En attendant sa diffusion sur Canal + prévue pour ce soir, découvrez la critique de ce remake sur Cinéma-France.
Michael va se retrouver sans trop savoir pourquoi au milieu d'un désert de sable. Pour seule indication, les propos divagants d'un homme à propos d'un mystérieux Village. Dès lors, son avenir va devenir bien sombre, et c'est lorsqu'il va rencontrer un certain 2, que sa vie va devenir un enfer. Ne l'appelez plus par son prénom, un simple numéro suffit : 6.
AMC et ITV Studio s'allient pour nous offrir un revival de la série d'origine sans
Patrick McGoohan (mort l'an dernier), mais remplacé au pied levé par un certain
Jim Caviezel. Ce n'était pas chose facile que de faire revivre une mythique série anglaise des années 60 qui devint culte après seulement une saison, mais c'était pourtant le pari que s'étaient fixé les deux chaines, ainsi que
Peter Gallagher, le scénariste. Présentée pour la première fois au Comic Con de l'été 2009, la mini-série avait tout pour réussir, un casting anglais 5 étoiles, une ambiance qui sentait bon la qualité et la technologie. Malheureusement pour nous, téléspectateurs, l'essai ne fut pas transformé et l'on se retrouve alors devant un remake qui aurait mieux fait de rester là où il était.
Mais pourquoi cette débâcle ? Les débuts commencent bien, et là où l'on aperçoit un remake, il s'agit plus d'une suite qu'autre chose. Le vieil homme que va rencontrer Michael-6 au départ fait clairement penser à Feu-McGoohan qui a réussi à s'enfuir, lui, et qui va alerter la première personne qu'il va croiser. Pourtant, c'est une suite qui ne donne pas son nom et qui va tenter de noyer le poisson dans d'obscures trames scénaristiques, baignant dans des incohérences flagrantes et dans des flashbacks sérieusement ébranlés par un rythme peu soutenu.
Le Prisonnier (2009) est en effet plombé par des retours en arrière, censé nous donner des indications sur la nature de ce village. Village qui, rappelons-le, est une sorte de petite ville au style colonialiste, perdue au milieu du désert. Les décors font d'ailleurs agréablement leur boulot et baignent dans une authenticité vraisemblable. L'histoire va en tout cas s'intéresser à Michael, ou plutôt 6, qui va essayer de percer à jour les véritables intentions du « président » du coin, le très sérieux 2. Chaque protagoniste que l'on va rencontrer étant nommé par un numéro unique et non par un prénom.
Le scénario n'aura ainsi de cesse de nous torturer avec ces batailles psychologiques que vont se livrer les deux hommes. L'un disposant de vagues souvenirs, l'autre la puissance du pouvoir. C'est
Ian McKellen qui incarne 2 à l'écran, et son interprétation, tout comme celle des autres personnages -y compris 6- apporte énormément à cette fiction. Ils ne sont pourtant pas aidés par une ambiance poussive et ennuyante dans bien des moments. Entre les clins d'œil trop appuyés pour être crédible à la série originale (on déplorera l'utilisation de la phrase « Je ne suis pas un numéro, mais un homme libre », à toutes les sauces) et le ton utilisé, on comprend mieux pourquoi les audiences ont chuté aussi lourdement lors de sa diffusion américaine.
Les flashbacks incessants sont la cause de tous ces désagréments, tant est si bien qu'il faut parfois s'accrocher pour comprendre certaines intrigues. L'ennui s'installe alors peu à peu, et les 6 épisodes (de 50 minutes chacun) sont difficiles à suivre. Il faut attendre la fin de chaque épisode pour raviver la flamme d'une envie paresseuse qui aura trop longtemps séjourné au sein d'une communauté assommante. Si la mini-série offre un juste et compréhensible clap de fin, on ne peut que déplorer ce besoin de revoir la série dans son intégralité maintenant que l'on connait « la vérité ». Il n'est d'ailleurs pas normal d'imposer une telle chose et un simple visionnage devrait, comme à l'époque de l'original, se suffire à lui-même. La faute également à des intrigues secondaires pompeuses qui ne servent à rien en l'état actuel des choses, et qui sont seulement là pour combler un trou béant dans un script qui ne semble pas être maitrisé. A trop vouloir en faire,
Peter Gallagher se prend les pieds dans ses notes et essaye de les remettre dans l'ordre… sans succès.
Incompréhensible sur bien des points, navrant et frustrant sur d'autres, Le Prisonnier (2009) ne laissera personne indemne bien que porté par un très bon casting. À réserver aux amateurs de « peut mieux faire ».