Lundi dernier,
L'Agence tous risques était au grand complet à Paris pour venir défendre le film de
Joe Carnahan. Entre discours commercial (promotion oblige), souvenirs d'enfance et petites anecdotes,
Liam Neeson,
Bradley Cooper,
Sharlto Copley,
Quinton Jackson et
Jessica Biel nous ont fait partager la bonne humeur et la complicité qu'on imagine régner sur les plateaux de tournage. Ambiance.
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Quel fut pour chacun d'entre vous le challenge en vous attaquant à cette nouvelle version de L'Agence tous risques ?
Liam Neeson : Laissez moi répondre en premier en tant que chef de l'équipe (rires). En fait le plus grand défi fut de travailler avec cette bande (rires). Non, ce qui était le plus important était de se confronter à cette série télé culte et d'en faire un long-métrage avec des acteurs qui ne se connaissaient pas - mis à part Bradley que j'avais déjà rencontré une fois - et de voir quel type de mélange on obtient. Ça, c'était un risque.
Bradley Cooper : Pour ma part c'était de jouer dans un film d'un genre auquel je ne m'étais jamais confronté. Joe (Carnahan, ndlr) a certainement pris un énorme risque en me confiant le rôle de Futé. L'autre défi fut de le rendre crédible ainsi que les changements que j'apporte par rapport à celui du show original qui était plus élégant que celui d'aujourd'hui, qui est davantage sale et juvénile mais qui conserve son côté charmeur et son humour.
Sharlto Copley : A l'époque je n'ai jamais pensé en terme de risques car depuis le début je voulais jouer le Looping original. Je suis parti sur le principe que ce personnage n'était pas aussi daté que les autres et que ce même niveau de folie pourrait marcher avec le public d'aujourd'hui.
Quinton Jackson : Ce fut un énorme risque. J'allais faire un combat dans ma ville natale et je l'ai annulé pour jouer dans le film, ce qui m'a valu des ennuis avec la fédération de l'UFC et a pratiquement remis en cause ma carrière. Mais ce film avait tellement d'importance pour moi que je n'ai pas hésité. Il y a d'autres gens qui auraient voulu ce rôle. Par exemple, j'ai appris dans la presse qu'un rappeur voulait se battre avec moi parce qu'il pensait qu'il ferait un meilleur Mr T que moi.
L.N : Son nom ?
Q.J : Son nom est
The Game. Vous le connaissez ?... Il pensait être meilleur mais je lui ai dit que je ne jouais pas Mr T mais Barracuda.
Jessica Biel : Ce ne fut pas un vrai chalenge pour moi de venir travailler tous les jours sur le plateau car j'étais entouré des meilleurs et ce fut une grande joie. En revanche ce fut autre chose de créer un personnage qui est à la fois un membre de l'armée que l'on respecte, qui donne des ordres à des hommes plus âgés qu'elle mais aussi quelqu'un de très féminin et vulnérable. Une vraie femme.
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Les cascades sont nombreuses dans le film. Avez-vous reçu un entrainement spécial ?
L.N : (mimant l'épuisement) oui ! (rires)
B.C : Tous les cinq, ainsi que les acteurs
Patrick Wilson et
Brian Bloom, nous avons eu l'avantage de travailler avec un spécialiste des armes environ deux semaines avant le tournage, et puis pendant. Ce fut un enseignement précieux pour chacun de nous. Personnellement je n'avais pas d'affinité particulière avec les pistolets ou les mitraillettes mais finalement nous nous sommes bien adaptés.
L.N : J'avais déjà fait quelques films avec des armes mais je reste un novice. Elles m'effraient toujours un peu. Je crois que nous avions tous un sentiment de vulnérabilité. Ca a été bon de partager nos appréhensions et a aidé à nous rapprocher.
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Le film est quand même une grosse comédie. Y a-t-il eu une grande part d'improvisation sur le tournage ?
B.C : Oui tout à fait, Joe a créé un environnement sur le film où beaucoup de ce que vous voyez est vraiment arrivé une première fois sur le plateau. Je pense que cela constitue une marque de confiance en ses comédiens de sa part, et bien sûr nous l'avons prise car cela contribue à construire un sentiment d'unité entre nous. Il y a plein de séquences qui ne sont pas dans le montage final (spécialement au début du film) mais cela aide à bâtir des relations.
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Etiez-vous des fans de la série ?
L.N : Je ne l'étais pas donc je vais donner la parole à mes partenaires (rires).
S.C : La grande question était de savoir qui entre moi et Rampage était le plus grand fan.
Q.J : C'est toi qui gagnes. Il a le gâteau d'anniversaire de Mr T. Quand j'ai su ça j'ai arrêté la compétition avec lui. (rires)
S.C : Lorsque j'avais dix ans, j'ai fondé une bande et on jouait à
L'Agence tous risques et il y en avait une autre qui se faisait appeler pareil. Nous nous sommes battus dans les champs pour savoir qui garderait le nom et je suis fier de dire que c'est ma troupe qui a gagné. J'avais les figurines, les trading cards, les dossiers top secrets… J'avais les collections complètes donc oui, j'étais un gros fan.
Q.J : J'ai vraiment été impressionné par les détails qu'il a gardés de la série. C'est vraiment le plus grand fan de
L'Agence tous risques.
J.B : Je ne regardais pas beaucoup la télévision étant enfant donc je n'ai même pas pu choisir de ne pas aimer. Bien sûr plus tard j'ai eu l'occasion de me rendre compte de l'énorme impact que la série avait sur beaucoup de gens à travers le monde.
B.C : J'ai été fan mais pas au même niveau que Rampage et Sharlto. Je me souviens essentiellement de Looping et j'étais vraiment ravi que se soit Sharlto qui reprenne le rôle. Il a vraiment amené le personnage à un autre niveau.
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Bradley Cooper, vous avez séjourné en France lors de vos études. Quels souvenirs gardez-vous de votre passage à Aix-en-Provence ?
B.C : (dans un français impeccable) J'ai eu une copine à Montpellier là-bas quand j'étais étudiant, je me souviens d'elle. (rires)
S.C : Et il parle français mesdemoiselles, c'est tout ce que j'ai à dire (
Quinton Jackson s'esclaffe).
B.C : (toujours en français) C'est une ville incroyable en fait surtout dans l'été. Ça fait quinze ans je pense, et elle est toujours là-bas. Je pense que je vais y aller mercredi après le truc d'ici. J'adore la France en général mais spécifiquement c'est une ville… bien (Jackson éclate de rire à nouveau).
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La série et les acteurs qui ont joué dedans sont devenus des figures iconiques de la télévision. Les avez-vous rencontrés pour certains d'entre vous ?
B.C : Sharlto et moi avons eu la chance de rencontrer et de jouer avec nos prédécesseurs, avec Dwight Schultz (Looping) et Dirk Benedict (Futé).
S.C : Oui, j'ai eu l'occasion de parler à Dwight Schultz et c'était fantastique. Il était important pour moi qu'il approuve ce que je faisais parce que je prenais mon inspiration dans son jeu. Je lui ai montré une vidéo test que j'avais faite dans laquelle j'ai improvisé plusieurs situations avec Looping dans une chambre d'hôtel avec des accessoires de fortune. Puis j'ai monté les extraits ensemble et les ai envoyés à
Joe Carnahan afin de le convaincre de m'engager. J'ai donc fait voir cette vidéo à Dwight Schultz et c'était très émouvant pour moi. Il a été convaincu, il a été ému, m'a serré dans ses bras et m'a dit que j'étais maintenant Looping et que je devais suivre ma propre voie. Il a écrit sur son site « Looping est mort, vive Looping ». C'était vraiment très émouvant parce que son personnage est une des raisons pour lesquelles je fais ce métier.
B.C : Je garde le souvenir de cette séance de maquillage dans la caravane. Je regardais Dirk Benedict – Futé dans la série – nous étions tous les deux en sous-vêtements noirs en train de nous faire mettre du faux bronzage avec une éponge. Et je me disais : « C'est cool. »
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Quinton Jackson vous n'avez pas rencontré Mr T. ?
Q.J : Non.
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Mais la série originale a une consonance personnelle pour vous ?
Q.J : Oui, lorsque j'étais petit à Memphis je regardais la série avec mon père et mes frères. Et puis mes parents ont divorcé … Je garde beaucoup de souvenirs d'enfance de mon père et moi assis devant cette série. Je crois que mon père était le plus fan. Je voulais vraiment interpréter ce personnage car lui et moi sommes devenus les meilleurs amis du monde. Je l'ai amené sur le plateau et cela lui a beaucoup plu, ma coiffure mohawk et tout le reste. Et puis il a vu le film et il est très fier de moi et de mon travail.
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Et vous Liam Nesson avez-vous étudiez l'interprétation de George Peppard ?
L.N : Oui j'ai vu quelques épisodes.
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Et à propos du cigare, vous avez arrêté de fumer n'est-ce pas ?
L.N : Oui et ce fut délicat parce que c'était des cigares cubains… J'ai demandé à l'accessoiriste de faire des cigares en caoutchouc en proposant que mon personnage arrête de fumer pour se contenter de mâcher. Mais Joe, qui est le vrai Hannibal, a insisté pour que je fume. Je lui ai dit « Joe, je suis un drogué, j'ai arrêté de fumer il y a 16 ans. Et je me rappelle de l'époque où il était dangereux pour moi de fumer ». Bradley est un ex fumeur aussi. Mais finalement je n'ai pas replongé, donc ça va. Mais que leur goût était bon ! (rires)
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Lorsque l'on joue des personnages extrêmement codifiés, des personnages d'une série auxquels il faut être fidèles, quelle place reste-t-il à votre propre interprétation ? Est ce que vous donnez aux personnages quelque chose de psychologique, qui vous appartiennent ? Quand vous comparez les rôles dans des films moins « codifiés », est-ce qu'il y a une différence en tant qu'acteur pour interpréter ces personnages avec plus d'intensité ?
L.N : (n'attendant pas la traduction) Oui. (éclats de rires) Ce n'est pas exactement la même Agence tous risques. Nous avons pris certaines références pour rendre hommage à la série mais nous ne l'avons pas suivie à la lettre. Une fois que les caméras tournaient nous investissions ces protagonistes avec notre propre sensibilité de comédien.
B.C : Nous avons travaillé à partir du script que Joe a écrit et nous avons suivi ses directives. Il n'y a pas de différence entre ce film et tous les autres. Pour ma part j'ai approché ce rôle de la même façon que mes précédents.
S.C : En ce qui me concerne, je n'ai fait que deux films jusqu'ici donc j'apprends encore (rires)
Q.J : Mr T a fait tellement du bon boulot avec Barracuda qu'au final nombreux sont les gens à penser que le nom du personnage était « Mr T ». C'était difficile de passer derrière un mec pareil alors je me suis dit que j'allais le faire à ma façon et mon coach m'a encouragé à être moi-même, je n'ai pas appris à faire autre chose pour l'instant, alors… plus tard, peut être que je pourrai être comme Liam ou Bradley mais pour l'instant, je ne peux être que moi-même devant la caméra.
L.N : A ce propos, il n'y a rien de plus dur que « d'être soi-même » devant la caméra et il l'a fait chaque jour. Il était un exemple pour moi et les autres acteurs par la simplicité et la véracité de son jeu.
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Il y a une évocation de la 3D relief dans le film. Comment faut-il comprendre cette séquence ? Est-ce un clin d'œil humoristique pour dire « ben voilà on a raté le train, il faut nous en excuser » ou bien cela veut dire qu'on a pas besoin de la 3D pour vous en mettre plein la vue?
B.C : Non. J'imagine que votre question se réfère à
Avatar qui a été un énorme succès et un exemple de l'évolution du cinéma. Certes nous nous amusons de la technologie du relief dans le cinéma mais ce n'était pas un commentaire conscient fait à
Avatar ou aux autres films.
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S'il y a un deuxième épisode, serez-vous tous de la partie ?
B.C : Bien évidemment, si le film est un succès et qu'il rapporte de l'argent, il y aura sûrement une suite et nous y participerons. Je ne peux pas l'imaginer sans Joe à la tête du projet. Beaucoup d'éléments doivent être réunis pour que cela prenne forme.
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Quel regard portez-vous sur la carrière des acteurs de la série qui sont devenus immensément populaires mais prisonniers du petit écran ? Est-ce que cela vous effraie ou ce genre de clivage entre cinéma et télé n'existe plus pour vous ?
L.N : Je ne suis pas le premier à dire que la ligne séparant le cinéma et la télévision a désormais disparu.
J.B : Oui, c'est vrai qu'avant il était d'usage de différencier la profession entre le grand et le petit écran mais la télévision est devenue aujourd'hui quelque chose de massivement important et captivant pour le public parce que le matériau revêt une grande force. Ça l'était dans le passé mais c'est différent maintenant.
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Joe Carnahan a refusé de réaliser Mission : Impossibl 3 parce qu'il ne pouvait pas y insérer cet humour. Pensez-vous qu'avec L'Agence tous risques il a réalisé en quelque sorte son Mission : Impossible ?
B.C : Un grand réalisateur laisse entrevoir son âme dans ses films. C'est le lien qui unit l'ensemble de sa filmographie. C'est un témoignage de sa spécificité en tant que réalisateur que dans un gros blockbuster, un film popcorn, on puisse toujours discerner son regard à travers tout le film. Chaque souffle du film a été inspiré par Joe et j'adore ça, parce que j'ai apprécié
Mi$e à Prix et
Narc et je pense qu'on retrouve ce ton, ce rythme un peu décalé dans les séquences de dialogue et la gestion du temps. Ce n'est pas totalement linéaire. C'est une manière de faire très « joe carnahesque ».
L'Agence tous risques est dans les salles françaises depuis mercredi.