Après avoir chassé le burger, Harold et Kumar reviennent en dvd dans la suite de leurs absurdes aventures.
Sortie le 09 Avril 2009
Caractéristiques :
Format : 16/9 compatible 4/3 – 1.85
Langues : français et anglais, Dolby Digital 5.1, sous-titres français
Durée : 1h36
Le film :
Sorti en catimini au cinéma en France,
Harold et Kumar s'évadent de Guantanamo est la suite directe du précédent épisode, Harold et Kumar chassent le burger (originellement
Harold et Kumar go to White Castle), qui n'avait eu droit qu'à un aller simple à destination des bacs de dvd.
Après leur précédent périple et une belle indigestion, les deux comparses décident de filer vers Amsterdam pour rejoindre la nouvelle petite amie d'Harold, la jolie Maria, et s'offrir une belle défonce. Sauf qu'un quiproquo les mènera plutôt dans le centre de détention de Guantanamo Bay. S'ensuivront alors de nouvelles péripéties à travers les Etats-Unis.
Ce nouvel opus prêche donc les convaincus et ne devrait pas faire changer d'avis les réfractaires, puisqu'il reprend le principe du premier épisode, similaire à celui de
After Hours ou
Grégoire Moulin contre l'humanité, soit une pérégrination vers un unique but dans un temps donné. Sauf que, comme toute suite, la surenchère se doit d'être de mise. Les Etats-Unis remplacent donc le New-Jersey, l'aventure passe d'une nuit à plusieurs jours, mais l'humour (et la réalisation des plus classiques) reste le même. Davantage de l'ordre de la blague de potache que du trash à tout prix, le film convie tout de même sperme, urine, déjection, pénis et vagin pour l'aspect en dessous de la ceinture, alcool, herbe et champignon pour l'aspect relaxant, et vannes racistes en nombre pour le coté politiquement incorrect. Nouveau plat, ingrédients d'origine donc, pour un agréable spectacle sans prise de tête excessive qui accumule les nouveaux écueils en tout genre et les clins d'œil complices. Au programme, sandwich à la b***, fête bottomless, virée chez d'accueillants rednecks, détour par une maison close, nouveaux caméos de
Christopher Meloni et
Neil Patrick Harris, une licorne… le tout est bercé par une bande-originale idoine, dont un savoureux
My dick.
Selon cette volonté d'en proposer davantage, la surprise provient d'un fond gentiment conscient. Là où la virée initiale au fast-food affichait une vacuité ludique revendiquée, ce road-trip s'autorise à être plus « sérieux ». En approfondissant son rapport aux personnages tout d'abord, à travers l'amitié d'Harold et Kumar et leurs histoires d'amour respectives, dont celle de Kumar touchante de naïveté. Ensuite, par le message de liberté prôné clairement, sans être appuyé : liberté d'être différent, liberté d'aimer son pays sans souscrire à la politique gouvernementale (puisque que l'on était encore sous la présidence de
Georges Bush), liberté de fumer de bons gros joints de Marijuana… Cette affection envers ses personnages et leurs valeurs place ainsi
Harold et Kumar s'évadent de Guantanamo dans la lignée d'un
Clerks II de
Kevin Smith par exemple, mais un cran en dessus tout de même. C'est déjà pas mal.
Technique :
Rien à redire sur les conditions techniques dans lesquelles le film est présenté, la qualité d'image étant au rendez-vous et les pistes 5.1 bien enveloppantes. Même si la piste française demeure honnête, on lui préférera tout de même l'anglophone, ne serait-ce que pour l'immersion.
Bonne chose, la possibilité est offerte de visionner le film en version originale sous-titrée ou non. Tout de même, petit bémol quant à la traduction lorsque l'on opte pour la vost, puisque les sous-titres proposent un ton adouci et pas totalement dans l'esprit par instant, comme c'est malheureusement souvent le cas avec le travail d'
Alain Delalande.
Les bonus :
Le commentaire audio :
Gros bémol pour ce commentaire audio qui n'est présenté qu'en anglais non sous-titré, réduisant ainsi drastiquement les personnes susceptibles d'un profiter. Pour les anglophones, il fait intervenir les deux réalisateurs du film,
Jon Hurwitz et Hayden Scholssberg, le vrai
Harold Lee qui a inspiré le personnage éponyme et
James Adomian, interprète de
.
Malheureusement, le ton de l'ensemble reste constamment dans la private joke, les deux réalisateurs ne cessant de relancer James Adomian en tant que président, entrainant moult imitations et traits d'humour à l'efficacité relative. A l'occasion, sont tous de même évoquées quelques anecdotes sur les acteurs ou les lieux de tournage, mais rien de véritablement indispensable.
Le monde d'Harold et Kumar :
Très classique, ce petit module d'une vingtaine de minutes mélange images de plateaux et interviews durant le tournage. Evidemment tout le monde y est très fier de ce qu'il accomplit, et est de très bonne humeur. Néanmoins, contrairement à d'autres bonus du même type, on ressent une certaine franchise dans le propos, le fait de tourner une comédie de ce type facilitant la chose.
Les différents intervenants (réalisateurs, acteurs…) évoquent ainsi succinctement l'évolution entre les deux volets, le rapport à ce duo comique, la nécessité de faire revenir les personnages marquants du premier volet, ou encore l'absurdité et le politiquement incorrect déployé. On n'y apprend rien de véritablement exceptionnel mais cela illustre bien le côté aventure humaine que fut le tournage. De plus, ce making-of prolonge l'humour du film à travers les interviews de John Cho et Kal Pen notamment, mais aussi par des extraits et répliques qui ne se retrouvent pas dans le résultat final.
Les scènes coupées et alternatives :
Les scènes supplémentaires sont regroupées en deux catégories distinctes, coupées et alternatives. Sauf qu'au visionnage on se rend compte que la séparation est très arbitraire. Les réunir toutes sous la même bannière auraient donc été plus judicieux.
Ainsi l'on retrouve 18 scènes dites coupées (19 min) et 9 alternatives (7min). Elles sont assez diverses puisqu'on y voit certaines déjà présentes dans le long-métrage avec seulement quelques répliques ajoutées, des variations autours d'un même gag ou encore des séquences entièrement inédites. A travers cela se dessinent quelques storylines additionnelles enrichissant tel ou tel personnage, mais surtout le tâtonnement et les essais aux tournages afin de trouver les gags et situations les plus efficaces, pour enfin les trier sur la table de montage. A noter que la présence de certaines scènes à la fois dans cette catégorie et dans le making-of fait un peu redite.
Le message de Bush :
Petit sketch montrant le président Bush du film vanter les mérites d'Harold et Kumar s'évadent de Guantanamo, ce supplément a un intérêt limité puisqu'il est plus un « bout à bout » de répliques, parfois drôles, qu'un véritable gag travaillé.
Sont aussi disponibles le teaser (vo) et les bandes-annonces tout public et osée (vf/vost) d'Harold et Kumar s'évadent de Guantanamo, plus celles du catalogues Metropolitan.
Au final, aussi sympathiques soient-ils, ces bonus apportent peu aux fans du duo. Pire, l'absence de profondeur qui s'échappe des interventions des réalisateurs amoindrit presque l'affection que l'on peut avoir pour le film. Rien ne sert donc de vouloir créer à tout prix un contenu pour une future édition dvd, si tout ce que l'on a à dire se trouve déjà dans l'œuvre en question. D'autant plus qu'il manque le seul bonus qui aurait pu avoir un réel intérêt, le court-métrage faisant suite à ces aventures, Harold & Kumar go to Amsterdam.
Interactivité :
- Commentaire audio des deux réalisateurs/scénaristes, du vrai Harold Lee et du faux Georges Bush (vo)
- Le monde d'Harold et Kumar (making of vost, 21 minutes)
- Les scènes coupées (vost, 19 minutes)
- Les scènes alternatives (vost, 7 minutes)
- Le message de Bush (vost, 2 minutes)
- Les bandes annonces
Agréable stoner comédie, Harold et Kumar s'évadent de Guantanamo hérite d'une édition dvd frustrante aux bonus trop frivoles pour en apprendre davantage.
Prix public conseillé : 19,99€