, mais là, quelque chose cloche. Si l'audience est désormais au rendez-vous (le buzz aidant), le plaisir et la qualité des histoires n'y sont plus. On oscille entre épisodes spéciaux autour d'un artiste en particulier (dont le très mauvais centré sur
Madonna) et histoires vides de sens et n'ayant aucun rapport avec ce que l'on nous avait montré jusqu'ici. Et l'arrivée d'un nouveau prétendant pour Rachel (Lea Michele) autrefois éperdument amoureuse de Finn (Cory Monteith), en la personne de Jessy (
Jonathan Groff), n'apporte rien de bien intéressant. On se demande bien comment
Glee va pouvoir se relever de ses écarts de conduite qui vont faire plonger la série au plus bas qualitativement parlant.
Même l'épisode réalisé par
Joss Whedon avec Neil Patrick Harrys en guest n'arrive pas à relancer la machine. Il faudra patienter jusqu'au retour de
Kristin Chenoweth et la diffusion des deux derniers épisodes pour enfin retrouver un peu d'espoir - le final de cette première saison, sonnant comme un point d'orgue pour la série (alors qu'elle a été renouvelée pour deux saisons supplémentaires), relevant la tête d'une intrigue en berne.
En définitive, Glee est une bonne série (avec de bonnes et de mauvaises musiques, selon les goûts) qui a ses hauts et ses bas, on espère simplement que la seconde saison remontera le niveau qui a largement décliné durant la deuxième partie. Dans tous les cas, Glee est sans aucun doute l'une des grosses surprises de cette saison US.