Ca y est, 24 a dit adieu à ses fans dans un final en deux parties diffusé lundi sur la FOX. Retour sur une série qui aura révolutionné le paysage télévisuel américain.
Lancée en novembre 2001, deux mois seulement après le 11 septembre, la série 24 (renommée lors de son passage sur TF1 en 24 Heures Chrono, ndlr) part d'un concept simple qui va pourtant bouleverser le monde des séries US. En effet, les scénaristes constituent une intrigue se déroulant en temps réel, un épisode étant égal à 1h, une saison représentant 24h, une journée. On y découvre Jack Bauer, chef de la Cellulle Anti-Terroriste de Los Angeles qui œuvre pour empêcher une attaque sur la ville. C'est principalement sur ce sujet que va surfer la série notamment grâce à son caractère fort intéressant avec la paranoïa des différents services de sécurité, la tension constante, heure après heure, sur les évènements se déroulant. Rien ne va jamais comme il faut, une taupe, une mission qui tourne mal… 24 nous en aura fait voir des vertes et des pas mures, et c'est pour ça qu'on s'en souvient.
Une révolution
Le rédacteur de ces lignes aura mis un certain temps avant de s'y mettre, Canal+ étant à l'origine la seule et unique chaîne à diffuser la série. Une sortie en DVD plus tard et le voilà accro. Mine de rien, ça marche et les différents évènements qui vont se dérouler au fil des 8 saisons vont sans cesse permettre à 24 de se renouveler. Car l'intérêt du show est là, savoir faire évoluer une intrigue en évitant soigneusement la répétition. Certes, on oscille entre des ennemis d'origine arabe, russe ou tout simplement une taupe au sein du gouvernement américain, mais l'histoire en place change du tout au tout. Saison après saison, nous aurons droit à divers rebondissements forts, une des plus grandes qualités du show étant de faire mourir les personnages d'une manière touchante et dramatique. On se souvient particulièrement de la mort de Ryan Chappelle au cours de la troisième saison ou celle de la femme de Jack à la fin de la première.
Le rythme soutenu du scénario fait que l'audience décolle à chaque inédit, atteignant d'ailleurs jusqu'à 20 millions de curieux au plus fort de sa diffusion. Mais la série coûte cher, et malgré son succès, elle frôle plusieurs fois l'annulation. Pourquoi ? Car l'intérêt de 24, c'est que la plupart de ses plans se déroulent en extérieur. Cela renforce la crédibilité de l'action se déroulant à l'écran. Le casting est également très nombreux et les multiples personnages secondaires, même inconnus, prennent beaucoup de place dans le budget. Et lorsque la FOX annonce l'arrêt de la série au terme de sa huitième saison, ce n'est pas un hasard. Les salaires des stars de la série, ainsi que de toutes les équipes de production atteignaient alors un chiffre assez spectaculaire alors qu'au final, 24 reste une série télévisée, et non pas un film. Elle oblige le network à avoir une rentabilité quasi-immédiate, en revendant les épisodes à l'international ou via les chaines du câble, et grâce à la publicité engendrée par un fort taux sur les 18-49ans. Et si en France, le succès a toujours été au rendez-vous, aux Etats-Unis, c'est tout le contraire…
Une audience en dent de scie
Elle reste anecdotique, mais 24 s'appuie sur une particularité qui lui est propre : ses fans. Et pour cause, ils sont nombreux et régissent à eux seuls le succès de la série, à tel point que l'on sait si une saison sera bonne grâce aux audiences américaines, et donc au nombre de fans suivant alors le show. Et si la saison 1 a su se démarquer des autres, tout comme la seconde saison, 24 a essuyé ses premières tempêtes dès la troisième saison. Si le scénario n'est pas mauvais, il souffre d'une utilisation trop évidente du twist des personnages qui arrivent, meurent, mais en fait non, car ils sont toujours vivants. Les scénaristes ne semblent plus savoir où aller. Et c'est notamment ça qui a fait le plus de tort à la huitième et donc dernière saison. L'intrigue relatée dans le premier épisode, et qui sert de plateforme de lancement, repose à plat toute la série qui déménage pour l'occasion à New York, et qui place la Présidente à l'ONU qui est sur le point de signer un accord de paix avec une République islamique. Si on n'ira pas plus loin dans les révélations, surtout parce qu'il faudra patienter jusqu'à notre critique de la saison 8, cela ne nous empêche pas de relater les quelques gros défauts. Et on s'en rend compte rapidement, l'intrigue se perdant dans le grand n'importe quoi, dans du déjà-vu, à un point où l'on en sera à ne plus s'y intéresser, préférant juste regarder les personnages évoluer dans ce brouhaha d'action sans queue ni tête.
Un parcours difficile, fait de bons et de mauvais moments, mais aussi d'un téléfilm qui tranche avec le modèle de la série (le temps réel, ndlr). Ce dernier, intitulé 24 : Exil, met en scène Jack Bauer en Afrique afin d'apporter un prologue à la septième saison. Il sert de base redoutablement efficace et apporte son lot de répercussions pour la suite.
9 présidents et de la violence
Si l'on ne se rappelle plus forcément tous les présidents qui ont parcouru la galaxie 24, on pourra toujours se remémorer quelques-uns d'entre eux. On retiendra sans doute David Palmer, le premier Président noir avant l'heure aux Etats-Unis. Une décision qui avait suscité beaucoup d'émotions à l'époque (et également une baisse de l'audience, allez savoir pourquoi) et qui avait surtout marqué l'avenir de la série pour toujours. Son interprète, Dennis Heysbert, a redéfini le sens du mot « politique » dans les séries américaines et son meurtre au début de la cinquième saison avait choqué beaucoup de fans. L'ingéniosité et la tendance à montrer du bon comme du mauvais sur tous les protagonistes étaient sa force, mais aussi sa principale faiblesse
Car 24 n'y va pas avec des gants. La violence et placée au premier plan grâce - ou à cause - d'un Jack Bauer qui n'hésite plus devant la menace sur son pays. Si au début de la série, elle est volontairement cachée, dès lors que le personnage principal, Bauer, ne sera plus à la tête de la CAT (ou CTU en VO), rien ne va plus. Les scénaristes vont en effet aller très loin dans la représentation de la violence à la télévision. Outre les interrogatoires musclés, Jack va surtout torturer ses ennemis avec ou sans divers objets. À ce sujet, la saison 8 offre à notre héros un large éventail de possibilité, du couteau de boucher au chalumeau, en passant par des armes plus conventionnelles (pistolet, sniper…), les ennemis utilisant également leurs lots de bombes et poisons. Et rapidement, la polémique enfle, jusqu'à ce que les créateurs de la série franchissent la ligne jaune en faisant exploser une bombe nucléaire en plein Los Angeles. On n'a jamais vu pire évènement à la télé, et même la prise d'otage dans la maison Blanche n'aura pas fait mieux au cours de la saison 7.
Des personnages emblématiques
Les différentes saisons de 24 ont permis à de nombreux acteurs peu connus au départ de s'imposer. La saison 1 aura permis à Sarah Clarke alias Nina Myers, une taupe au sein de la CAT qui sera responsable de la mort de la femme de Jack Bauer, de devenir culte dans le cœur des fans. Il y a également Penny Johnson Jerald, en première dame durant les trois premières saisons. Kim Raver, qui jouera Audrey Raines jusqu'à la fin de la sixième saison, sans oublier Gregory Itzin, qui interprétera un Charles Logan, Président des Etats-Unis, à la tête d'une attaque terroriste et enfin Mary Lynn Rajskub (Chloé) qui sera présente aux côtés de Jack, son ami de toujours, jusqu'à la dernière minute. N'oublions pas Renée Walker (Annie Wersching) qui aura réussi à crever le bouclier émotionnel de Bauer et qui fut sans doute le personnage le plus réussi de la série.
Les morts des réguliers ont toujours donné des scènes fortes en émotions. Celle de Michelle Dessler (Reiko Aylesworth) au début de la saison 5 permit l'élaboration d'une intrigue pour la septième saison avec le retour de Tony Almeida (qu'on croyait aussi mort), mais son décès dans une explosion resta gravé dans la série comme un coup de poignard. Il en va de même pour Bill Buchanan (James Morrison), mort en héros et bien d'autres dans la huitième, et dont nous ne parlerons pas ici.
Fin de parcours (ALERTE SPOILERS)
C'est donc ce lundi 24 mai que 24 s'est achevée aux Etats-Unis. Une fin de saison spectaculaire et qui montre bien à quel point Jack Bauer était résolu à en terminer avec toute cette histoire. La Présidente l'ayant trahi, Dana Walsh étant définitivement morte, tout comme Renée Walker, il ne lui restait plus qu'à assassiner le Président russe afin de mettre un terme à ce complot qui aura coûté la vie à Omar Hassan. Notre Jack, qui aura tant voulu aider son pays, a déjà de multiples meurtres sur les bras. L'épisode en deux parties, qui signe la fin de la série, a été tourné juste après l'annonce de l'arrêt par la FOX, un fait qui a permis aux scénaristes d'y coller un encart de quelques minutes où Chloé fait ses adieux déchirants à Bauer au travers d'un écran de surveillance.
Ce qui est sur, c'est que 24 aura bercé toute une génération de sérievores et le dernier chronomètre s'est donc achevé quelques secondes après un dernier regard vers la caméra, signe annonciateur d'une arrivée très prochaine (on l'espère) dans les salles obscures.
description : Chef de la Cellule Anti-Terroriste de Los Angeles, Jack Bauer, aidé de son equipe, a 24 heures pour mener sa mission à bien et protéger les siens du danger qui les menace ...