Le 21 novembre se réunissaient Keanu Reeves, Jennifer Connelly et le réalisateur Scott Derrickson (connu pour L'Exorcisme d'Emily Rose) venus présenter Le Jour ou la terre s'arrêta. En attendant la sortie prévue le 10 décembre, nous avons rejoint l'équipe du film le temps de quelques questions.
- Pourquoi avoir choisi de faire un remake ?
Scott Derrickson : Peu de gens ont vu l'original. C'est une histoire qui méritait d'être racontée.
- Pour ceux qui connaissent l'original, n'a-t-il pas été difficile de recréer l'univers visuel ? Comment avez-vous procédé ?
S.D : J'ai regardé l'original à plusieurs reprises. Il y avait des éléments intéressants à retenir. Séparer la vie extraterrestre de la vie terrestre. J'ai essayé d'imaginer une civilisation qui avait une technologie propre. Je pensais que c'était plus original.
- Les Américains sont-ils capables de changer et en quoi ?
S.D : Tout en préparant le film, on savait qu'on aurait notre nouveau président. Et je savais que quel que soit le président, les américains ont su montrer qu'ils voulaient changer.
Jennifer Connelly : Le film pose des questions sur le comportement que l'on a à l'égard de la planète. Je pense qu'il concerne le monde entier même si je pense aussi que les américains ont beaucoup à changer.
Keanu Reeves : Oui, je pense que c'est un film positif pour l'humanité.
- Avez-vous tous les trois la fibre écologique ? Pensez-vous que le film pourrait faire la promotion du protocole de Kyoto ?
K.R : Le film non. Dans ce qu'on fait tous les jours oui. On est beaucoup plus concernés par les problèmes écologiques. Mais le film va peut-être provoquer ce genre de questions et de conversations.
S.D : Quand je vois un film comme celui-ci, j'ai envie de me distraire. Je n'aime pas trop les films qui font passer des messages. Le film fait plus un constat sur l'état du monde. Je ne veux pas dire aux gens comment ils doivent se comporter.
- Question pour les acteurs. Vous avez des filmographies très riches avec principalement des films fantastiques ou de science-fiction. Pourquoi ?
K.R : J'adore la science-fiction et j'adore aussi la littérature de SF.
J.C : C'est vraiment mon premier film de science-fiction, j'essaie de faire des registres différents.
- Keanu Reeves, comment avez-vous abordé votre rôle qui est ici plutôt introverti ?
K.R : J'ai commencé comme n'importe quel film. Ici, je suis partie de l'idée que mon personnage n'avait pas de corps. Petit à petit il va changer et va avoir un geste humain.
- Croyez-vous aux extraterrestres ?
K.R : Oui
J.C : J'y crois, je pense qu'il y a de la vie ailleurs.
S.D : Je pense que nous ne sommes pas les seuls.
J.C : Etant donné l'étendu de l'univers, il faudrait être prétentieux pour croire que nous sommes seuls.
- Avant de commencer le film, avez-vous vu l'original ?
J.C : Moi je l'ai regardé plusieurs fois. Je l'ai vu huit fois, j'étais curieuse de découvrir l'esprit du premier film. J'ai beaucoup de respect pour ce film.
S.D : Je l'avais déjà vu plusieurs fois avant même de le préparer. Ensuite j'ai identifié les icônes que je pouvais retranscrire dans la vie moderne.
K.R : Moi je l'avais vu jeune. Je l'ai revu ensuite, mais je n'ai pas travaillé dessus.
- (A Keanu Reeves) Est-ce que votre personnage du film ne risque-t-il pas de souffrir d'une comparaison avec celui de Matrix ?
K.R : Ca n'a pas d'importance. C'est un bon film et
Matrix aussi. Je ne m'inquiète pas.
D'habitude les films affichent l'image du président. Ici, le pouvoir est donné à une femme. Est-ce dans l'air du temps ?
S.D : Certainement. J'aime le fait que le pouvoir soit entre les mains d'une femme. J'ai fait de mon mieux pour que le film se détache du contexte original des années 50. Les personnages reflètent le monde moderne. En tout cas, ça a un sens pour moi.
Qu'est ce que symbolise Robert Wise pour vous ?
S.D : Moi j'ai beaucoup d'admiration pour
Robert Wise. J'ai passé une soirée avec lui lorsque j'étais étudiant. Une soirée mémorable. C'était la première fois que je rencontrais une figure du cinéma. Je lui ai dit que je pensais faire un film d'horreur comme premier film et il a été très encourageant. Pour lui, ce genre permet de montrer qu'on sait maîtriser l'image.
J.C : C'est vraiment un grand cinéaste. Je pense que c'aurait été un privilège de travailler avec lui.
Le Jour ou la Terre s'arrêta sera sur les écrans le 10 décembre, date à laquelle vous aurez également droit à la critique du film.