Mercredi dernier Pyramide Videos a sorti en DVD Le Grand Voyage, prix du meilleur premier film à Venise en 2004.
Format : 16:9 compatible 4/3 format d'origine respecté 1.85
Son : Dolby digital 5.1
Langues : version originale (arabe/français)
Sous-titres : français
Le Film :
Ce grand voyage dont il est question, c'est le voyage du sud de la France à la Mecque, le pèlerinage d'un homme qui a peur de mourir sans jamais l'avoir accompli. Ne sachant pas conduire, il demande à l'un de ses fils, Reda, de faire le trajet avec lui. Celui-ci, qui repasse son bac pour la deuxième fois, aurait préféré rester en France pour le préparer et surtout pour ne pas avoir à quitter son amie Lisa. Mais le voilà sur les routes, au volant d'une petite voiture rafistolée, traversant l'Europe avec son père qu'il connaît trop peu, dans un but religieux qui lui échappe. Ce voyage vers les origines de l'Islam, ce sera aussi un voyage vers la compréhension entre un père et son fils qui, tout au long du film, ne parlent même pas la même langue.
Le film prend donc rapidement une nouvelle dimension et comme la plupart des récits de voyage c'est surtout un chemin mental qui est parcouru, un voyage initiatique rythmé par les prières du père, les coups de colère du fils et les rencontres loufoques.
Le Grand voyage traite de la rupture entre deux générations, celle qui s'est installée en France et la suivante qui y est née, celle qui ne sait pas lire et celle qui est allée à l'école, celle qui rêve de la Mecque et celle qui culpabilise quand elle boit, mais boit quand même. La voiture, espace clos, devient le trait d'union forcé entre les deux hommes. Ce « grand voyage » est l'occasion de les réunir, de les forcer à s'observer, à s'apprendre, à se comprendre.
Bonus :
- L'exposé, court métrage (23 minutes)
- Entretien avec Ismaël Ferroukhi (17 minutes) en quatre parties : A l'origine, Les voyageurs, Sur la route, Le voyage du film.
- Bandes-annonces du film
Le Grand voyage et d'autres issus du catalogue de Pyramide Video (
Dans la vie,
Daratt, saison sèche,
De l'autre côté)
L'exposé :
Un jeune garçon, Reda (oui, comme dans le film), doit faire pour l'école un exposé sur le Maroc dont il est originaire ; malheureusement, il ne sait pas comment faire, n'a pas de dictionnaire chez lui, et en plus aurait préféré parler du Canada.
L'exposé est la toute première œuvre du réalisateur, qui découvre le cinéma avec ce court-métrage ; il fut primé à Cannes en 1993.
Cette œuvre, relativement anecdotique en elle-même, prend en revanche une toute nouvelle dimension quand on la voit après le film (ce qu'il faut bien sûr faire, ne serait-ce que pour voir le trajet accompli par le réalisateur). On trouve en effet déjà, dans cette première approche du cinéma, une ébauche du
Grand voyage : le père sous un tapis accroché représentant la Mecque, la mère dans la cuisine isolée du reste, les ruptures de langue, l'enfant ayant un pied dans la culture française et se trouvant en opposition avec ses parents qui ne parlent que mal français, ne savent pas lire. Et, à travers un élément extérieur, la création du lien entre les deux cultures, et un moyen pour l'enfant de pouvoir rester dans les deux, de les faire se rencontrer, et surtout de se rendre compte qu'elles peuvent coexister.
L'entretien :
Cet entretien avec Ismaël Ferroukhi revient sur différents points de la création du film : la genèse du projet, le choix du casting, le voyage et les repérages, le festival de Venise. Ces différentes parties, de durée et d'intérêt inégaux, s'enchaînent bien et donnent un aperçu de la création d'un film qui se fait tout de même sur 5000 kilomètres. La première moitié de l'interview, pendant laquelle le réalisateur revient sur les thèmes qui sont pour lui importants et sur les raisons qui ont motivé le choix des acteurs, vaut le visionnage. L'ensemble est globalement intéressant, même si on regrette que ce ne soit pas plus long.