Wild Side nous propose de découvrir Awake, un inédit en salles avec Hayden Christensen et Jessica Alba.
Sortie le 07/01/2009
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Caractéristiques :
Format : 2.35 – 16/9 compatible 4/3 – Couleur – 1h20
Langue : Anglais Dolby Digital 5.1 – Français stéréo 2.0 & DTS 5.1
Sous titres : français
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Le film :
C'est toujours avec un minimum d'appréhension que l'on découvre les productions du type de
Awake, porté par un duo de vedettes visant une audience jeune (
Hayden Christensen,
Jessica Alba), mais surtout par un succès relativement moyen dans son pays (le film créditeur de seulement 9 millions de dollars n'en a même pas rapporté le double) ayant débouché sur une sortie exclusive en vidéo en France, laissant présager du pire à venir question qualité. Pourtant, si la première réalisation de
Joby Harold n'est pas un bijou dont on n'aurait su capter l'éclat, elle n'a rien non plus du produit déshonorant à lourder fissa dans les bacs de vidéo clubs. Comment expliquer alors une telle débandade ?

Sans doute la réponse est-elle à chercher du côté de sa promotion. Car il faut reconnaître qu'il n'a pas dû être facile d'aborder un point d'attaque mercantile sur un projet à la frontière de plusieurs genres et au scénario divergeant radicalement de l'un à l'autre au fil de son récit. En dire trop sur ce riche et jeune homme d'affaires devant subir une importante opération chirurgicale du cœur et qui au cours de ladite manipulation va connaître un phénomène médical appelé « l'éveil peropératoire », le laissant conscient et complètement paralysé tout le long, serait gâcher les revirements de situation nourrissant une histoire paraissant de surcroît à bout de souffle tous les quart d'heures. Mais trop la garder sous silence pourrait s'avérer immensément réducteur pour susciter l'intérêt en cet attrayant petit thriller aux atouts et défauts évidents.
Si
Awake démontre un cheminement singulier qui pour donner une petite idée peut être rapidement décrit comme une sorte de mix improbable entre
Les Choses de la vie (la mise sur le billard remplaçant l'accident de voiture) de
Claude Sautet et
Ghost de Jerry Zucker (pour les enjeux dramatiques de la deuxième moitié du métrage), habilement rythmé et directionnel dans son avancée, il n'arrive jamais à s'extirper de son canevas d'honorable bande du samedi soir. La responsabilité de ce diagnostic en revient à une mise en scène prosaïquement appliquée qui, malgré son approche immédiate du monde hospitalier (la scène de chirurgie), demeure inévitablement inoffensive. Sa durée relativement courte d'à peine quatre-vingt minutes y contribue aussi, sacrifiant en partie l'approfondissement des personnages et de leurs intentions pour aller droit à l'essentiel, misant dès lors sur la déconstruction de leurs natures archétypales, que le metteur en scène croit déjouer par l'intermédiaire d'un répétitif jeu de doubles alors qu'il en est prisonnier.
Toutefois, on adhère aux protagonistes juste ce qu'il faut sans trop de difficultés grâce à une interprétation globalement satisfaisante, notamment avec la volonté affichée chez la sculpturale
Jessica Alba de démontrer qu'elle n'est pas uniquement qu'un sourire Colgate de gentille fifille et peut évoluer sur différents registres. Après son interprétation convaincante sur le beaucoup moins
The Eye, on l'encourage de bon cœur à poursuivre dans cette voie en espérant qu'elle dénichera enfin le film susceptible de la faire décoller sur grand écran.
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Technique :
- Image :
Petit film ou grand classique, l'éditeur ne laisse rien sur le bord de la route et soigne avec égalité son fond de catalogue. C'est pourquoi
Awake se voit parer des meilleurs atouts techniques avec tout d'abord une copie irréprochable : contraste, définition, colométrie, compression… tout est à un niveau optimum. De quoi largement parader fièrement aux côtés de confrères plus estimés.
- Son :
Pour le son c'est du même topo : du côté des pistes françaises une piste stéréo et une autre DTS, jouant chacune leur rôle sans la moindre anicroche sonore et d'une totale clarté quoique pour cette dernière la spatialisation paraît faiblarde. Pour la V.O un Dolby Digital 5.1 moins pêchu que le DTS mais largement suffisant pour satisfaire les inconditionnels de la version originale, étant donné que dans les deux cas, les canaux arrière sont assez peu sollicités. Donc pas de réel regret à avoir.
- Interactivité :
- Making-of (env.
13 min)
- Scènes coupées commentées par le réalisateur
Joby Harold
- Comparatif film / storyboard
- Bande-annonce
- Liens Internet
L'interactivité s'ouvre avec un court making-of d'une dizaine de minutes comme on en voit trop souvent aujourd'hui: tous les participants utilisent abondamment la langue de bois, se vantant du travail effectué et de leur collaboration avec les autres. Bref, la production d'
Awake s'est déroulée sans aucunes anicroches, un parcours sans obstacles où chaque membre de l'équipe a profité du meilleur de ses partenaires tous géniaux et qui a forcément abouti sur un très grand film … mouais. Seul détail comportant un quelconque intérêt, la parole d'un expert en médecine nous expliquant que le phénomène médical servant de point d'entrée à l'histoire (la conscience sous anesthésie) est volontairement exagéré, que dans la réalité la plupart des patients ayant vécu leur intervention n'en retiennent que la sensation d'un rêve désagréable. Ouf ! On est rassuré.
Un lot de sept scènes coupées fait suite au documentaire. Toutes sont visibles avec ou sans le commentaire audio du réalisateur qui nous éclaire sur les raisons de leur retrait du produit final. Des propos qui apportent un peu de substance à des séquences peu nourrissantes à l'état brut.
S'ensuit la présentation de quatre comparatifs story-board/résultat final nous permettant d'observer la grande fidélité observée par rapport au matériau préparatoire.
On finit sur la bande-annonce d'
Awake, et des liens internet. A savoir aussi qu'à l'ouverture du dvd il est possible de visionner les réclames des prochains titres à venir chez l'éditeur.
S'il n'aurait pas vraiment démérité un passage par la case cinéma (considérant la montagne de bouses proposées chaque année), Awake gagne finalement à être découvert dans un format plus à même de le mettre en valeur, surtout quand celui-ci se montre techniquement à la hauteur pour vous garder éveillé.