Devant vos grands yeux émerveillés, Edith Piaf ressuscite dans tous les cinémas français. Et derrière les trois à six heures quotidiennes de maquillage : Marion Cotillard. Portrait de l'actrice à travers diverses périodes de sa carrière…
Ses débuts
Marion Cotillard est née à Paris le 30 septembre 1975, dans une famille aux fortes propensions artistiques : ses parents sont comédiens, l'un de ses frères est écrivain et le deuxième artiste, et dès toute jeune elle aime chanter (on l'entend dans
Les Jolies choses). Porte-parole de Greenpeace, elle s'est toujours intéressée à l'environnement et a participé à "Dessins pour le climat", un album édité en partenariat avec Glénat.
Après une apparition dans un épisode d'
Highlander un an avant, l'actrice obtient en 1994 un petit rôle dans
L'Histoire du garçon qui voulait qu'on l'embrasse, son premier film. L'année 1996 est une année faste ; elle joue dans trois films, un court-métrage, une série et un téléfilm :
Chloé. Le téléfilm lui offre son premier grand rôle ; certains ont aussi pu la repérer dans
La belle verte, un film écolo de
Coline Serreau : cette dernière est une extra-terrestre venant d'une planète qui envoie régulièrement ses membres dans la galaxie pour aider les populations à évoluer, à être plus près de la terre : une idée qui n'a pu que séduire
Marion Cotillard, qui joue ici une jeune infirmière qui kidnappe un enfant malade sans mère.
L'heure de gloire
Il faut attendre 1998 et le premier
Taxi pour que le grand public la découvre : tout le monde se souvient de Lily, la copine de Daniel (
Samy Naceri), qui attend le chauffeur de taxi en faisant des gâteaux. Elle aura jusqu'à
Taxi 2 des petits rôles dans divers films, mais au moins elle est maintenant connue de gens autres que ceux qui ont la manie de partir à la chasse aux petits seconds rôles ;
Taxi 3, en 2003, fera se déplacer plus de 6 millions de spectateurs. Avec cette série de films, produite par
Luc Besson,
Marion Cotillard montre à tout le monde qu'elle peut exceller dans le registre « comique de foule », ce qui étrangement ne lui rend pas service au départ : le grand public, qui ne la connaît que par ces films, l'apprécie mais la catalogue.
Elle aurait pu rester cloisonnée à ce genre de rôle, mais a eu l'intelligence de rebondir. C'est en 2001 avec
Les Jolies choses, de
Gilles Paquet-Brenner d'après le roman homonyme de Virginie Despentes, qu'elle montre réellement de quoi elle est capable en incarnant deux sœurs jumelles aux caractères totalement opposés. Mais le film passe un peu inaperçu, et n'atteint pas les 200 000 entrées ;
Jeux d'enfants, en 2003, rencontre, lui, son public (1 million d'entrées, d'autant plus remarquable que c'est le premier film de son réalisateur
Yann Samuell) – surtout qu'à cette période, son partenaire
Guillaume Canet, qui vient de faire
Mon Idole, a de nombreux (ou nombreuses ?) fans.
Marion Cotillard y interprète une jeune femme qui continue de jouer à « cap ou pas cap » avec son ami d'enfance dont elle se découvre petit à petit amoureuse. Tout le monde connaît alors l'actrice, et son travail est maintenant reconnu par les critiques (qui l'avaient repérée depuis un moment déjà) comme par le grand public.
Le quart d'heure américain
Marion Cotillard a su entrer dans le cinéma international par la porte des grands réalisateurs : son premier rôle étranger, c'est chez
Tim Burton qu'elle le trouve, dans
Big Fish en 2003 ; même si sa partie n'est pas très importante, les Etats-Unis la connaissent désormais et ne comptent pas l'oublier. Elle a par la suite joué dans deux autres films non français :
Mary, d'Abel Ferarra (sorti en 2005), et, dernièrement,
Une grande année (sorti en janvier 2007 en France). Dans ce dernier film, elle avait l'insigne honneur de représenter le charme des françaises face à un englishman (
Russell Crowe) lourdaud qui n'a que le mot « frog eater » à la bouche : une sacrée mission, qui a l'air de réussir vu que le lourdaud en question reprend l'avion pour vivre dans la lavande et le soleil. Mais il est intéressant de souligner qu'au milieu de tous ces clichés que le film aligne, c'est cette actrice en particulier qui a été choisie pour incarner la française dont un businessman peut tomber amoureux : Alors,
Marion Cotillard, la frenchie typique pleine de tous les attraits que leur prêtent les anglais sentimentaux ? Peut-être, en tout cas elle sait la jouer.
Une actrice incontournable
Mais le cinéma ne sait plus se passer d'elle. Son petit rôle dans
Un long dimanche de fiançailles lui offre le césar du meilleur second rôle en 2004 ; elle y est magistrale – et écrase complètement la pâle
Audrey Tautou qui peine à convaincre : revoyez la scène de la confrontation dans la prison, la comparaison est douloureuse.
Ces dernières années, on l'a vue sur tous les fronts. En 2005, après un petit rôle dans
Cavalcade et dans
Edy, elle éduque un groupe de filles coupées du monde dans
Innocence. Elle joue aussi dans
La Boîte noire (de
Richard Berry) un personnage double qui aide
José Garcia à reconstituer son passé. Et dans ce petit bijou d'humour qu'est
Ma vie en l'air, elle tombe amoureuse de
Vincent Elbaz, son voisin de palier terrifié par les avions, après plusieurs autres rencontres (dont une avec l'inimitable Eddy la tchatche).
L'année 2006 montre qu'elle peut vraiment tout jouer :
Marion Cotillard enchaîne les films et mélange les genres. Maintenant qu'elle est connue, qui l'aurait imaginé jouer dans
Dikkenek, à l'humour au 15ème degré franchement axé sur la chose ? Et pourtant, son interprétation de l'instit accro à la shnouf et fatiguée par ses élèves (aaaah la visite du musée des accidents de la route !) est impeccable. Dans
Toi et moi, elle est une violoncelliste inhibée qui s'éveille à la vie et aux sentiments sous les doigts experts du violoniste
Jonathan Zaccaï ; elle a d'ailleurs pris des cours intensifs de musique pour être apte à jouer réellement les morceaux du film ; l'actrice y retrouve
Julie Depardieu (qui joue sa sœur) avec qui elle avait déjà partagé l'affiche pour
Sauf le respect que je vous dois en 2005.
Fair Play pousse ses limites physiques et
Marion Cotillard patauge dans l'eau et se colle aux parois, en lutte contre les éléments et contre ses collègues. Et, pour la première fois, elle s'essaye la même année au doublage dans un dessin animé (
Happy Feet). En tout, 11 films en deux ans : tenterait-elle de faire concurrence à
Gérard Depardieu, l'homme qui tourne plus vite que son ombre ? Elle en a en tout cas l'air bien partie.
Et après ?
Aujourd'hui, on peut la voir dans
La Môme, et elle jouera sous peu dans le diptyque sur la vie de Jacques Mesrine,
L'Ennemi public n°1 et
L'Instinct de mort. On entend parler (mais sans confirmation) de
Mauvais Œil, un polar où elle retrouverait
Gilles Lellouche, le parasite d'appartement de
Ma vie en l'air.