Wild Side Video présente en dvd Le Temps d'un été, qui n'est pas sorti au cinéma malgré un casting d'actrices impressionnant.
Sortie le 25 février 2009.
Caractéristiques techniques
Image : 2.35, 16/9e compatible 4/3
Son : Anglais, Français DD 5.1
Sous-titres : Français
Durée : 1h52
Le Film
Ann Grant, 65 ans, a un cancer et mourra bientôt. Sur son lit de mort, elle n'a plus vraiment toute sa tête, ne reconnaît plus ses filles – qui se relaient à son chevet – et murmure le nom de « Harris » sans expliquer qui il est. Le film répond à cette question par une série de flashbacks : Harris, elle l'a rencontré au mariage de sa meilleure amie. Il est plus vieux qu'elle, médecin, irrésistible ; et ensemble, ils sont (vaguement) responsables de la mort de leur ami. Pendant qu'Ann revit sa jeunesse, ses filles confrontent leur peur de perdre leur mère, et la cadette essaye de mettre de l'ordre dans sa vie.
On peut se demander, en voyant le casting (
Claire Danes,
Meryl Streep,
Glenn Close, Toni Colette,
Vanessa Redgrave,
Natasha Richardson,
Mamie Gummer,
Eileen Atkins), pourquoi le film n'est pas sorti au cinéma. Mais après le visionnage, on ne se demande plus. L'histoire de la mourante alors jeune, interprétée par
Claire Danes, n'est pas vraiment intéressante, et les deux sœurs, dans le présent, n'ont pas non plus de substance. C'est particulièrement décevant dans le cas de
Toni Collette, que l'on a connue bien plus inspirée. De plus, si l'on suit avec une curiosité polie l'histoire d'amour insipide avec Harris, c'est le personnage de Buddy (
Hugh Dancy), l'ami qui meurt, qui retient l'attention le temps de quelques pas mal assurés d'alcoolique. Le passage éclair de
Meryl Streep n'a pas grande utilité scénaristique, sinon pour répondre à une question, dans un couloir, et on se demande si elle n'est pas présente simplement pour dire « on a
Meryl Streep au casting » (quant à la raison pour laquelle l'actrice a accepté, ça reste, comme pour toutes les autres d'ailleurs, un mystère).
On pourrait penser que
Lajos Koltai est un mauvais directeur d'acteurs ; nous n'irons pas jusque là. Le problème vient sans doute du scénario, et peut-être même du livre original : le film est en effet adapté de Crépuscule de Susan Minot, qui déjà au départ sent plus la guimauve à lire sur la plage que le drame psychologique ; on se demande même qui a eu l'étrange idée de l'adapter pour le cinéma. Pourtant, le best seller est, paraît-il, très profond. On n'en voit pas vraiment la trace ici, malgré les quelques instants de conflit intérieur.
A côté de cela, la construction n'est pas mauvaise, avec cette ligne de temps brisée, ces allers-retours entre vrai et souvenir, ces parenthèses sur la vie des deux sœurs. Même si ce n'est pas aussi fin que pour
The Hours (le livre comme le film), on sent que
Le Temps d'un été bénéficie de la présence de
Michael Cunningham au scénario. Toujours par rapport au film de
Stephen Daldry, nous avons là-encore une musique au piano pour nous faire comprendre que c'est mélancolique ; mais ça ne marche pas vraiment : n'est pas
Philip Glass qui veut. Nous avons tout de même quelques jolis instants noyés dans de l'insipide, principalement quand la mourante mélange souvenirs et réalité et voit des choses qui ne sont pas. Alors, à ces moments, le film prend des teintes oniriques (et en plus, il y a
Eileen Atkins). Il nous reste aussi toute cette brochette d'actrices, certes sous-employées, mais tout de même présentes.
Le Temps d'un été, pourquoi pas, vaudrait alors le coup, au moins pour les fans. Et puis comme certaines d'entre elles se font rares, profitons-en, et il y a même quelques éclats, comme
Glenn Close, marquante.
Technique
Le Temps d'un été est un film récent, qui n'a donc eu à bénéficier d'aucun traitement spécial. On regrettera cependant un manque de contraste à certains endroits.
Côté son, le bon rapport entre les dialogues et la musique, qui ne prend pas toute la place, est appréciable. La version française manque peut-être d'un peu de dynamisme par rapport à la version originale.
Interactivité
- Chapitrage
- Choix entre la version française et la version originale sous-titrée.
Bonus
Le temps d'un souvenir (16 minutes)
Les bonus commencent par une sorte de making-of qui revient d'abord sur le choix des acteurs, et leur enthousiasme pour leur rôle respectif : tout le monde trouve le film intéressant, intelligent, profond. Le réalisateur explique l'appel de certaines actrices, qui expliquent alors leur personnage, souvent décrit comme « plein de complexité ». Ce bonus est positif, dans le sens où on culpabilise un peu d'avoir trouvé le film plat et sans trop de profondeur. Un instant, on se demande même s'il ne faudrait pas le revoir. On comprend aussi pourquoi toutes ces actrices sont accourues pour jouer dedans, et à les entendre,
Michael Cunningham a fait du bon boulot (on est rassuré :
Cunningham, finalement, aurait été à la hauteur de son talent). On regrette bien sûr le nombre de « great » et « amazing », tout le monde trouvant ses collègues formidables. En fond sonore, le thème du film (quelques notes de piano) tourne en boucle.
L'adaptation du roman (10 minutes)
Interviews de
Cunningham, de
Minot (l'écrivain), du producteur. C'est donc au tour de Susan Minot d'être merveilleuse et pleine de talent. Mais derrière cette auto-satisfaction, le bonus a le mérite de se pencher sur les choix de scénario, de la suppression totale d'un personnage à la création d'un autre, et sur les raisons qui les ont motivés. On apprend par exemple que le personnage de Buddy, celui qui, à notre sens, est le plus intéressant, n'est qu'esquissé dans le livre, alors qu'il a une réelle dimension dans le film. La décision vient de
Michael Cunningham, qui a vu en lui un potentiel solide.
Scènes coupées (5)
- Discussion entre les deux sœurs : on découvre un peu la fragilité de la blonde.
- Rencontre d'Ann avec son futur mari. Cela permet de répondre à la question que l'on se posait, l'événement étant plusieurs fois mentionné dans le film.
- Plus longue rencontre entre Ann et Harris. Nous avons ici les premières secondes de la rencontre, qui montre ce qu'elle était en train de faire avant. Intéressant.
- Rupture entre Ann et son mari. La scène sonne faux, et est étrange. La supprimer était une bonne chose, mais entraîne du coup la suppression de la scène précédente. Dommage, notre curiosité faisait qu'on voulait en savoir un peu plus sur ce mari.
- Ann juste avant de chanter. Complètement inutile, dans le film comme dans le dvd.
Liens internet (producteurs, distributeurs)
Si Le Temps d'un été n'est pas sorti au cinéma, sa présentation en dvd est positive : les bonus sont intéressants, et cela nous permet de retrouver dans un même film beaucoup de bonnes actrices.
Prix public maximum conseillé : 12,99 euros