- Comment s'est déroulée la réalisation du film ? Vous êtes-vous fixé des limites que vous n'aviez pas dans la série ?
Albert Pereira Lazaro : Non, pas du tout, Lascars, c'est un ton, une esthétique, si on fait un film sur Lascars, ce n'est pas pour perdre ce qui fait l'essence même de la série. Dans la série, il y a tout cet aspect visuel et réaliste, les histoires humaines de la rue, ça ne servait à rien de faire un long métrage si c'était pour perdre l'univers de la série.
Izm : Si on commence à faire un film qui se fixe des limites, on perd toute l'essence des Lascars. Justement, le ton faisait parti des choses qu'on voulait absolument garder.
- Pour beaucoup de monde, la sortie d'un film signe également la fin de la série éponyme, est-ce le cas pour Lascars ?
Albert Pereira Lazaro : Non, au contraire, il y a eu une saison 2 pour rappeler aux gens qu'il existait une série basée sur Les Lascars. Une nouvelle saison permettra aux gens de se rappeler ce que sont les lascars. Mais il y a aussi une BD qui existe en parallèle, qui reprend les personnages du film. C'est un univers riche qui se décline sur de nombreux formats.
Izm : Le film nous permet de jouer dans la cours des grands ; le cinéma ce sont des moyens différents, une façon de faire différente. D'ailleurs si ça foire, il n'y aura pas de suite (rire).
- Vous êtes confiant par rapport à la sortie du film ?
Albert Pereira Lazaro : Nous avons fait notre maximum, nous n'avons aucun regret. On a fait le film que l'on voulait faire ensemble, avec du cœur. La démarche, elle est sincère, que le film marche ou pas, c'est quelque chose qui transparait, ce n'est pas une entreprise mercantile qui a développé le film, au contraire, c'est quelque chose qui a été fait en équipe avec de bonnes bases. Je kifferai de voir ce film au cinoche, c'est une œuvre collective.
Izm : On a fait ce que l'on avait à faire, « on ne laissera pas les gens indifférents et le film ne passera pas inaperçu » (rire). On est content du film, le reste, c'est le destin !
- C'est difficile d'écrire un scénario d'un film basé sur une série ?
Izm : Oui, honnêtement ça n'a rien a voir. Les scénarios des épisodes sont plus courts, on s'attarde sur une situation courte, une sorte de petit sketch. Un scénario c'est un gros bouquin qu'il faut remplir. Il faut faire en sorte que les gens ne s'emmerdent pas, que l'histoire évolue. Là, il y a des personnages récurrents afin de développer une intrigue digne de ce nom. Il a fallu 5 ans pour développer une intrigue digne de ce nom et de nombreux remaniements.
- Izm, est-ce que vous êtes vraiment comme votre personnage à l'écran ?
Izm : Non (rire) ! Mais en même temps, t'es marrant toi, si t'appelle ta copine et que tu entends ce que tu entends dans le film, c'est un petit peu déroutant. Il a un petit peu le sang chaud le José.
- Vous avez aimé donner la réplique à Diane Kruger en particulier ?
Izm : Ouais, mais en même temps, vue ma position, j'ai eu la chance de donner la réplique à tout le monde lors des lectures. Parfois nous ne sommes pas ensemble, il fallait alors donner un peu de jus. Dans le cas de Diane Kruger, il y avait un parfum particulier car en même temps… c'est Diane Kruger (rire) ! Mais encore, on a viré des trucs qui étaient limites. Elles ne sont pas dans le film de toute manière (rire), c'était une super expérience en tout cas, avec tous ces comédiens, Omar Sy, Fred Testot, Vincent Desagnat, Diam's…
- Le métier de comédien de doublage est réputé comme particulièrement difficile, comment se sont passés les enregistrements sur Lascars ?
Izm : Il ne s'agit pas de doublage, en effet, nous avons enregistré les voix, avant que les premières images sortent. Ce qui veut dire que nous avions des sessions d'enregistrements sans images (contrairement aux films d'animations, ndlr), pour que les réalisateurs s'adaptent à nos mimiques de langages vis-à-vis de nos personnages. On a des indications bien évidemment, mais l'on reste globalement bien plus libre que dans du doublage traditionnel.
Albert Pereira Lazaro : C'est pour ça que le casting est aussi prestigieux, c'est parce que les comédiens avaient envie, le projet leur plaisait avant tout. C'était une première pour tout le monde, à part Vincent Cassel.
- N'avez-vous pas peur que les images que vous véhiculez dans Lascars soient incomprises au final ?
Izm : Non, je ne pense pas. Tout le monde s'en prend plein la gueule, il y a des clichés sur tout le monde. C'est le langage que l'on utilise tous les jours, et le scénario reste de l'autodérision, non pas de la stigmatisation. On a fait une comédie avec un univers que l'on connaissait.
- Pensez-vous que le film Les Lascars fait partie de la nouvelle génération de films d'animation et qu'il peut faire face au mastodonte Pixar, qui joue sur le même créneau ?
Albert Pereira Lazaro : C'est une alternative. En France et en Europe, on évite de se distinguer en essayant de faire comme les américains. Si les gens veulent voir du Disney, ils iront voir du Disney, et pas du sous-Disney avec un budget forcément plat. Nous on propose autre chose, c'est un ton, une esthétique bien particulière. C'est un vrai film, on ne s'est pas posé la question « comment ils font les américains »… C'est une alternative forte dans les choix à Pixar.
Izm : Si Lascars marche, ça montre que l'on peut faire énormément de choses avec l'animation, Lascars c'est pas un film « de suckers » (rire) !