C'est sous forme de série que la trilogie Millenium débarque en France et sur Canal +. Découvrez notre critique des épisodes 3 et 4.
Prévu pour ne durer qu'1h40 lors de sa sortie dans les salles françaises,
Millénium 2 est ici composé de deux épisodes de 90 minutes, comme pour la première adaptation télévisuelle de la saga. Cette fois-ci, point de meurtre raciste et de viol en série, place au trafic de femmes et au passé de Lisbeth Salander. Et si le premier film avait clairement montré les talents des thrillers suédois, on ne peut en dire autant du second sous-titré dans sa version romancée « La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette ». Car le gros problème, c'est que l'on sent bien les minutes qui passent. L'épisode 3 (première partie du second film dans sa version suédoise) est abrutissant de détails et n'en finit plus de nous convaincre de stopper la projection. Pourtant pleine de bonnes intentions, la série sombre ici dans un méandre d'ennui assez hallucinant si bien que l'on ne comprend pas grand'chose au récit.
Entremêlant une histoire de vente d'êtres humains avec la volonté d'en connaitre davantage sur l'étrange Lisbeth, ces deux épisodes ont le don de perdre ce qui avait fait le succès du premier film : le suspense. Les pistes sont pourtant loin d'être mauvaises et les différents personnages autrefois secondaires, prennent clairement de l'importance. On pense notamment à Erika qui prend part à l'enquête aux côtés de Michel Blomkvist que l'on retrouve avec plaisir, mais aussi à toute l'équipe du magazine d'investigation qui œuvre sans relâche pour faire le jour sur cette sombre histoire venue de l'est. Mais mine de rien, en image, tout cela perd de sa saveur. On avait apprécié les paysages si caractéristiques de la Suède, avec sa neige à perte de vue, son froid polaire… et son passé nazi. Ici, le scénario se déroule en très grande partie à Stockholm et sans sa banlieue rurale. Tout juste aura-t-on droit à quelques poursuites dans les rues sombres de la capitale, mais au final, ça manque cruellement de dynamisme et de surprises.
On ne peut pas dire que le scénario soit mauvais, car il offre au final un bon polar, mais avec un suspense poussé à son paroxysme qui enfle et enfle, jusqu'à se crever dans les dernières minutes de l'épisode 4, emmené par un final poussif et peu engageant pour la suite. Oui, Lisbeth est toujours aussi excellente, oui, on ressent toujours la plume d'un auteur brillant malheureusement décédé, mais ce que l'on ne retrouve plus par contre, c'est bien cette petite touche qui faisait de
Millenium une saga édifiante et passionnante. Les deux épisodes d'1h20 sont lents à se mettre en place, déjà pourris par la racine à cause d'une première partie qui n'apporte absolument rien au récit. Bien évidemment, les pistes laissées ici et là donnent très envie de voir la suite, car c'est l'essence même de la série que de faire saliver le « lecteur cinéphile » et si toute cette histoire n'était pas aussi mal construite, avec des plans sur les protagonistes à n'en plus finir (les multiples passages où les voitures roulent… sur la route !), on aurait presque pu passer un bon moment.
Raccourci de prêt d'une heure lorsqu'il sortira à la fin du mois de juin, le second film devrait gagner en rythme. Pour les deux épisodes « version longue » en revanche, on essayera simplement de les oublier au plus vite.
Sur Canal + dès le 5 avril à 20h50. En prime time tous les lundis, un épisode par soirée. Critique des épisodes 5 et 6 (Adaptation du troisième livre) prochainement sur Cinéma-France.