La BBC s'essaie à la mini-série de science-fiction après avoir lancé Survivors il y a deux ans, un résultat plus que sympathique.
Après une tempête solaire ayant entrainé l'aveuglement de milliards d'habitants, l'espèce humaine tente de se défendre contre de mystérieuses plantes carnivores ayant sauvé, il y a de cela de nombreuses années, la Terre d'une catastrophe écologique. Malheureusement, ces plantes sont désormais prêtes à se reproduire et se nourrir de chair humaine. Seules restent alors quelques personnes qui n'ont pas perdu la vue, bien décidées à sauver un monde en proie à une menace qui pourrait bien jouer un rôle dans l'extinction de la race humaine…
Diffusée il y a peu sur la BBC, la mini-série
The Day of the Triffids est en fait un remake d'une série des années 80. À l'image de ce qu'avait fait
AMC pour
Le Prisonnier (2009), la chaîne britannique s'est alliée au Canada pour mettre en place un show en deux parties d'1h30. Mieux encore, c'est
Patrick Harbison, scénariste de
24 et d'
Urgences, qui modernise les Triffids, des plantes carnivores, qui produisent un carburant vert ayant remplacé le pétrole lorsque ce dernier a commencé à manquer. Un scénario pas original pour un sou, mais qui s'offre une petite cure de jouvence grâce aux effets spéciaux et autres joyeusetés. Et même si le message principal sonne un brin écolo quelques semaines après le fiasco de Copenhague, on ressort de la diffusion avec le sentiment de ne pas avoir perdu son temps.
Mais trêve de parlote, contrairement à la série d'origine qui avait eu 6 épisodes pour s'installer,
The Day of the Triffids n'en a que 2, et les évènements vont très vite se dérouler, quitte à laisser de côté la cohérence de certains faits. Ainsi, on ne comprendra pas trop pourquoi ce qui devait être une simple éruption solaire s'est finalement transformée en catastrophe apocalyptique, ni pourquoi les Triffids sont aussi productifs ou comment les a-t-on découverts. On sait juste qu'ils sont redoutables, car ils disposent d'un « fouet » au niveau de la tête (qui ressemble à une grosse fleur) qui paralyse puis aveugle, et enfin tue leurs victimes.
Pour cette nouvelle mini-série, la
BBC a rassemblé un casting quatre étoiles. En spécialiste des plantes carnivores, on retrouve
Dougray Scott (Bill). L'acteur écossais s'était fait remarqué dans
Desperate Housewives en 2007. Il y a aussi
Joely Richardson (Jo) qui campe une animatrice d'une radio londonienne et qui va servir de porte-parole pour la cause humaine, et enfin, dans le rôle du méchant, il y a
Eddie Izzard (Torrence) qui se sauve in extremis d'un avion venant de s'écraser et qui est un peu le bad-guy même si l'on ne comprend pas trop ses véritables intentions. Au milieu de ce trio se trouve
Jason Prestley (Coker) qui fait une rapide apparition et qui tente de nous faire croire qu'il est crédible dans son personnage de militaire aguerri. Tout ce beau monde nous livre une interprétation honnête, même si elle est loin d'être irréprochable. On passera sur l'histoire d'amour, quasiment obligatoire de ce genre de téléfilm, ou bien sur la résolution hâtive et sans fondement qui témoigne du cruel manque de temps pour clôturer le scénario.
Cela dit il est facile, pour un téléspectateur avide de suspens et de rebondissements, d'adhérer au concept s'avérant plus que prenant dans certains passages. L'ennui ne s'installe jamais et la mini-série se boit comme du petit lait. Classique, mais développé, le scénario se rattrape par une réalisation qui met
The Day of the Triffids sur le haut du panier des productions internationales. Doté d'un budget pourtant serré, le téléfilm nous envoute grâce à son ambiance angoissante et surprenante. Le casting principal s'appuie beaucoup sur des personnages secondaires de premier choix, à commencer par une
Vanessa Redgrave que l'on prend plaisir à voir assassiner ses convives, ou bien par
Brian Cox qui joue un père un peu fou, mais toujours sérieux dès qu'il s'agit de créatures mortelles.
The Day of the Triffids est une petite surprise pour peu que l'on accepte les multiples défauts l'ombrageant. Cela dit, en seconde partie de soirée, ça ne peut que fonctionner, frissons garantis !