Dr. House est une série hospitalière créée par David Shore et produite par Bryan Singer intégrant les composantes des séries policières telles CSI pour se différencier de ses nombreuses ainées (Urgences, Chicago Hope...).
On y suit bien évidement le Dr. Gregory House, responsable du Département des Diagnostics, accompagné de son équipe : l’immunologue Allison Cameron, le neurologiste Eric Foreman et le spécialiste en soins intensifs Robert Chase. Auxquels s’ajoutent l’oncologue James Wilson et l’administrateur du Princeton-Plainsboro Teaching Hospital, Lisa Cuddy. Ce département a pour fonction de résoudre les cas les plus complexes, le plus souvent spectaculaires, auxquels les autres médecins n’ont su apporter de réponse.
La qualité première de la série est son originalité, qu’elle soit dans le traitement narratif ou le ton adopté. D’un point de vue narratif, cela se traduit par la structure des épisodes présentant les cas médicaux comme des enquêtes à résoudre entrainant ainsi son lot de maladies « suspectes » qu’il faut faire avouer, d’investigations sur les « scènes de crime »… le tout chapeauté par House, dont la sureté des avis et la perspicacité peuvent évoquer les profilers. Concernant le ton, il s’incarne par la personnalité atypique du Dr. House, moteur de la série. Chaque personnage évolue ainsi de façon diamétralement opposée à son contact couvrant ainsi un large spectre psychologique, de l’admiration à la haine. Cette originalité permet également d’appliquer une écriture corrosive et de traiter les maladies et thèmes habituels - l’homosexualité, la religion, l’amour, les pressions sociales s’exerçant à diverses échelles, les relations père-fils… - sous un nouvel angle alliant drame et comédie jubilatoire.
Après une première moitié de saison présentant succinctement les protagonistes et mettant en place les mécanismes narratifs, la dramaturgie s’offre plus de libertés dans la seconde partie s’affranchissant du carcan restrictif de l’hôpital pour construire la mythologie des personnages. Spécialement pendant la période Vogler qui révèle les personnalités et intronise définitivement House, avant de culminer lors des deux derniers épisodes. La direction artistique est elle aussi de très grande qualité puisqu’outre une plume profonde et intelligente et un thème composé par Massive Attack, la réalisation est extrêmement soignée.
Soutenue par une photo aux teintes cliniques, elle sait, au choix, se faire efficace ou opérer en retenue. Elle est de plus aidée par des effets spéciaux – aussi bien numériques que physiques - de qualité renforçant l’immersion. Deux épisodes ont d’ailleurs été dirigés par
Bryan Singer. Les acteurs principaux sont bien sûr excellents dans leurs rôles respectifs, même si tous les regards se portent sur
Hugh Laurie qui offre une composition extraordinaire. On retrouve aussi avec plaisir le trop rare
Omar Epps. On remarquera d’autres performances notables parmi les rôles non récurrents comme celle de
Dominic Purcell (Fidelity),
Leslie Hope (Histories),
Harry J. Lennix (DNR),
Joe Morton (Role model) ou encore de la jeune
Skye McCole Bartusiak (Kids), sans oublier
Chi McBride dans le rôle d’Edward Vogler. On appréciera également les caméos de
Bryan Singer et Brandy et l’on se délectera de celui de
Carmen Electra.
Au final une très bonne première saison posant les bases et augurant du meilleur pour les saisons à venir d’une série qui s’annonce incontournable. Le public américain ne s’y est pas trompé, la série étant passé de 7 millions de spectateurs lors du pilote inaugural à 20 pour le final de la première saison, pour être dorénavant suivi par plus de 30 millions de personnes chaque semaine.
Ci-dessous une présentation succincte des personnages :
Dr. Gregory House (
Hugh Laurie):
Médecin au franc-parler sûr de lui, asocial et anticonformiste doté d’une très grande perspicacité et pratiquant un humour à froid aux frontières de cynisme, House ne se fie qu’aux symptômes et fuit au maximum les patients et leurs mensonges afin d’éviter toute implication émotionnelle et de pouvoir prendre les décisions qui s’imposent de manière la plus juste. Il a fait sien ce modus operandi depuis le diagnostic tardif d’un infarctus de la cuisse droite qui l’a laissé estropié et accro aux antidouleurs, n’hésitant pas à prendre des risques pour cela. Séparé de sa femme et totalement dévoué à son travail, il a quand même quelques hobbies tels que sa Game Boy Advance, la musique ou bien le soap General Hospital.
Dr. Lisa Cuddy (
Lisa Edelstein):
Administrateur de l’hôpital, elle s’est battue pour obtenir House qu’elle considère comme un grand médecin. Officiant en tant que garde-fou envers lui, l’obligeant à respecter son nombre d’heures de consultations à la clinique et l’empêchant de dépasser les bornes, elle sait aussi être un soutien de poids quand cela le nécessite. Pas étonnant qu’elle et House entretienne des rapports conflictuels, cependant matinés d’une certaine tension sexuelle.
Dr. Eric Foreman (
Omar Epps):
Neurologiste afro-américain, ancien délinquant juvénile, diplômé de la Johns Hopkins Medical School, brillant et sûr de lui, tout comme House, il n’hésite pas à manifester son désaccord entraînant quelques conflits. Au premier abord, plus intéressé par la réflexion empirique, il fait ensuite preuve d’une humanité insoupçonnée. House l’a embauché pour son « sens de la rue », indispensable aux futures expéditions qu’il commandera.
Dr. Robert Chase (
Jesse Spencer):
Spécialiste en soins intensifs d’origine australienne, issu d’une famille dysfonctionnelle aisée dont le père est également médecin. Ayant échoué au séminaire, il s’est orienté vers la médecine. Ambitieux et amoral il n’hésite pas à profiter des opportunités qui s’offrent à lui.
Dr. Allison Cameron (
Jennifer Morrison):
Immunologue, précédemment interne à la Clinique Mayao, elle est très sensible et empathique envers les patients, comme l’atteste son histoire personnelle mais manque de confiance en elle. Elle a été embauchée par House en raison de sa beauté, qui prouve sa combativité selon lui.
Dr. James Wilson (
Robert Sean Leonard):
Oncologue, unique ami fidèle et confident de House depuis des années. Discret, posé, réfléchi, il est l’opposé de House.