De la Bande du Carré Blanc à Lucky Luke, revivez le parcours de Jean Dujardin, l'un des acteurs français les plus populaires du moment.
C'est le 19 juin 1972, à Rueil-Malmaison dans les Hauts-de-Seine, que naît Jean Dujardin. Avant de débuter dans la vie active comme miroitier et serrurier, il obtient un baccalauréat philosophie et arts plastiques. Il profite du service militaire pour aiguiser son talent comique et y trouvera une grande source d'inspiration. Il va ensuite se produire dans plusieurs bars parisiens mais c'est au Théâtre du Carré Blanc qu'il va faire une rencontre cruciale. En effet, il va y trouver Bruno Salomone, Eric Collado, Eric Massot et Emmanuel Joucla avec qui il formera la Bande du Carré Blanc. Ensemble, ils vont faire les beaux jours de l'émission animée par Patrick Sebastien, Fiesta, ce qui les révélera au grand public. Les compères deviendront ensuite les Nous c Nous, suite à la parodie de boys band à succès qu'ils effectueront ensemble.
Jean Dujardin va tirer son épingle du jeu dès 1997 où il va enchaîner trois victoires dans la catégorie « comiques » de l'émission Graines de stars. Et que dire de ce qu'il va construire dès 1999, si ce n'est qu'on peut parler d'une énorme notoriété. En effet, associé à sa future compagne à la ville Alexandra Lamy, il campe un Loulou inoubliable aux côtés de Chouchou dans la série Un gars, une fille, format court qui va rassembler des millions de spectateurs chaque soir sur France 2. Le succès est tel que le cinéma ne tardera pas à lui faire de l'œil et il va plutôt bien négocier la transition, en tous cas mieux qu'Alexandra Lamy.
Il faut attendre 2006 pour que Jean Dujardin tienne le premier rôle dans un film qui ravira la majorité de la presse et des spectateurs. Ce film, c'est bien entendu OSS 117, le Caire nid d'espions, où il incarne l'inénarrable agent Hubert Bonisseur de la Bath, dans une comédie politiquement incorrecte qui tacle sans sourciller là où ça fait mal. Brillamment mis en scène par Michel Hazanavicius, soigné dans ses décors et ses dialogues, le métrage rassemble plus de 2,3 millions de spectateurs en salles. Il va même convaincre l'académie des César qui va lui attribuer une nomination dans la catégorie meilleur acteur pour ce rôle en 2007.
Après son passage devant la caméra de Nicolas Boukhrief pour le précédemment cité Le Convoyeur, Jean Dujardin retombe dans une ambiance noire mais en ayant cette fois le premier rôle pour Contre-enquête, dirigé par Franck Mancuso, co-scénariste de 36 Quai des Orfèvres, où il incarne un flic de la crim' qui voit sa fille se faire assassiner. Ses collègues vont rapidement arrêter un suspect qui sera emprisonné. Mais ce suspect envoie une lettre qui sème le doute et oblige ce père de famille à mener sa propre contre-enquête. Si le film n'est pas une totale réussite, il a pour mérite de démontrer le talent dont fait preuve Jean Dujardin lorsqu'il s'agit d'incarner des personnages torturés.
Après avoir crevé l'écran avec Hubert Bonisseur de la Bath, Jean Dujardin incarne en 2007 un personnage tout aussi déjanté en la personne d'Octave, le publicitaire sorti de l'imagination de Frédéric Beigbeder, dans 99 F, dirigé par le cinéaste autant adulé que décrié Jan Kounen. 1,2 millions de spectateurs vont dans les salles pour voir les pérégrinations de ce publicitaire qui se rebelle contre le système. Avec ces deux coups d'éclat, Jean Dujardin est désormais un acteur qui compte dans le paysage cinématographique français et on va donc logiquement le retrouver au sein d'un film au casting ronflant (Jean Reno, Valeria Golino, Jocelyn Quivrin, Alice Taglioni, François Berléand, Clovis Cornillac…) dans Cash, film pourtant assez décevant réalisé par Eric Besnard. Il va ensuite pouvoir tourner aux côtés de son idole Jean-Paul Belmondo dans Un homme et son chien, de Francis Huster, qui ne rencontrera pas son public en salles.
Devenu une vraie tête d'affiche, on le trouve en 2009 dans deux grosses productions. En commençant bien évidemment par le retour dans les salles obscures d'Hubert Bonisseur de la Bath pour un OSS 117 : Rio ne répond plus gratiné, qui attire plus de spectateurs que le premier volet (plus de 2,5 millions). Cette fois, nous sommes en 1967 et l'agent très français doit se rendre au Brésil et faire alliance avec le Mossad afin de retrouver un microfilm détenu par des nazis. Le succès conjugué des deux volets encourage tout le monde à monter un troisième volet, ce qui sera chose faite quelques jours à peine après la parution des premiers chiffres de ce second opus - chiffres qui satisfont Gaumont. Ce nouveau volet se déroulera au début des années 80 où notre héros chauvin et macho, bedonnant et enlaidi, y assumerait complètement son homosexualité et aurait encore davantage perdu de sa superbe. Il serait cette fois envoyé sur le continent noir-africain pour une ultime mission. Une intrigue dans laquelle on pourrait retrouver en filigrane la 'Françafrique' de l'éminence grise Jacques Foccart ou encore l'affaire des diamants de Bokassa...
La seconde grosse production dans laquelle il apparaît en 2009 se nomme Lucky Luke, adaptation risquée s'il en est des aventures du célèbre héros de Morris et Goscinny, pour laquelle il retrouve son réalisateur de Brice de Nice, James Huth. Lorsqu'on sait que la dernière apparition du héros avait eu lieu dans le pitoyable Les Dalton, avec Eric Judor et Ramzy Bedia, il y a de quoi être inquiet sur la possibilité de faire vivre correctement cet univers sur grand écran. Voici donc que Jean Dujardin se glisse dans la peau du cow-boy qui tire plus vite que son ombre en étant entouré d'un casting composé de Daniel Prévost, Alexandra Lamy, Melvil Poupaud, Michael Youn ou encore Sylvie Testud. Avec un budget de 28 millions d'euros, autant dire que l'enjeu financier, et donc le risque pris par UGC, est grand.
A côté de son activité principale d'acteur, Jean Dujardin a également participé aux scénarios de Brice de Nice et Lucky Luke, mais est également passé derrière la caméra pour réaliser des épisodes de la série Palizzi, qu'il produit. Celle-ci relate la réinsertion dans la vie quotidienne d'Antonio Palizzi (Arsène Mosca), ancien caïd de Paris, qui sort de prison après 15 années d'incarcération. A la fois grande gueule et gros nounours, son personnage se situe entre Lino Ventura et Jacques Villeret. Ses passions ? De Daniel Guichard à Mickey Parade, en passant par les coquillettes à la Vache qui rit ou encore le porno et les jeux télévisés. Après avoir été diffusée sur 13ème Rue, la série s'est offerte au grand public par le biais de France 4.
Dans le futur, on va le voir devant la caméra de Nicole Garcia dans Un balcon sur la mer où il incarnera un quadra marié retrouvant par hasard une amie d'enfance dont il va tomber amoureux, avant d'apprendre que cette femme est en fait morte de nombreuses années auparavant. On le verra également sous la direction de Guillaume Canet dans Les Petits mouchoirs, où il côtoiera un casting fourni composé également de François Cluzet, Marion Cotillard, Benoît Magimel, Gilles Lellouche, Laurent Lafitte, Valérie Bonneton, Pascale Arbillot, Anne Marivin ou encore Louise Monot. En projet, on trouve également le film réalisé et scénarisé par Alexandra Lamy, Le Camisard, portrait de Jean Cavalier, jeune paysan né en 1661 et devenu un célèbre chef camisard.
Actuellement en pleine gloire, Jean Dujardin est l'un des acteurs français les plus talentueux et influents de sa génération. On attend la suite avec grand intérêt.