A Appaloosa, on en voit et on en voit,…on en voit et on peut faire foi à ce que l'on a face caméra.
Sortie le 1er avril 2009.
Caractéristiques
Image : Format 16/9 compatible 4/3 - Format cinéma respecté 2.40 - Format BD-50 - Film en Couleurs
Son : Dolby Surround 2.0, 5.1 Anglais, français
Sous-Titre : Français
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Vous pouvez lire la critique de Cinema-France ici.
Le commentaire du film est encore une fois inutile. « Cette scène a pas été évidente, il faisait très chaud etc,… » explique
Ed Harris. Il continue sur une autre : « C'est très agréable de tourner cette scène, on se promenait à cheval (…)
Viggo Mortensen est bon à cheval, il en possède d'ailleurs, on le voit à cheval dans
Hidalgo et dans
Le Seigneur des anneaux. » Quoi d'autre à propos des acteurs : «
Renée Zellweger est très douée. On est pleine d'énergie et elle connaissait bien son texte ». Il y a des fois où il vaut mieux se taire, mais c'est pas à
Ed Harris que l'on en veux. Son film est clair, il nous donne deux-trois pistes supplémentaires, explique ce qu'il aime et ce qu'il aime moins, donc ce qui marche et ce qui ne marche pas. On peut aussi s'imaginer à quoi ressemble le livre à partir de ses commentaires (« 85% des dialogues étaient déjà dans le livre ») et d'autres trucs dont on peut vivre sans. C'est que le commentaire audio est un passage obligé du DVD, de tout DVD mais la question est : est-ce qu'un réalisateur est le mieux placé pour parler de son film lorsqu'on lui laisse l'entière liberté de discuter de ce qu'il veut ? Est-ce que dans ce cas vous ne cacheriez pas vos secrets, les anecdotes de tournage, des trucs sucrés ou des trucs de cinéma, votre vision, plutôt que d'expliquer des questions techniques d'une minorité extrême : « certains trouvaient le niveau du piano trop fort, que ça gênait la scène…on a ramené le son à un niveau où ça ne gênait plus la scène » dit-il. Il poursuit « Moi, je trouvais ça intéressant. Vous savez c'est un travail d'équipe. Parfois on se laisse convaincre parfois non ». Qu'
Ed Harris soit un brin nonchalant c'est une chose mais personne ne voudrait-il pas lui demander pourquoi était-ce intéressant ? En quoi entendre des gammes de piano insupportables peut apporter une spécificité sur cette scène ?

Une question qui ne trouvera nulle part sa réponse, et il y en aurait des centaines comme ça. A propos du son, peut-on encore une fois lui en vouloir tant il est réussi ? Le thème général de guitare, banjo, cuivres et percussions est précis et bien en place. Il représente la force et la sérénité de Virgil Cole comme celle des grands espaces. Un Fort Alamo d'où la liberté exploserait. Parfaitement enregistré et mixé, son rendu d'une propreté implacable rompt avec les standards de saloon de l'époque. Paradoxalement, il retranscrit en même temps l'air ambiant de l'Ouest américain en 1882. C'est une nation qui se construit avec une évolution rapide, très rapide. John Rockfeller fonde le Standard Oil Trust qui donne à neuf hommes la direction de toute l'industrie pétrolière américaine. Daniel Plainview n'en fait pas partie. Thomas Edison achève et met en service la première centrale électrique américaine. New York bénéficie ainsi du premier système électrique américain.

Et le reste de l'Amérique s'éclaire à la lampe à pétrole.
Appaloosa s'éclaire à la lampe à pétrole. Il a été choisi dans cette cité fictive imaginée de toute pièce pour les biens du film un éclairage à l'ancienne, soleil et lampe à pétrole. Une méthode étonnante, visuellement très efficace. La lumière s'associe au cadrage pour éblouir la scène d'intelligence où elle parvient à transmettre des informations valables notamment sur la relation entre le shérif et son associé. On fait référence au premier duel verbal du film et aux places des acteurs dans la scène. Le shérif est présent, accoudé à la fenêtre comme aux premières loges. Le faible éclairage intérieur et le soleil qui traverse par le carreau découpe sa silhouette, il est impressionnant, sublimé, prêt à régner sur la ville. Et dans son ombre, inexistant en tant qu'homme mais symbolisé par son calibre 8 (un fusil d'1m20 de long), son associé installe la profondeur de champ. Que demander de plus ? Et que demander de plus à
Ed Harris ? C'est son chef opérateur qui dévoile des petites perles et autre astuces de tournage dans les quatre friandises présentés hors commentaire (Du Livre au film, L'histoire d'
Appaloosa, la ville d'Appaloosa et Dean Semler, le retour aux sources). Il ne reste plus que les scènes coupées (11 minutes en totalité) alors que la première version d'
Ed Harris durait environ 2h30. Il y a une demi-heure, saboté par les producteurs, qui est portée disparue. De la dilatation du temps peut-être. Ca reste du western purement jouissif des regards, où celui qui gagner est celui qui sait attendre, surprendre et dégainer plus vite que son… ! Vous êtes bien doués. Première fois que je l'admets : les producteurs ont eu le dernier mot et ils ont eu raison. Les scènes coupées ne sont pas mauvaises, bien jouées et tout mais leur suppression permet trois choses. Pas moins. Elle rajoute une savoureuse part de mystère autour des personnages du film et de leur passé, elle évite des redondances et a donc pour conséquence de faire gagner au film un rythme que l'on ne manquera pas d'apprécier une fois encore.
Bonus :
- Commentaire audio d'
Ed Harris et
Robert Knott (VOST)
- 'Du livre au film' : l'adaptation (VOST)
- 'L'histoire d'Appaloosa' les recherches (VOST)
- 'La ville d'Appaloosa' : transformation du ranch de Tom Ford en lieu de tournage (VOST)
- 'Dean Semler, le retour aux sources' : le travail du directeur de la photographie (VOST)
- Scènes coupées dont le prologue original avec commentaire audio optionnel d'
Ed Harris et
Robert Knott (VOST)
- Bande-annonce du film (VF/VOST)
Finalement cet Appaloosa est très bien tel qu'il est et s'il faut se procurer le dvd c'est surtout et en dépit d'une riche interactivité pour le revoir et le revoir encore. Ne me dites pas que vous n'aimez pas les subtilités !