Avec Les Condamnés, l'imposant catcheur Steve Austin fait une entrée forcément fracassante et burinée sur les plateaux de cinéma. Bête et amusant.
Sortie le 07/01/2009
Caractéristiques :
Format : 1.85 – 16/9 compatible 4/3 – Couleur – 1h49
Langue : Français et anglais, Dolby digital 5.1 Ex
Sous-titres : français
Le film :
10 criminels, 10 condamnés à mort issus des geôles du monde entier vont se retrouver les participants forcés d'un jeu illégal orchestré par un producteur déchu sans scrupules, afin d'être diffusé sur internet. Débarqués sur une île du Pacifique-Sud truffée de caméras, les candidats n'ont pas d'autre choix que de concourir s'ils ne veulent pas finir en charpie par le déclenchement du bracelet explosif installé à leur cheville. S'ils essayent de l'enlever il explose, s'ils tentent de s'enfuir ou de désobéir, il explose.
Ils ont ainsi 30 heures pour s'entretuer jusqu'aux derniers et ce par n'importe quel moyen. Le dernier vivant gagne sa liberté et une somme d'argent conséquente. Alors que la sauvagerie monte crescendo, l'audimat ne cesse de grimper en flèche…
Etant donné que
Running Man a pris un petit coup de vieux, que l'excellent
Battle Royale n'a pas engendré une myriade d'émules, que la téléréalité et sa pile de shows « extrême » (Survivor, Koh Lanta…) fait les beaux jours de la télé poubelle depuis quelques années, il n'est pas étonnant de revoir le cinéma dénoncer les dérives d'un média se faisant le reflet d'une société en décrépitude, se dépossédant elle-même des derniers soubresauts de conscience morale et d'humanité qui lui reste sur l'autel du spectacle sensationnaliste. L'année dernière il y eu
Live !, et maintenant ce
Les Condamnés marquant les débuts au cinéma de la star du catch
Steve Austin sans doute jaloux de la carrière (pourtant pas mirobolante mais ne demandant qu'à le devenir) de son confrère
The Rock. Ni une ni deux, le voilà embarqué héros sans peurs et sans reproches (en fait il est un militaire travaillant en secret pour le gouvernement américain… tout le tralala habituel quoi) dans un actionner vintage pur et dur comme ses biceps dans lequel il peut pleinement faire la démonstration de ses talents de lutteur, à défaut de ceux théâtraux entièrement monolithiques.
Hormis quelques déplorables tentatives de revêtir un costume trop grand pour sa maigre carcasse lorsqu'il veut se faire penseur sur la question du voyeurisme malsain de spectateurs avides de sensations fortes, ou bien calomniateur des seigneurs de l'audimat (voir les revirements émotifs improbables du réalisateur de l'émission),
Les Condamnés ne prétend pas à autre chose qu'à distiller sa dose de testostérone pour une bande de potes réunis autour de pizzas et abreuvés à la bière, ne cherchant qu'à se ramollir en communion le cerveau. Il faut dire que l'on n'attendait pas davantage d'un produit satisfaisant et drôle au deuxième degré et demie avec ses personnages et ses dialogues autant téléphonés que son intrigue vieille de vingt ans, pourvoyeur d'un crétinisme fun si on se prend volontiers au jeu de comédiens tous aussi physiquement crédibles qu'ils jouent comme des pieds excepté cette sacré trogne de
Vinnie Jones prenant un évident pied à camper les salopards sadiques de service (ne cherchez pas : la vraie vedette, c'est lui).
Seul véritable regret : que le réalisateur ne se soit pas plus servi d'éléments temporels pour nourrir une tension presque inexistante (à aucun moment du récit on ne pense à l'heure limite de la partie), et une violence finalement trop soft et sage pour un sujet se voulant bourrin. Certes, de cette façon,
Les Condamnés ne tombe pas dans le piège de ce qu'il espère dénoncer, mais ça ne le rend pas farouchement meilleur. Quitte à se vautrer dans la gadoue du mauvais goût autant assumer et y aller franco.
Technique :
- Image :
Pour assurer le spectacle, l'éditeur Metropolitan se devait de présenter
Les Condamnés dans les conditions optimums requises. Ce qu'il fait avec une image de haute tenue, dotée de couleurs vives, d'une précision pointilleuse et ne présentant pas de gros défauts de compression. De toute façon, vu le dynamisme nerveux de la réalisation de
Scott Wiper on n'a pas vraiment le temps de s'attarder sur un léger grain faisant parfois une petite apparition.
- Son :
Pas de DTS dans aucune des versions proposées mais deux Dolby Digital 5.1 Ex qui satisferont sûrement votre installation home vidéo avec son lot d'explosions, de fusillades et d'empoignades musclées crachant toute leur fureur dans une convenable répartition dans toutes les enceintes. Sûr qu'un tel film était un candidat adéquat pour ceux désirant faire vibrer leur salon.
- Interactivité :
- « Qui sont les condamnés ? » : making-of (
36 min env.)
- Comparaisons film/ Story-board
- La promotion du film : «
Steve Austin et
Vinnie Jones sur le ring » « La tournée de
Steve Austin en Australie »
- Bandes-Annonces
- Lien internet
Les compléments s'ouvrent sur un making-of divisé en cinq segments (lisibles d'une traite), soit un total de plus d'une demi-heure pour englober l'ensemble des aspects de la production. Dans ce flot d'informations donné de manière archi-complaisante, on retiendra principalement les aspirations du réalisateur à fournir un produit à l'ancienne avec le minimum de technologie digitale et une participation importante du casting dans les scènes d'affrontements afin de limiter l'utilisation des doublures, ce qui ne fut pas une sinécure, les conditions de tournage n'excluant pas forcément le facteur danger (lors du clash final entre
Steve Austin et Vinne Jones, les acteurs ont vraiment exécuté leur chorégraphie aux abords d'une falaise …). Autre détail notable, un rapide documentaire consacré à la régie de transmission vidéo que l'on peut voir dans le film. On apprend que toutes les images diffusées sur les écrans de contrôle furent tournées en amont puis diffusées lors des prises de vues afin d'obtenir une meilleure interaction des comédiens face à l'horreur qu'il sont censés voir en direct.
Deux scènes du film (le largage des prisonniers sur l'île et le climax final) sont visibles aux côtés du story-board, vous permettant de comparer les deux matériaux.
Derrière l'appellation “Promotion du film” se trouvent deux petits modules tout à fait dispensables. Dans le premier, le duo de vedettes
Steve Austin /
Vinnie Jones revient sur leur première rencontre située quelques années plus tôt avant Le Condamnés lors d'une exhibition de catch organisé par la WWE, avec images d'archives et commentaires moqueurs des intéressés à l'appui. L'autre document suit la star des rings lors d'une séance de dédicace pour ses fans australiens avouant attendre avec envie la sortie des Condamnés. Parfaitement inutiles.
Metropolitan conclue le tout par un lot de bandes-annonces de ses anciens titres et un lien internet.
Une bande s'adressant avant tout aux inconditionnels de films d'action décomplexés où la taille des muscles du héros importe plus que l'épaisseur d'un scénario prétexte. Ce n'est pas du Godard mais c'est certainement plus divertissant.