Leonardo DiCaprio est aujourd'hui un des acteurs les plus importants à Hollywood. Retour sur son parcours, aucours duquel s'est présenté un certain iceberg.
Leonardo ou la liberté de penser
Né au bon endroit pour entamer une carrière cinématographique,
Leonardo DiCaprio ouvre les yeux à Hollywood le 11 novembre 1974. Fils de l'italien
Georges DiCaprio et de l'allemande
Irmelin Idenbirken, le jeune acteur dont les parents se sépareront un an après sa naissance, ne va pas avoir d'éducation stricte et sera libre de se lancer dans la carrière de son choix. Vivant sur la « terre sainte » de l'industrie du film américain, c'est donc tout naturellement que Leonardo s'oriente vers des cours de comédie qu'il intègre dès l'école primaire. Même si son caractère turbulent le freine beaucoup dans sa démarche, à partir de 1988, il tente de percer en commençant par tourner des spots publicitaires. Cette première expérience lui permet de rejoindre rapidement le petit écran en 1991 où sa prestation dans
Quoi de neuf, docteur ? ne passera pas inaperçu. Il obtiendra également des petits rôles dans des séries phares des années 1990 telles que
Les Nouvelles aventures de Lassie et
Santa Barbara.
Cependant, Leonardo ne se contente pas de petits rôles sur le petit écran. Il rêve de rejoindre la grande toile. Pour son premier rôle sur le grand écran, nous le verrons en 1991 dans un film d'horreur
Critters 3 où il tient tête à une invasion de méchantes boules de poils. Cependant, c'est Robert DeNiro qui va marquer officiellement son entrée dans l'industrie cinématographique en 1994.
Leonardo DiCaprio se présentera au casting de
Blessures secrètes et sera sélectionné parmi quatre cent candidats pour jouer le rôle d'un beau-fils maltraité. Il va sans dire que le jeune acteur commence fort. Au côté des plus grands dès ses premiers pas, il est conscient de sa chance et ne va pas s'arrêter en si bon chemin. Comme pour montrer sa capacité à jouer des rôles difficiles, nous le verrons la même année dans
Gilbert Grape, où il prête ses traits à un attardé mental, donnant la réplique par la même occasion à
Johnny Depp. Faisant d'une pierre deux coups, il va mettre en lumière sa capacité à jouer des rôles extrêmes. Leonardo n'est pas au bout de ses surprises, car non seulement le seul objectif d'avoir rejoint la toile a été atteint mais en plus, il sera gratifié d'une double récompense en tant que Meilleur second rôle aux Golden Globe Awards et aux Oscars. DiCaprio tisse sa toile lentement mais sûrement.
Des paris risqués mais prometteurs
Leonardo ne cachera pas son envie de jouer par amour pour le cinéma, et non pour la gloire. Ses prochains rôles vont prouver une fois de plus que l'acteur issu d'un milieu modeste est encouragé à poursuivre ses rêves en agissant par ses propres moyens. Pas de papa réalisateur ou de maman actrice, il n'est pas « le fils de… » et l'assume. Car l'acteur n'oublie pas d'où il vient : il passe ses vacances en Allemagne et vit dans un quartier pauvre de Los Angeles. Peut-être le fait de n'avoir rien à perdre l'encourage-t-il à frapper fort là où d'autres n'oseraient pas et à prendre des risques. Plutôt que de se limiter à des rôles-types qui vont juste se contenter de montrer sa « belle gueule », il mise sur des rôles atypiques, n'en déplaise à la profession. L'année qui suit sa nomination est le début de diverses collaborations. En 1995, il s'illustre dans
Mort ou Vif, un western de
Sam Raimi où il donne la réplique à
Sharon Stone,
Russell Crowe (qui débute également) et
Gene Hackman.
Pas le moins impressionné par cette brochette d'acteurs, il va s'exécuter dans des rôles plus compromettants. La même année, il tournera dans
Rimbaud, Verlaine dans lequel il jouera le rôle d'un poète homosexuel. Un biopic vivement affaissé par la presse qui qualifie le long-métrage d'
Agnieszka Holland de pornographique. Grand bien lui en fasse, car cela n'empêchera pas
Leonardo DiCaprio d'enchaîner avec
Basketball diaries où il se glissera dans la peau d'un junkie. Sa propension à choisir ses films sur des critères artistiques le figera longtemps dans des seconds rôles, mais sa rencontre avec
Baz Luhrmann changera la donne. En 1996, il signera sa collaboration avec le réalisateur dans une version moderne et décalée de
Romeo + Juliet de William Shakespeare. Un pari osé et risqué, bref le rôle parfait pour DiCaprio qui n'affectionne pas particulièrement les films « pop-corn ». Et c'est le jackpot, le film est un succès à l'échelle internationale, le jeune acteur se voit propulser en haut de l'affiche et accéder au titre de star. Le jeu en valait la chandelle, c'est le début d'une carrière prometteuse.
La « Leonardo Mania »
Après avoir fait ses preuves dans la filière cinématographique, le talent de DiCaprio n'échappera pas à l'œil aiguisé de
James Cameron qui lui propose le rôle-titre dans
Titanic au côté de
Kate Winslet. Marqué par sa performance en tant que Romeo, il lui proposera également dans son film le rôle de l'amant romantique, Jack Dawson. Succès planétaire, le film, au record inégalable à ce jour avec des recettes s'élevant à plus de 1,8 milliards de dollars, fera de l'acteur une star mondiale très demandée par la profession. C'est la « Léonardo Mania », les fans se comptent en dizaine de millions, ses cachets aussi désormais…
Le temps de se remettre de ses émotions et succès, la star tournera en 1998 dans
L'homme au masque de fer où il se verra proposer le premier rôle celui de Louis XIV, avec un casting toujours aussi impressionnant, issu de France et d'Amérique (
John Malkovich,
Gérard Depardieu etc...). En 1999, c'est notre incontournable
Woody Allen qui lui proposera un rôle dans
Celebrity. C'est confirmé, ce sont désormais les plus grands réalisateurs qui se l'accaparent désormais. En 2000,
Danny Boyle lui proposera un cachet de 20 millions de dollars (à titre d'information il n'a été payé « que » 2.5 millions pour
Titanic) pour tourner dans
La plage avec
Virginie Ledoyen et
Guillaume Canet. Le grand Spielberg vient compléter le tableau de chasse de DiCaprio en 2002, en lui attribuant le rôle d'un escroc surdoué donnant la réplique à
Tom Hanks dans
Arrête-moi si tu peux. Leonardo qui, par ses seuls rôles dans
Titanic et
Romeo + Juliet, s'est vu attribuer le statut du héro romantique n'hésitera pas à continuer de cultiver la diversité.
Un acteur fidèle ou nostalgique ? ou les deux ?
Pour échapper au stéréotype, Léonardo DiCaprio se rangera au côté du grand maître du cinéma
Martin Scorsese avec qui il collaborera à trois reprises. Grâce au cinéaste, l'acteur aura l'occasion de faire mûrir son image, d'échapper au statut de people sex-symbol et de varier (encore) ses interprétations. En 2002, le célèbre
Gangs of New York, roman homonyme de Herbert J. Asbury, lui offrira le rôle de leader de gang. Avec cinq nominations aux Golden Globes, le cinéaste gardera l'acteur sous son aile pour le faire voler un peu plus tard dans
Aviator (2004) où il incarnera le rôle de Howard Hughes, célèbre aviateur et producteur de cinéma. Le film fut nommé Meilleur film lors de la British Academy of Film and Television Arts. Néanmoins, c'est son rôle d'agent de la police d'état infiltré dans la mafia irlandaise que l'on retiendra avec
Les Infiltrés en 2006. Donnant la réplique à
Matt Damon,
Jack Nicholson, et face à cette triple collaboration plus que réussie avec
Martin Scorsese, la presse ne peut s'empêcher de faire un parallèle entre le rapport artistique qui rattache les deux hommes et celui qui liait le réalisateur à Robert DeNiro. Comparaison plus que flatteuse.
Il va sans dire que DiCaprio a réussit à se faire un nom et à se ranger parmi les acteurs les plus reconnus de la profession. Cela étant dit, n'ayant pas que Scorsese dans son curriculum vitae (bien que cela soit fort utile), Leonardo poursuit son envolée en attendant une prochaine collaboration et rejoint le casting d'
Edward Zwick (Légende d'automne,
Le Dernier Samouraï). Il séduira une fois de plus le public et ses acolytes en 2007 avec
Blood Diamond dans lequel il interprètera brillamment son rôle de trafiquant de diamants rhodésien. Le film aux innombrables récompenses (dont plusieurs gratifiant le jeu de l'acteur) confirme un parcours sans-faute. Actuellement, l'acteur vient de tourner pour
Ridley Scott dans
Mensonges d'Etat partageant l'affiche avec un collègue d'antan
Russell Crowe. En janvier 2009, nous attendons également le retour d'un autre duo : DiCaprio-Winslet dans Noces Rebelles, une œuvre réalisée par
Sam Mendes qui marque le retour des amants romantiques tant plébiscités.
Un brin nostalgique Leonardo ? Peut-être, car quand l'acteur s'attache, il ne semble pas lâcher prise. C'est ainsi que d'autres projets seraient en préparation avec
Ridley Scott (notamment l'adaptation du roman homonyme
Meilleur des mondes) et avec son mentor
Martin Scorsese.