Apprenez donc comment ragoter sur la moitié de votre famille avec l'autre moitié grâce à Brothers and sisters. Bientôt sur TF1.
Brothers and sisters est née chez
ABC par
Jon Robin Baitz, qui prend en charge ici sa première série, et
Ken Olin, producteur exécutif d'
Alias (il en a aussi réalisé une vingtaine d'épisodes). La série s'attache à décrire les rapports d'une famille nombreuse après la mort du père. Mais le côté marrant
Brothers and sisters, c'est que les scénaristes ont cru intelligent d'utiliser le point de départ – la famille nombreuse, donc – pour cataloguer les personnages-types des séries américaines.
Reconnaissons-le cependant, en dehors de ce catalogage maladroit,
Brothers and sisters est loin d'avoir été écrite par des incompétents. La preuve indéniable est la façon de faire ressentir les liens entre les frères et sœurs, parfois dérangeants de véracité tellement les situations mentionnées sont similaires à ce que l'on peut retrouver dans une véritable famille nombreuse. Ainsi, leur façon de se téléphoner à chaque instant, voire à deux des frères et sœurs en même temps, ou de parler de leur mère et de la « gérer » à plusieurs, ou encore de décortiquer ensemble chaque passage de leur vie. Leur façon de ragoter les uns sur les autres, aussi, d'envoyer celui qui est le plus à même de trouver le secret et d'attendre le rapport détaillé … C'est confondant.

Le premier épisode de la série nous présente chaque personnage et les différents problèmes qui sous-tendent leurs relations. Parce que disons-le tout de suite, les Walker composent une famille terriblement compliquée. Tout commence avec le retour de Kitty, qui n'a pas parlé à sa mère depuis 3 ans. Elle revient dans la maison familiale pour fêter son anniversaire avec ses parents, ses 3 frères et sa sœur. Chacun arrive alors, avec sa famille, ses ennuis, ses besoins. On apprend que la rupture dans la famille s'est faite autour du départ en Irak du cadet : la mère ne voulait pas qu'il parte et accuse Kitty de l'y avoir poussé. L'ambiance est tendue mais commence à s'aplanir … jusqu'à ce que le père de famille fasse une crise cardiaque au bord de la piscine et meure. Alors, tout se complique : en plus du deuil, les Walker doivent affronter les secrets qui sortent au grand jour à une vitesse alarmante, se gérer les uns les autres – ce qui n'est pas franchement une mince affaire – et évoluer dans leur propre vie, tant au niveau personnel que sentimental.
Nous vous proposons maintenant une petite présentation des personnages de
Brothers and sisters ; avec bien sûr, pour chacun, ce qui fait qu'il est le choix parfait pour figurer dans une série …
Les Personnages
- Nora Walker (
Sally Field)
Nora est la matriarche de la famille et compte bien faire en sorte que tout le monde s'en souvienne. Elle est chiante, fatigante, autoritaire et la plupart du temps insupportable. Elle fatigue ses enfants qui repèrent généralement ses complots et magouilles mais la laissent faire globalement ce qu'elle veut pour avoir la paix et lui pardonnent – à notre avis un peu trop facilement – ces tendances à essayer de contrôler la vie des autres. Nora a été mariée au mort alors qu'elle était encore jeune et croit à l'amour parfait ; sa vie s'effondre complètement à la mort de son mari et surtout à la découverte de la maîtresse. Elle vient d'une famille juive, et si elle a plus ou moins abandonné ses croyances, son frère Saul (
Ron Rifkin) les a conservées. Cool, alors, parce que le personnage de Nora permet en plus de toucher à un peu de religieux – côté très absent de la série, en plus de tout l'aspect « femme trompée ».
Sally Field a remplacé au pied levé
Betty Buckley. Elle a commencé sa carrière en 1965 avec le rôle principal de la série
Gidget, puis a enchaîné dans celui d'une sœur qui peut voler dans
The Flying Nun pour trois saisons. Elle se lance dans les films dans les années 80s avant de retourner aux téléfilms pendant quelques années – rien de très remarquable. On peut quand même la remarquer en mère de Forrest dans
Forrest Gump, et en mère du docteur Lockhart dans
Urgences – on la voit dans une douzaine d'épisodes répartis sur trois saisons.
Sally Field a eu l'Emmy en 2007 pour son rôle de Nora Walker.
- Kitty Walker (
Calista Flockhart)
Kitty pourrait être vue comme le personnage principal de la série. Contrairement à la plupart de sa famille, elle est républicaine ; et en plus, comme si cela ne suffisait pas, elle défend ses idées à la radio, puis à la télévision, puis sous les ordres d'un sénateur en course pour la présidence : une honte aux yeux de sa mère (démocrate) et de son frère Kevin. Deuxième de la famille, c'est elle qui semble la plus proche de son père, sans doute parce qu'elle est en rupture avec sa mère – et on comprend pourquoi. Côté sentimental, Kitty s'amène en début de saison avec Jonathan (
Matthew Settle), son fiancé qu'elle n'a pas l'intention d'épouser et qui ne plaît à personne. Heureusement, elle rencontre par la suite quelqu'un qui finalement lui correspond : le sénateur McCallister (
Rob Lowe). L'apport de Kitty dans la série ? En plus de cette figure centrale, elle permet d'aborder régulièrement des aspects politiques souvent en rapport plus ou moins direct avec l'actualité. Même les attentats du 11 septembre sont évoqués : sentiments de ceux sur place, de ceux qui survivent, des familles qui ont peur.
Brothers and sisters ne fait pas dans la dentelle et a su émouvoir aux larmes les Américains sans les choquer, bien joué.
Pour cette figure centrale, il fallait une actrice solide et si possible connue. Reconnaissons-le, la plupart des acteurs de
Brothers and sisters sont connus dans le monde des séries. Alors un peu plus connue que les autres, ça nous donne
Calista Flockhart, excellente Ally Mc Beal de la série du même nom, qui s'est fait plutôt toute petite depuis la fin de celle-ci. Mais on se rappellera quand même du plutôt réussi
Fragile, sorti en 2006.
- Justin Walker (
Dave Annable)
Justin, cinquième et dernier de la fratrie, est le vilain petit canard de la famille. Parti en Irak on ne sait trop pourquoi ni à cause de qui (premier problème), il a un problème de drogue (second problème) et d'alcool (second et demi) et ne garde aucun travail (troisième). Le personnage de Justin permet aux scénaristes d'aborder la question délicate de la guerre en Irak et surtout du retour des soldats et de leurs problèmes de réadaptation à la vie normale. Les membres de la famille prennent alors position, et la série va jusqu'à s'interroger sur l'utilité de la guerre. On a aussi quelques tirades sur la haine de soi d'avoir survécu, les dégâts faits par la drogue (comme toute série américaine, celle-ci a une tendance moralisatrice qui accourt au galop dès qu'on a le dos tourné), l'importance de la famille dans les moments difficiles.
Dave Annable … le nom ne vous dit rien ? Normal. Après deux tout petits rôles, il a seulement joué dans
Reunion, une mini-série d'une saison sur d'anciens amis qui se retrouvent après vingt ans ; l'un d'entre eux est un meurtrier …
- Sarah Whedon (
Rachel Griffiths)
Sarah est l'aînée et la plus sympa du groupe. Elle a un très bon poste dans la compagnie familiale, deux enfants Paige et Cooper (
Kerris Dorsey et
Maxwell Perry Cotton) et un mari, Joe (
John Pyper-Ferguson), qui a pris le rôle – qu'il commence à trouver ingrat – de père au foyer. Son personnage cristallise donc la question familiale : comment être une bonne mère tout en travaillant, comment gérer la place de chef d'une compagnie tout en étant une femme, comment ne pas froisser l'égo de son mari, comment … Sa bulle parfaite va vaciller avec les problèmes que rencontrera l'entreprise et avec les difficultés que son mariage a beaucoup de mal à surmonter.
On n'a pas oublié
Rachel Griffiths depuis qu'on l'a vue dans la saison 1 de
Six pieds sous terre. Son rôle d'artiste déglinguée, moitié folle, pleine de névroses, est excellent, et l'actrice toujours très juste. Ici, pareil. Sinon, vous avez pu la voir dans le très bon
of the Revolution, le dépressif
Jude, le larmoyant
Amy, le douteux
La chance de ma vie ou encore le très oubliable
Ned Kelly ; dans les trois derniers films, elle a quand même l'un des rôles principaux.
- Tommy Walker (
Balthazar Getty) et Julia Walker (
Sarah Jane Morris)
Tommy, troisième enfant, est l'effacé de la bande. Il est marié à Julia, blonde et douce (donc femme parfaite pour les séries), qui apparemment ne travaille pas. Dans le courant de la saison, le calme et posé Tommy va se révéler et prendre sa place dans la famille et dans l'entreprise : il va petit à petit se faire respecter des autres et surtout de Sarah, sa supérieure dans l'entreprise, jusqu'à même ouvrir sa propre boîte. Tommy apporte calme et stabilité dans une famille plutôt en désordre, et permet d'aborder un problème particulier de la vie de couple : ils essayent en effet d'avoir un enfant mais Tommy n'est pas fertile, ce qui déclenche tout un processus – dont le plus important est le choix du donneur.
Balthazar Getty commence sa carrière à quinze ans en jouant le rôle principal de l'adaptation de
Sa majesté des mouches. Il a ensuite plusieurs rôles – certains importants – dans divers films mais peu de ceux-ci ont marqué les mémoires. On se souvient peut-être de lui dans la saison 6 de
Charmed, où il joue pendant plusieurs épisodes Richard Montana dans une version twistée de Roméo et Juliette. Il est aussi très présent dans la saison 5 d'
Alias : rappelez-vous de l'agent Thomas Grace, qui a le temps de se faire embaucher et de mourir dans une seule saison.
Sarah Jane Morris n'a pas eu de rôle marquant, se contentant d'apparitions dans diverses séries ; le personnage de Julia Walker lui permet de se faire un peu plus connaître.
- Kevin Walker (
Matthew Rhys)
Kevin, c'est l'homosexuel. Avec autant d'enfants (il est donc le quatrième, si vous avez suivi), il fallait bien qu'il y en ait un … n'oubliez pas qu'on est dans une série américaine. Comme si ça ne suffisait pas, il est avocat. Avocat et homosexuel : il fait fort. En plus de cumuler les clichés, Kevin est aussi l'handicapé question relations sentimentales ; vrai romantique souvent moqué par ses frères et sœurs, il semble attendre le grand amour – mais en fait on ne sait pas trop. Frustré tendance obsessionnel, il s'inquiète beaucoup pour tout le monde et a une morale quelque peu rigoriste. Ses histoires d'amour cette saison : le serveur Scotty (
Luke Macfarlane), l'acteur Chad (
Jason Lewis) et le pasteur Jason (
Eric Winter).
Matthew Rhys a une bonne base théâtrale, et a continué de jouer sur les planches même avec sa carrière au cinéma et à la télévision. Petite précision : il n'est pas homosexuel, mais en a pourtant souvent joué. Le dernier en date, plutôt sympa d'ailleurs, c'est celui de Peter dans
Love (et ses petits desastres) : un scénariste refoulé qui attend le grand amour (oui, encore) et construit dans sa tête la relation parfaite. Il a aussi été Demetrius dans le
Titus de
Julie Taymor, ou encore Frank dans le remarqué
Peaches. On le verra bientôt dans
The Edge of Love, où il joue le poète Dylan Thomas.
- Holly Harper (
Patricia Wettig)
Holly est la trouble fête du coin : une ex-maîtresse, qui n'est « ex » que parce que le mari est mort, ça fait toujours tache. Surtout quand la famille est censée être parfaite, quand personne n'est au courant, et quand la nouvelle venue semble savoir plus de choses que les autres sur le défunt. En plus, c'est une ancienne actrice de seconde zone, ce qui n'est pas très glorieux … Holly se fraie un passage dans la famille, doucement mais sûrement. Elle dérange mais est inévitable. Sa fille Rebecca (
Emily VanCamp), qui apparaît dans le courant de la saison 1, prend par la suite beaucoup d'importance.
Patricia Wettig a des yeux bleus transparents quelque peu glacials. Ils ont été intelligemment utilisés dans
Prison Break : c'est la vice-présidente qui devient présidente. Alors quand elle arrive et joue la méchante, ici, on y croit sans problème : après tout, quelqu'un qui envoie des agents après les frères Burrows est sûrement capable de tout. Elle a joué quelques arcs dans
Breaking News,
L.A. Doctors ou encore
Courthouse. Vous l'avez aussi sans doute reconnue d'
Alias, où elle interprète le personnage du Dr Barnett dans une dizaine d'épisodes. Elle a aussi joué dans de nombreux téléfilms et quelques films sans importance. Son plus long rôle a été celui de Nancy Krieger-Weston dans les quatre saisons de
Thirtysomething. Quant à
Emily VanCamp, elle est Amy dans les quatre saisons d'
Everwood.
Brothers and sisters vient de terminer sa deuxième saison aux Etats-Unis, raccourcie bien sûr suite à la grève des scénaristes. On attend une troisième saison à la rentrée. Pour la France, c'est TF1 qui diffusera la série dans quelques mois.