La nouvelle série du créateur de Buffy débarque sur Teva : découvrez nos impressions.
N'avez-vous jamais rêvé de pouvoir devenir n'importe qui ? C'est un peu le pari que se fixe une mystérieuse entité appelée
Dollhouse. Elle dispose de plusieurs « maisons » partout sur la planète, et son business tourne autour de l'utilisation d'humains ayant eu envie de changer de vie, qui vont être utilisés pour diverses missions. Le contrat est clair : durant 5 ans, la société en charge des
Dollhouses vous vide votre mémoire et la remplace par une autre avec des capacités différentes…
Dollhouse est un petit évènement en soi, déjà parce qu'il s'agit de la dernière création en date du célèbre
Joss Whedon. Le papa de Buffy ou de Firefly s'essaye donc aux manipulations du cerveau afin de captiver au mieux les téléspectateurs. Le projet confié à la
FOX n'a pas franchement déplacé les foules, notamment par son jour de diffusion -le vendredi à 21h aux USA- et surtout par ses épisodes très décevants dans l'ensemble. Car le principal problème de
Dollhouse, c'est qu'elle a bien du mal à commencer. De plus, durant les
8 premiers épisodes, les scénarios vont se ressembler et ne s'éloigneront pas du concept de base de la série.
On va toutefois s'intéresser plus particulièrement au personnage principal, Caroline-aka Echo, incarnée à l'écran par
Eliza Dushku. Les missions de chaque épisode vont emmener la jeune femme dans divers petits boulots, de l'aveugle qui a la foi, au garde du corps surentrainé. Là où l'action devient prévisible, c'est qu'à chaque fois qu'elle est envoyée quelque part, il se passe un évènement qui va chambouler la mission en cours, obligeant les responsables de la
Dollhouse de Los Angeles à trouver une solution. C'est toujours la même chose, tant et si bien que l'on risquera de s'ennuyer ferme. Ce qu'espèrent les scénaristes, c'est de réussir à nous captiver jusqu'en mi-saison. Pourquoi ? Notamment parce que dès le 8ème épisode, on entrevoit enfin une évolution dans le background qui ne va que se déployer arrivé à ce stade. Et dès lors,
Dollhouse deviendra passionnante.
Mais il faut y parvenir. Et en attendant de le faire, les épisodes de départ auront beaucoup de difficulté à nous intéresser, à cause de leur conception qui manque de punch, car les scénarios se focalisant sur Echo et sur Ballard - un agent du FBI qui va aider Caroline à recouvrir la mémoire - sont exaspérant. Il faut alors se rattraper sur les quelques épisodes se concentrant sur deux personnages secondaires, Sierra (
Dichen Lachman) et Victor (
Enver Gjokaj). Ces deux-là rattrapent à eux seuls le niveau du début de saison grâce à un jeu d'acteur absolument saisissant.
Passionnantes et prenantes, leurs histoires réciproques apportent un véritable cachet à la série. On retiendra aussi
Adelle (Olivia), la terrifiante mais excellente chef de la
Dollhouse de Los Angeles, et Topher (
Fran Kranz), le génie qui a conçu les disques durs disposant des différentes personnalités des dolls. Comme je vous le disais plus haut, ces différents personnages vont devenir de plus en plus intéressants, et ce, dès le huitième épisode, révélant leurs véritables personnalités, mais laissant judicieusement des parts d'ombres au tableau. Et grâce à un final bien dosé, la série achève sa première saison comme une grande.
Il faut aussi savoir que
Dollhouse dispose en l'état de 12 épisodes que la
FOX a effectivement diffusés. Or, dans l'attente d'un renouvellement qui se voulait incertain,
Joss Whedon et son équipe ont tourné un ultime épisode se voulant comme une conclusion à la série -et disponible uniquement dans le DVD US-, sans toutefois vraiment fermer les portes à une éventuelle saison 2. Appelé Epitath One, il s'intéresse au futur de notre monde (l'action se déroulant en 2019), alors que la technologie des
Dollhouse se retrouve entre de mauvaises mains. Cela aurait pu être un final extrêmement bien ficelé de par son scénario et sa réalisation époustouflante, mais le
13ème épisode fait plutôt office d'avertissement pour la seconde saison qui a débuté il y a quelques semaines aux Etats-Unis. Une chose est sûre, après avoir vu Epitath One, vous ne regarderez plus jamais
Dollhouse de la même façon, sachant de quoi le futur est fait. Et la question que l'on se posera à l'issue de la première saison est de savoir comment ces différents protagonistes vont faire évoluer le tableau à l'heure où le téléspectateur connaît le futur d'un projet ambitieux…
Dollhouse est une série imparfaite. Le potentiel n'est pas forcément exploité jusqu'au bout, mais il a le mérite d'être utilisé un minimum à partir de la mi-saison. Au final, il faut réussir à survivre jusqu'au 8ème épisode ; dès lors, le pouvoir d'attraction de la série ne pourra que vous emporter vers un avenir radieux.