L'heure est aux changements dans la saison 9 des Experts. Pour le meilleur, comme pour le pire.
A la toute fin de la saison 8, Warrick Brown se fait tuer. Le début de cette saison 9 est donc lancé sur les chapeaux de roues, émotionnellement parlant du moins, et permet un retour rapide de Sara (les fans seront contents). La série s'attache ensuite à divers problèmes personnels comme les légères dérives adolescentes de la fille de Willows, et quelques pics mettent en danger la vie de nos experts dans une paire d'épisodes bien rythmés. C'est donc une saison fondée un peu plus sur l'émotion et les personnages que d'habitude. Il faut dire qu'après le départ de Sara puis de Warrick et, dans le courant de l'année, de Grissom, il est temps pour les scénaristes de resserrer les rangs des fans en leur rappelant qui sont leurs héros.

Dès le début de saison, une nouvelle arrive : Riley Adams vient prendre la place laissée vacante par la mort de Warrick Brown et permet donc aussi de remplacer un peu Sara. Elle arrive dès le troisième épisode et s'intègre parfaitement à l'équipe ; on oublie même, en cours de saison, qu'elle n'était pas là avant. La saison 10 laissera malheureusement partir le personnage (l'actrice veut s'en aller), ce qui est bien dommage. Parallèlement, on se focalise bien plus sur l'équipe du labo – une évolution déjà amorcée la saison précédente. David Hodges continue de prendre de l'importance, et les autres, Wendy particulièrement, aussi. Cela culmine avec l'épisode 20, A Space Oddity, complètement décalé et rafraichissant ; cette évolution générale permet souvent un humour décalé ou de petites expériences amusantes.
Mais le changement le plus important, c'est bien sûr le départ de Grissom, chef adulé par ses sous-fifres comme par les fans de la série, remplacé par Raymond Langston (
Laurence Fishburne), ancien médecin et actuel professeur qui n'a aucune formation d'enquêteur et n'a de commun avec Grissom que la carrure. Les premiers épisodes avec lui sont amusants, la série nous permettant de suivre sur le terrain son apprentissage des méthodes d'investigation, mais le personnage en lui-même n'est pas intéressant et n'arrive pas à la cheville de l'ancien chef. Quant à l'épisode 200, symbolique et fort attendu, il est sabordé : les scénaristes ont voulu frapper un grand coup en se concentrant sur Langston, la victime étant une de ses anciennes élèves. Mais c'est un beau coup d'épée dans l'eau, et l'échec est d'autant plus important que l'on voit bien les efforts mis dedans.
Mais l'arrivée de ce personnage encombrant ne veut pas dire que l'on doit jeter toute la saison : il reste toujours quelques bons épisodes bien tournés, comme
Art imitates life (3), ou
Say Uncle (6) qui, avec
Turn, turn, turn (16), sort des sentiers battus en jouant sur la ligne de temps. On en avait déjà eu quelques uns dans les autres saisons, mais on apprécie toujours ces déconstructions qui renouvellent un peu le « who-dun-it ». Mais il faut tout de même reconnaître que la plupart des bons épisodes de cette saison se trouvent avant le tournant du double épisode 9-10 marquant la fin de Grissom (1h20 d'ailleurs bien employée), les épisodes suivants étant beaucoup trop orientés pour nous faire aimer le nouveau personnage, pour qu'on puisse réellement accrocher.
On retiendra surtout de cette saison très inégale le départ de Grissom et son malheureux remplacement avec Langston, mal goupillé. La série, malgré les transformations plus ou moins heureuses de cette saison, garde encore son esprit mais risque de perdre ses fans si elle ne se rattrape pas.