Elle arrive le 1er juillet sur Canal + et l'an prochain sur TF1 : découvrez ce que vaut vraiment l'une des séries « évènement » de cette saison US.
Le 6 octobre 2009, l'intégralité de la population de notre planète fut victime d'un Black-out de 2 minutes et 17 secondes, ayant des conséquences terribles. Mais plus encore, chaque être humain va recevoir une vision de leur avenir 6 mois plus tard. Certains n'auront qu'un flash vide synonyme de mort, d'autre une vision parfaite de ce qui les attend. Quelle en est la cause ? Et surtout, quel en est le but ?
Élevée au rang de série de l'année par les médias américains,
Flash Forward se fixait un objectif assez pompeux : devenir le nouveau
Lost ; il faut dire qu'
ABC se devait de trouver un remplaçant rapidement, la série de
J.J. Abrams s'arrêtant cette année. Le pitch et les différents teasers sont plutôt efficaces, et le pilote qui va suivre l'est tout autant. Ne nous voilons pas la face,
Flash Forward est, en tout cas durant sa première salve d'épisodes, redoutablement efficace et s'avère être au niveau des attentes qu'on avait bien avant sa diffusion. Le show suit le destin de plusieurs personnages, tous habitant à Los Angeles ; la lumière est plus particulièrement mise sur l'un d'entre eux qui sera le protagoniste principal : Mark Benford (
Joseph Fiennes), agent du FBI qui va tenter de percer à jour ce gigantesque évènement qui est en fait une catastrophe mondiale tant les répercussions sont énormes. Imaginez des avions s'écrasant sur des maisons où des gens sont tout simplement « endormis », imaginez des surfeurs se noyer sans que personne ne puisse faire quelque chose, vous comprendrez l'ampleur du désastre.
Au fil des épisodes, on va ainsi avoir son lot de révélations plus ou moins surprenantes, et chacune des intrigues va être en rapport plus ou moins éloigné avec le black-out. Et c'est aussi ça qui va faire le plus de mal à la série. Il faut dire que depuis quelques années, l'on se rend bien compte que le public américain n'est plus réceptif aux séries dotées d'un fil rouge. On le voit avec
Desperate Housewives,
Lost et
24 qui ont souffert de ce désintérêt si bien que l'on se demande pourquoi
ABC a fait le choix de garder
Flash Forward qui était vouée à l'échec, sauf surprise de dernière minute. Et si c'est bien ce qui est arrivé (la série ne connaitra pas de seconde saison), ce n'est pas à cause de son scénario, ou en tout cas pas entièrement. La série s'appuie énormément sur ses personnages, disons-le franchement, très charismatiques. On retrouve par exemple (en plus de
Joseph Fiennes - Mark) Olivia Benford (
Sonya Walger) qui montre l'ampleur de son talent à l'écran, Lloyd Simco (
Jack Davenport) qui se croit responsable du black-out, Simon (
Dominic Monaghan), l'ex-hobbit qui campe avec brio un personnage noir et plein de secrets ou encore Janis (Christine Woods) qui a quitté
24 pour revenir au plus haut dans un rôle lui allant à merveille.
Chaque épisode apporte ses surprises qui peuvent tout changer sur l'issue de cette histoire. Rapidement, une nouvelle idée arrive à se faufiler dans le scénario : peut-on changer sa destinée ? Est-ce que l'on va forcément mourir si l'on n'a pas eu de vision ? Et si les 10 premiers épisodes nous entrainent dans une quête pour la vérité, la seconde partie de la saison va plutôt s'intéresser à ce point. Car si l'on suit les différends écrits plus ou moins religieux, chaque destin est lié à un autre. En clair, si l'un des personnages de la série ne meurt pas (par exemple), les répercussions pourront être terribles. Pour autant, et malgré les différentes découvertes (notamment des taupes au FBI travaillant avec des responsables du black-out) que le téléspectateur aura à surmonter, cette seconde partie s'avère beaucoup moins passionnante que la première. Épisodes longs à se mettre en place, intrigues secondaires par franchement passionnantes, voire inutiles, il y a de quoi faire.
Pour retrouver le peps du début de saison, il faudra quand même patienter jusqu'au 16ème épisode, car inéluctablement, tout va commencer à se mettre en place.
Flash Forward souffre très clairement du syndrome
Lost, à savoir que durant les ¾ de la saison, on nous met des bâtons dans les roues pour renforcer le nombre de questions que l'on se pose, pour enfin tout déballer dans les derniers épisodes. Ça peut marcher (on l'a vu dans
Desperate Housewives)… ou pas (on l'a vu dans
Alias) du côté des audiences, mais vis-à-vis du téléspectateur, c'est plutôt malhonnête, surtout que dans notre cas,
Flash Forward est annulée et il ne faudra pas s'attendre à avoir toutes les réponses que l'on espérait. C'est édifiant de voir qu'en dépit d'audiences catastrophiques aux USA, les scénaristes n'ont pas pensé rendre le final plus révélateur, car ici, la série se termine sur un cliffhanger grotesque qui a un goût amer dès lors que l'on apprend qu'il s'agit en fait d'une fin de parcours et non pas d'un avant-goût plutôt efficace il faut se l'avouer.
Malgré ses gros défauts, Flash Forward est sans aucun doute l'une des bonnes surprises de cette saison US avec ses bons et ses mauvais moments. Reste à savoir si vous serez réceptif au genre, mais les nombreux rebondissements ne devraient pas vous laisser indifférents.