Humour, trahison et drame, tels sont les maîtres mots de cette courte quatrième saison, actuellement diffusée sur M6 chaque mardi dès 20h40.
Desperate Housewives a toujours réussi à surprendre. Depuis son lancement sur
ABC il y a 6 ans, la série a su nous tirer des larmes, nous faire rager et nous passionner. Et encore une fois, cette quatrième saison ne déroge pas à la règle puisqu'en seulement 17 épisodes, la série va parfois donner ce qu'elle sait faire de mieux, mais également ce qu'elle sait faire de pires. C'est un peu la tradition : nous avons un début de saison excellent, mais par manque d'inspiration les scénaristes touchent très vite les limites de l'histoire principale.
On retrouve pourtant la fraicheur qui fait que les actrices restent attachantes. Pour commencer, le cliffhanger de la troisième saison trouve sa résolution dès le premier épisode, Eddie tente en effet de garder Carlos dans une scène drôle mais pourtant dramatique de faux suicide ; mais celle qui va réellement se détacher cette saison, c'est Bree (
Marcia Cross). Son personnage de sainte nitouche coincée et stricte va se révéler : il faut dire qu'on l'avait laissé complètement dépitée par une situation familiale catastrophique, un fils gay, une belle-mère folle, l'alcoolisme et j'en passe. Grâce à l'aide de son nouveau mari, Orson, elle va redresser la barre… pour notre plus grand plaisir. Avec elle, on retrouve la petite nouvelle, Katherine Mayfair, qui est en fait une copie de Bree. La compétition va alors permettre aux deux jeunes femmes de s'envoyer des coups bas extrêmement drôles, ce qui relèvera le niveau, en baisse, des autres personnages. Le duo « démoniaque » va ensuite s'entraider pour former un tout, et ainsi donner quelques scènes touchantes.
Mais au final, on retiendra un épisode en particulier durant cette saison. En effet, il fut annoncé comme un véritable évènement, et la promo diffusée par
ABC avait le mérite de nous donner l'eau à la bouche : Wisteria Lane est le théâtre d'une catastrophe naturelle. Un épisode à grand spectacle à coup sûr, qui aura permis à la série de nous tenir en émoi grâce à des scènes chocs, comme lorsque Lynette se rend compte que sa maison, où se trouve toute sa famille, se trouve complètement détruite après le passage de la tornade. Il s'agit alors du neuvième épisode de la saison 4, et à partir de là, la qualité scénaristique va petit à petit baisser jusqu'à, fort heureusement, remontre la pente lors du dernier épisode.
En effet, les épisodes suivants vont tous, sans exception, se passer dans un calme relativement plat. Les scénaristes ne prennent plus de risques, alternant entre le très mauvais et le moyen, on s'ennuie pour une bonne part de cette seconde partie de saison. L'humour est toujours là, et Susan et Gaby nous le prouvent grâce à des dialogues bien sentis, mais c'est tout. L'intrigue principale reste toutefois relativement bonne, puisque l'on va s'intéresser à Katherine Mayfair : cette dernière revient à Wisteria Lane avec sa fille après des années d'absence. Cette ancienne amie de Susan va se révéler pleine de secrets puisque derrière son bonheur de façade se cache une femme meurtrie par un ex-mari violent. Bien entendu, et comme on pouvait s'en douter, il va refaire surface dans un final judicieusement dosé et fort en rebondissements, laissant nos
Desperate Housewives dans un cliffhanger énorme, nous donnant rendez-vous pour une saison 5 que l'on espère bien meilleure.
La qualité de la première partie et du season-finale n'efface malheureusement pas une ardoise pleine de défauts pour cette quatrième saison. Les histoires en cours restent sur des acquis qui commencent sérieusement à s'effriter au fil des saisons. Gageons que la cinquième saison, servie par un cliffhanger de choc, relèvera le niveau.