A quelques jours du lancement du Festival des Maudits Films de Grenoble, nous avons pu interviewer Karel Quistrebert et Sabine Garcia, deux membres éminents de son organisation.
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Pourquoi avoir choisi de développer un festival autour du cinéma bis ?
Karel Quistrebert : Le Festival est organisé par le Centre Culturel Cinématographique de Grenoble, qui passe des choses plus « classiques ». Il y a un public de fidèles qui vient chaque mercredi, sans forcément regarder le programme, donc passer par exemple un film comme
Plan 9 From Outer Space au milieu, c'est un peu compliqué. On a fait quelques expériences par le passé où on passait certains soirs des films « différents », en commençant par
Escape From New-York de
Carpenter, et certains avaient trouvé cela « inadmissible » ! On a enchaîné ensuite avec
La Fiancée de Dracula de
Jean Rollin, et là c'était limite des mails d'insulte ! Donc on s'est dit que l'idée était bonne mais que c'était le concept qui ne l'était pas. Il a donc fallu trouver une autre façon de passer ces films-là. On a donc décidé de faire une soirée le samedi soir il y a deux ans en partenariat avec
Nanarland où on a diffusé
Starcrash suivi de
Black Ninja et ça a été un gros succès, il y a des gens qui sont venus d'assez loin. Donc grâce à ça on a pu tenter de le faire sur 2 jours l'an dernier, lors de la 1ère édition du festival, de façon à passer aussi de la série B le vendredi soir, couplée à la soirée du samedi soir encore en partenariat avec
Nanarland. Comme on a eu une aide du Conseil Général l'an dernier, le budget n'a pas été catastrophique. Cette année, on avait prévu de repartir sur 2 jours mais il y avait tellement de films qu'on voulait montrer que 2 jours ne suffisaient pas !
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Comment s'est effectuée la sélection ?
Sabine Garcia : 80% de la programmation a été faite par Karel. Elle teste ses idées sur nous et on lui dit oui ou non, mais comme on est sur la même longueur d'onde ça se passe très bien ! Après il y a des problèmes de copie, ne serait-ce que par rapport au prix.
KQ : Le plus compliqué c'est de trouver des films qui vont ensemble. Mais il faut aussi éviter les répétitions. Par exemple pour la soirée du vendredi, mettre 3
Frankenstein à la suite c'est bien pour la performance mais comme on est restreint par le temps, il vaut mieux passer 3 versions différentes du bis.
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Se retrouver en face d'un Festival comme celui de Gérardmer, c'est une force ou une faiblesse ?
SG : On n'est pas du tout en face de Gérardmer ! Nous passons des classiques et ils passent des films « neufs ». C'est vrai qu'avoir
Amer en avant-première nationale c'est un gros coup d'éclat, on ne s'y attendait pas du tout.
KQ : La société de distribution d'
Amer (Zootrope Films) a été très agréable, le feeling est bien passé et ça s'est fait très simplement et très rapidement. On avait penché au début pour
La Horde mais ça ne s'est pas fait, et puis les échos étaient globalement meilleurs pour
Amer. On remercie d'ailleurs le cinéma Le Club qui nous permet de pouvoir projeter ce film, son directeur est très ouvert d'esprit.
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La programmation de la soirée de clôture a été longue à se dessiner. Pourquoi ?
KQ : Eh bien si le festival s'appelle « Le festival des maudits films », ce n'est pas pour rien ! La soirée du samedi a été très maudite. On était parti sur un nouveau partenariat avec
Nanarland mais il s'avère qu'ils sont très demandés maintenant. On les a eu et ils avaient envie de changer un peu le concept de la soirée mais c'est arrivé un peu tard par rapport à l'organisation et les films qu'ils demandaient n'étaient pas très faciles à avoir, pour des raisons de disponibilité ou de prix par exemple. Du coup ça ne s'est pas fait, mais on se retrouvera au printemps pour discuter de l'édition 2011. Il a alors fallu trouver des films pour le samedi soir, et ce ne sont pas les idées qui ont manqué ! Mais on s'est confronté un peu aux mêmes problèmes de disponibilité ou de prix.
SG : On est assez fiers de ce qu'on a trouvé pour le samedi parce que ce sont des films qu'on adore vraiment.
KQ : Pour moi la série des
Ilsa est un mythe.
Chair pour Frankenstein est un très bon film, je ne pense pas qu'on puisse refaire ce genre de films aujourd'hui. Ce n'est pas une violence restrictive, ce sont des choses qui touchent plus au tabou. Bien sûr il y a du gore, mais c'est une autre façon de briser les tabous qui peuvent être encore très en commun avec le temps présent. Il n'y a pas de barrières. Il montre des choses qui étaient plus sous-entendues dans la série des
Frankenstein de la
Hammer. Si le film a pu sortir à l'époque, c'est grandement grâce à la « caution »
Andy Warhol.
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Pour sa seconde année, le festival prend de l'ampleur au niveau de sa programmation et de sa durée, mais il profite également d'une meilleure couverture médiatique, grâce notamment à plusieurs sites internet qui ont relayé son existence.
SG : En même temps c'était pas compliqué d'avoir plus de couverture que l'an dernier !
KQ : Non mais c'est sûr qu'on ne parle pas de la même façon d'un événement qui a lieu sur 2 jours et d'un événement qui a lieu sur 5 jours. On touche peut-être plus facilement les « geeks » qui sont sur internet mais pas seulement, on a également des quadragénaires parmi les habitués du Centre Culturel Cinématographique qui nous confient leur plaisir de revoir un film comme
L'invasion des profanateurs de sépulture sur grand écran.
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Quelle affluence attendez-vous ? Il y a certainement des attentes par rapport à celle de l'an dernier.
SG : Eh bien on a déjà des réservations pour la soirée de clôture. On espère qu'il y aura du monde pour découvrir
Amer en avant-première le mardi.
KQ : J'espère qu'il y aura du monde le vendredi soir, où on fait une séance de minuit, chose rare dans la région. Cela donne un petit côté sympa qui est « autre » qu'un horaire de cinéma traditionnel. C'est quelque chose à laquelle on tient. On tient à ce qu'il y ait du monde parce que sinon ça ne se refera pas, parce qu'on fait ça pour les gens aussi.
Karel Quistrebert et Sabine Garcia
Retrouvez la programmation et toutes les informations sur le site officiel : http://www.festivaldesmauditsfilms.com/