Alice Taglioni et
Jocelyn Quivrin réunis autour d'une comédie sur le destin et ses conséquences dans le monde des affaires.
Caractéristiques :
Format : 2.35 (scope) -16/9 compatible 4/3
Son : Dolby Digital 2.0 – Dolby Digital 5.1 – DTS
Sous-titres : français (pour les sourds et les malentendants)
Couleurs – 1h24
Le film :
Notre univers impitoyable conte l'histoire (ou plutôt les histoires) d'un couple de jeunes cadres dynamiques, Margot (
Alice Taglioni) et Victor (
Jocelyn Quivrin), qui s'aiment et travaillent dans un cabinet d'avocats d'affaires. Leur bonheur risque d'être menacé lorsque leur patron doit choisir un nouvel associé. Lequel des deux va-t-il choisir ? Et qu'adviendrait-il si l'un ou l'autre devenait l'élu ?
Le second film de Léa Frazer (après
Bienvenue en Suisse sorti en 2004) est réalisé selon le concept des « What if movies » (qu'arriverait-il si…). Ici, l'enjeu est de savoir ce qu'il adviendrait si Margot ou Victor étaient élus auprès de leur patron, Nicolas Berversier (
Thierry Lhermitte). On passe d'une possibilité à l'autre, les deux destins parallèles se chevauchant sans cesse, dispositif qui, certes, peut lasser mais s'avère ici mené avec brio en évitant l'ennui. Plus qu'un simple exercice de style,
Notre univers impitoyable (allusion à la série des années 80,
Dallas) est à la fois un film fantastique (on y navigue entre deux mondes possibles), un film romantique, une comédie drôle mais grinçante et un thriller (comment les deux personnages principaux vont-ils se retrouver et quelle version est la bonne ?).
Mis en scène avec intelligence (stylisation abstraite des décors, passage fluide entre les deux univers du possible), scénarisé avec brio (situations de comédie, problèmes sociaux et dialogues finement ciselés s'y côtoient), interprété par des acteurs parfaits (le glamour du couple Taglioni/Quivrin, la malice et la cruauté de
Thierry Lhermitte),
Notre univers impitoyable fait partie de ces films à la fois frais et truculents, satiriques et grinçants, qui haussent la comédie française à un niveau de qualité très satisfaisant. Les rôles secondaires y sont travaillés avec la même précision que les protagonistes principaux et sans renier le talent de
Julie Ferrier (
Didine,
Paris) ou de
Scali Delpeyrat (
La Fabrique des sentiments), il faut avouer que
Pascale Arbillot (actuellement dans
Parlez-moi de la pluie) est, quant à elle, exceptionnelle en sœur névrosée et féministe. Au final, le film de Léa Blazer réunit pas mal de qualités pour un second film qui sait parler à la fois d'éthique, de moral et de la connaissance profonde de soi-même. Vivement conseillé si vous aimez rire « intelligent ».
Interactivité :
-Chapitrage du film en 12 scènes
-Possibilité de sous-titrer le film pour les sourds et les malentendants ce qui est une heureuse initiative.
Bonus :
- Un making-of de 26 minutes dans lequel scènes du film et images de tournage côtoient les réflexions des acteurs (sur leur rôle, ce qu'ils ont aimé dans le scénario, ce qu'ils pensent du travail avec la réalisatrice) et de
Léa Fazer (son ambition de départ, ses références).
Un documentaire qui vire vite à l'auto-congratulation ce qui en limite l'intérêt.
- Le commentaire audio de la réalisatrice sur 45 minutes d'images du film. Beaucoup plus intéressant que le making-of,
Léa Fazer s'y livre avec sincérité et malice. Elle y parle notamment de ses nombreuses références cinématographiques (
Pile et face de
Peter Howitt,
Bienvenue à Gattaca d'Andrew Nicoll…), de ce qu'elle aime dans son film (principalement le jeu des comédiens pour lesquels elle semble avoir un grand amour) et de ses partis pris cinématographiques.
- Scènes coupées (9 minutes) : elles sont au nombre de 5, plus ou moins longues, commentées par la réalisatrice avec une grande clairvoyance.
Passionnant.
- La bande-annonce du film.
Disponible en édition simple ou en Blu-Ray depuis le 23 septembre, Notre univers impitoyable compile un film d'une qualité indéniable et des bonus, pour la plupart, très intéressants. Une bonne édition pour un bon film.
Prix indicatif : 19,99€