C'est l'évènement de ce mois ce mercredi 3 mars : le téléfilm avec Valérie Damidot, la « madame déco » de M6.
C'est sous la forme d'un pilote d'1h30 que
Valérie Damidot, que l'on connait pour son rôle d'animatrice dans l'émission D&Co, s'essaye au métier d'actrice : si elle fait les bonheurs de la chaine avec des audiences excellentes chaque week-end, la jeune femme voulait voir plus loin et embrasser une nouvelle carrière. Eté 2009, M6 lui offre le rôle principal d'une nouvelle série en devenir :
Victoire Bonnot, l'histoire d'une CPE un peu rebelle qui travaille avec ses collègues enseignants pour changer les mentalités et sauver des élèves. Le pitch de départ n'est pas si mauvais - bien au contraire, car si du côté de
TF1 on ne fait que (ou presque) des séries françaises policières, sur M6, on tente d'innover et il est vrai que le coup du CPE, on nous l'avait jamais fait.
Cela dit, le soufflet va très vite retomber. Le b.a.-ba du métier d'acteur, c'est que si l'on ne sait pas jouer, il vaut mieux ne pas persévérer et passer à autre chose. Vous ne l'aimiez pas dans D&Co ? Ne tentez même pas de vous approcher de ce téléfilm car c'est encore pire.
Il semble bien qu'on ait jamais vu autant de clichés dans un seul épisode. Bien sûr,
Glee fait fort dans le même genre, mais c'est avec un humour au second degré, alors on pardonne. Pour
Victoire Bonnot par contre, c'est pris très au sérieux et l'ont sent assez vite la chose arriver. La présentation des personnages est somme toute assez classique : nous avons donc Victoire (
Valérie Damidot), une CPE très rebelle qui n'aime pas les règles ; sa fille (Roxane Damidot), forcément dans le même lycée, un peu timide ; Valéria (
Shirley Bousquet), Professeure de maths qui apprécie Victoire ; et toute la bande de professeurs qui détestent royalement la conseillère d'éducation et qui n'hésitent pas à lui mettre des bâtons dans les roues. Et l'image donnée de l'enseignement n'est pas belle à voir, croyez-moi.
On en oublierait presque les élèves, et c'est là que ça se gâte. En effet, en 1h30, ils vont être les personnages principaux de multiples histoires abracadabrantesques. Entre prostitution, vidéo porno sur le net, élève drogué aux jeux vidéo (le meilleur passage) et aux RedBull, et rebondissements à foison, on se rend compte très vite que trop, c'est trop. Certes, il s'agit d'un pilote et il faut bien installer les différents protagonistes, mais on doute sérieusement qu'en quelques jours, il y ait autant d'évènements dans un lycée. À cela se rajoute une façon de traiter les cas assez catastrophiques.
Valérie Damidot énerve carrément tant elle en fait trop, surjouant un rôle de CPE rebelle, chose impossible dans la réalité, en venant même à tenter de kidnapper un élève avant de s'en prendre une par le père de ce dernier. Tout cela ressemble plus à une mauvaise pièce de théâtre, et l'on se demande bien si les dirigeants de la chaine ont vu ce premier épisode.
On regrettera l'arrivée de
Shirley Bousquet, pourtant excellente dans
Caméra Café, qui essaye de relever le niveau de cette piètre production. La fin ouverte ne nous dit d'ailleurs rien qui vaille, et on espère que le succès ne sera pas au rendez-vous tant la catastrophe que l'on vient de regarder est si énorme, laissant comme un trou béant dans le « temps de cerveau disponible ». Mention spéciale aux petites histoires secondaires avec Erwan Marinopoulos (Stéphane Milon dans la série) - le beau gosse de l'histoire - ou encore au langage utilisé par la CPE, entre « tu aimerais baiser comme ça ? » et autres « Mais vous êtes complètement taré », « bordel, putain », savoureux.
L'on ne sait trop quoi penser de Victoire Bonnot. Peut être une chose : lors de sa diffusion le 3 mars prochain, ne regardez pas M6, ce sera déjà une première victoire pour la fiction française.