SyFy s'essaye au conte pour enfants dans une version revisitée du mythe d'Alice au Pays des Merveilles.
Alice, une jeune fille sans problèmes, va se retrouver projetée dans un monde étrange en voulant venir en aide à Jack, son petit copain. Mais alors qu'elle se pensait à l'abri du danger, elle va faire la rencontre de la Reine de Cœur qui règne sans merci sur le royaume et qui veut désormais la mort d'Alice…
Bon, il faut bien avouer que lorsque
SyFy a annoncé vouloir produire et diffuser une mini-série reprenant le thème d'Alice au Pays des Merveille, on ne pouvait pas vraiment se réjouir. Il faut dire que plusieurs signes annonçaient le désastre. À commencer par sa date de diffusion : Noël. Autrement dit, c'est le même genre de programme que nous refilent
TF1 et consorts à la même période. Ensuite, le casting, et notamment l'arrivée de
Caterina Scorsone, déjà peu brillante dans
Missing. Un joli cadeau empoisonné donc, qui ne l'est pas constamment fort heureusement, mais qui en tient une couche non négligeable.
À un peu plus d'un mois de la sortie sur les écrans français de la version Burtonienne d'Alice, on jette un coup d'œil sur cette mini-série. Réalisée par
Nick Willing, un habitué du genre à qui l'on doit notamment l'adaptation de
Jason et les Argonautes,
Alice nous projette à notre époque en compagnie d'une prof de karaté à la recherche de ses racines. Triturée entre ses problèmes avec sa mère et sa vie sentimentale réduite à néant, elle a du mal à évoluer dans la vie. Son copain, Jack, se fait alors kidnapper et la course-poursuite qui s'ensuit va se révéler plus que « rafraichissante » pour elle. Rapidement donc, le monde de « Wonderland » (en VO) nous est montré et on se rend compte que côté « level-design », ce n'est pas si mauvais que ça. Même si l'on a constamment l'impression d'être dans un grand magasin Ikéa, ce n'est pas pour autant que la crédibilité part en lambeau. De ce côté-là, on se rend vite compte que le budget alloué à cette mini-série est tout sauf restreint.
Autrement dit, le premier épisode est fort intéressant et dispose d'éléments qualitatifs assez remarquables. Car même si l'on connait l'histoire de base de cette grande saga fantastique, ce n'est pas pour autant que l'on éprouve de l'ennui en la redécouvrant, et de ce point de vue-là,
Alice réussit le pari de nous embarquer dans un monde enivrant de magie. À l'instar du telefilm
Le Dernier Templier, le second épisode s'avère être catastrophique. Les rares évènements et effets de surprise ne comblent que difficilement les défauts du programme, et les multiples gesticulations des acteurs pour donner un semblant de quelque chose à la fin de l'intrigue n'y changent rien.
Car oui,
Alice dispose d'un casting qui impose le respect, certes, mais qui redescend bien vite de son petit nuage au fil des minutes. On passera l'interprétation complètement à l'ouest de
Caterina Scorsone qui aurait mieux fait de laisser son Alice au placard (sur
LifeTime), pour circuler sur l'avenue des personnages secondaires avec un
Philip Winchester qui est juste là pour faire ce qu'il sait faire de mieux : rien, ou encore
Andrew Lee Potts qui devrait clairement se reconvertir s'il ne veut pas tomber plus bas. Seule reste
Kathy Bates, la Reine de Cœur
(et son mémorable « qu'on lui coupe la tête ! ») que l'on avait revu dans
Les Noces Rebelles et qui confirme son immense talent quelle que soit la qualité de la réalisation.
Un univers exploité avec soin, mais un divertissement et un jeu d'acteur navrant : Alice est une mini-série à voir si vous n'avez strictement rien d'autre à faire.