Les femmes au foyer désespérées reviennent pour une cinquième saison, chaque mardi à 20h50, sur M6.
Depuis la fin de la saison 4 et de ses évènements particulièrement excitants, il s'est passé 5 ans à Wistera Lane. Un bon en avant qui va catapulter nos jeunes femmes dans un futur pas vraiment idyllique, avec tous les problèmes qui vont de paire. Pourtant, la quatrième saison était assez bonne, bien que témoignant de quelques faiblesses scénaristiques, mais Marc Sherry et ses scénaristes ont souhaité plus qu'un nouveau personnage, un renouveau qui va entacher la série et la rendre bien moins convaincante qu'avant. Commençant très bien, comme à l'habitude, les différents épisodes vont petit à petit égratigner ce qui a fait la réputation de la série, à savoir l'originalité.
Mais avant tout, ce bon en avant va permettre aux différents personnages de changer, plus que l'on ne l'espérait. On retiendra notamment Gabrielle (Eva Longoria) qui a pris beaucoup de kilos et surtout… deux enfants ! Deux petites filles pour être précis, après que son mari soit devenu aveugle lors de la tornade de la saison 4. Du coup, la jeune femme va se laisser aller, et jouer son rôle de mère à sa façon. Mais voilà, l'idée excellente va faire rire au début, mais au fil des scénarios, elle va redevenir la Gaby d'avant et retomber dans la monotonie de son personnage. Qui plus est, elle va devenir plus compatissante, alors que notre préférence va clairement à son côté sarcastique vipère. Si Eva Longoria interprète toujours aussi bien son personnage, ce sont plutôt les scénaristes qui ont fait l'erreur de le sous-estimer.
Le premier épisode permet également d'en savoir plus sur le cliffangher de la saison 4, car Susan n'est plus avec Mike. La cause est connue dès le départ, à savoir un accident de voiture qui va causer la mort de deux personnes et qui va tuer ce couple qui a mis si longtemps à se construire. Alors, notre Susan n'a pas vraiment changé physiquement, mais sentimentalement, elle est plus sure d'elle. La preuve : elle s'entiche d'un jeune peintre (
Gale Harold). Mais là aussi, son personnage va régresser au fil de la saison, et devenir complètement nunuche et pitoyable. S'il sera au centre du scénario fil rouge de cette cinquième année, il va tout de même devenir franchement inintéressant. Il y a également Katherine qui s'était clairement imposée durant la saison 4, mais encore une fois, les scénaristes vont la délaisser, bien qu'elle ait droit à quelques épisodes caustiques mettant en avant sa nouvelle relation avec l'un des ex de Susan. Surprenante relation par ailleurs et qui va amener de nombreux moments assez drôles.
Rapidement, on passera sur le personnage de Bree qui est devenu la parfaite cuisinière, reine d'une entreprise prolifique après que son livre ait si bien marché. Elle va s'associer avec son fils (Andrew) mais va surtout faire face à la cleptomanie nouvelle d'Orson, son mari. Mais celle qui va prendre le plus d'importance c'est Susan, et sa tribu. Les Scavo sont en effet devenu grand et les enfants avec ! Lynette va reprendre le travail, tandis que son mari va complètement chavirer dans la crise de la quarantaine et tout plaquer pour ses délires. Ces soucis vont s'additionner à ceux des jumeaux Porter et Preston qui malgré leur adolescence vont causer bien des problèmes à Lynette à commencer par un incendie (ou presque) qui va causer la mort d'un psychiatre qui jouera un rôle important dans l'histoire, malgré sa mort. De grands moments de plaisir, mais aussi d'émotions qui démontrent encore une fois l'excellente faculté qu'a
Felicity Huffman à changer de personnalité en quelques minutes seulement.
Mais venons-en aux faits. Le fil rouge de la saison qui est avant tout basé sur un accident de voiture. Un simple, mais tragique accident qui va nous mener vers Dave Williams (
Neal McDonough), un dangereux psychopathe qui va en vouloir aux personnes responsables de cet accident. Bien qu'excellent, l'acteur n'arrive vraiment pas à nous émouvoir, ni même à nous surprendre. Le scénario autour de lui est prévisible, et même le final de la saison ne parvient pas à nous tirer une larme, on connait déjà la fin avant même d'avoir vu l'épisode. Et c'est vraiment ça qui va causer le plus de tort à
Desperate Housewives, il est là le manque d'originalité. Bien que plaisants, les épisodes qui tourneront autour de Dave ne seront finalement que 42 minutes parmi tant d'autres.
Un dernier mot, comme à chaque saison, la série dispose d'un épisode fort, on se souvient de la tornade durant la saison 4, ou même la prise d'otage durant la saison 3. Cette année, les
Desperate Housewives vont faire face à deux épisodes intenses. Le premier n'a aucun rapport avec l'intrigue en cours et nous y avons déjà consacré un article : le 100ème épisode. Il va s'intéresser à un personnage que l'on n'a jamais vu dans la série, mais qui va nous en apprendre beaucoup sur les protagonistes principaux. Du plaisir en barre. Mais surtout, l'évènement de la saison sera bien évidemment la mort d'Eddie Britt. Impensable durant la quatrième saison, cette mort devient quasiment obligatoire au fil de la cinquième, et de plus en plus, on découvre deux choses : que les scénaristes ont épuisé les possibilités avec ce personnage et qu'Eddie et devenu plus que dispensable. Ainsi, sa mort n'est pas vraiment quelque chose de fort, et l'épisode centré autour d'elle est ennuyant à mourir.
On ne pourra pas reprocher à Marc Cherry d'avoir voulu du changement, et clairement, ce bon de 5 ans en avant a permis à la série d'évoluer. Mais les scénaristes ont tenté beaucoup de choses à tort, ce qui n'a pas franchement relevé le niveau de Desperate Housewives. Gageons qu'avec la saison 6, ces « tests » scénaristiques portent leurs fruits.