La deuxième saison de Chuck sort ce mercredi en DVD. Voyons ce qu'elle vaut.
Parce que tout le monde est persuadé qu'un nouvel intersect, sous forme d'ordinateur, va bientôt être terminé, les rapports entre les différents protagonistes changent dès le premier épisode :
Chuck et Sarah vont (enfin) à leur première « date », et Casey est ennuyé : il sait qu'une fois l'intersect complété, il doit tuer
Chuck (ça le fait grincer des dents et avancer sa mâchoire). Fulcrum, les grands méchants, tentent de savoir qui est l'intersect. La saison prend bien la peine de faire avancer l'histoire générale en nous en faisant savoir un peu plus sur cette organisation, mais en restant tout de même simple. Parce que bien sûr, entre rebondissements volontairement rocambolesques et clins d'œil amusants et amusés,
Chuck continue de rester dans la parodie. On retient particulièrement l'épisode 13, directement et presque entièrement inspiré d'un d'
Alias : Chuck et Sarah se « déguisent » en couple parfait et intègrent une banlieue américaine d'apparence tout à fait banale, en fait un repère d'espions.
Cette nouvelle saison a surtout deux angles d'attaque : les relations amoureuses des différents personnages, et leur passé. Chez les Bartowski, par exemple, on découvre le père de Chuck et Ellie, et on apprend les causes de son départ. Mais surtout, on fait la connaissance de Jill, la fameuse fille qui a abandonné Chuck à Stanford – rupture dont il ne s'est jamais remis et qu'il raconte à tout le monde avec un air pathétique pendant une bonne partie de la saison 1. Cette Jill, jouée par
Jordana Brewster, constitue tout un arc qui met du piment dans la relation Chuck/Sarah mais n'est pas là que pour cela puisqu'elle apporte aussi des informations sur l'un des fils conducteurs de la série – que nous ne dévoilerons pas ici pour ne pas gâcher le suspens. Du côté de Casey, c'est son mentor qui refait surface. Quant à Sarah, elle dévoile un peu de son passé, de sa vraie identité, et son personnage prend du relief.
Les rapports entre Chuck et Sarah sont donc dans la ligne de mire. Tous deux ont avoué leurs sentiments, mais c'est maintenant la situation, leur rapport de travail, qui se met dans le chemin. Alors ils attendent, et plusieurs intérêts amoureux potentiels se présentent pour chacun ; cela fait un peu « liste » : un pour Chuck, un pour Sarah, un pour Casey même… Qu'ils viennent du passé ou qu'ils soient de nouveaux personnages, ils passent rapidement pour faire frissonner la midinette qui sommeille en chaque spectateur (mais si, en vous aussi !). Tous ces nouveaux personnages offrent une panoplie de guest stars plutôt intéressante, complétée par des énergumènes comme Roan Montgomery (épisode 2), vieil espion séducteur pour qui le summum du métier, c'est la façon de prendre ses martinis, ou Orion, clef de la liberté de Chuck – et nous nous arrêterons là.

Mais cette volonté de travailler sur les personnages dérape un peu : les scénaristes ont voulu donner aux membres du Buymore une place tellement spécifique qu'ils en deviennent indépendants de
Chuck. Et alors que dans la première saison ils apportaient un côté décalé et « looser » qui plaît beaucoup – avec raison, maintenant ils monopolisent l'attention sans qu'on comprenne vraiment pourquoi. La série est tombée dans le piège traditionnel : mettre sur le devant de la scène un personnage de fond agréable. On apprécie tout de même, mais à petite dose justement, le nouveau personnage d'Emmett (Tony Hale, dégoulinant de bassesse) qui finalement prend trop de place. Certains épisodes sont donc une série de vas-et-viens entre la traditionnelle enquête de
Chuck, Sarah et Casey, et les mésaventures du Buymore ; la plupart du temps, les deux n'ont même pas de lien direct. Il faut tout de même avouer que cela va mieux au bout de 6-7 épisodes : c'est finalement supportable, mais il faut un peu se forcer pour passer cette barre.
Cette saison 2 continue sur la lancée de la première. Les scénaristes ont appris des tâtonnements du début, mais s'égarent un peu dans l'équilibre des personnages. Cela ne nous empêche pas d'apprécier cette très bonne série (à voir en anglais, si possible).
Sortie le 18 novembre
Prix conseillé : 39,99 euros