Deux mois après la sortie de Sin City, voici le nouveau film de Robert Rodriguez. Un conte pour enfants qui bénéficie de la même technique 3D que Spy Kids 3 pour un résultat toutefois meilleur.
Robert Rodriguez est un vrai touche-à-tout. En effet, lui pour qui les films violents et couillus sont en général des réussites (
El Mariachi,
Desperado,
Une nuit en enfer,
Sin City) revient au genre pour enfants auquel il a goûté avec la trilogie
Spy Kids. Voici donc un film qui compte l’histoire de Max, petit garçon dont les rêves sont rythmés par Shark Boy et Lava Girl, personnages extraordinaires dôtés respectivement de la grande force des requins et du pouvoir de maîtriser la lave. Lorsqu’il raconte ça à l’école, il devient la risée de tous ses camarades… Jusqu’à ce que les personnages fassent réellement irruption dans la réalité afin de sauver le monde des rêves qui est en proie à Mr. Electric et son mystérieux maître.
Petite récréation donc pour
Robert Rodriguez entre deux épisodes de l’univers
Sin City (le second volet sortira l’an prochain). Il ne faut pas se tromper, ce film est clairement destiné aux enfants,
Robert Rodriguez ayant été secondé au scénario par son propre fils de 7 ans ! Le générique du début y met d’ailleurs bien l’accent en mentionnant « A Rodriguez Family Movie ». Alors, bien sûr, le scénario est archi-simpliste et moralisateur mais suffit amplement pour développer des aventures qui sauront plaire aux enfants. En effet, dès que l’on passe dans le monde loufoque des rêves de Max, on peut y suivre les péripéties débridées de celui-ci et de ses deux compagnons dans un univers aux effets spéciaux qui font très toc, voir même très cinématiques de jeux vidéo vieux de 5 ans. Les petits savoureront ce monde imaginaire fait de cookies géants, de robots parlants, et de cubes de glaces vivants.
Parlons un peu de la technique 3D que
Robert Rodriguez avait déjà employée dans l’affreux
Spy Kids 3. Ici, tout le passage dans le monde des rêves se regarde avec les lunettes spéciales prévues à cet effet. Alors oui, la technique n’est toujours pas au point, l’image prenant un bizarre aspect bicolore, qui tend tout de même à s’amenuiser au fur et à mesure que l’œil s’habitue, et le port prolongé de ces lunettes à tendance un filer un léger mal de crâne à la longue. Mais il faut bien avouer que certaines cènes en 3D sont tout à fait saisissantes sur grand écran et l’on a vraiment l’impression que le paysage s’étend très loin. Cette technique se prête parfaitement aux aventures infantiles qui se déroulent sous nos yeux, renforçant ainsi l’aspect merveilleux de ce monde des rêves.
Dans un autre registre, les jeunes acteurs jouent justes.
Cayden Boyd a la fragilité qu’il faut pour interpréter ce rêveur qu’est Max, et Shark Boy et Lava Girl sont interprétés avec toute la malice qu’il faut. Les acteurs adultes, quant à eux, s’adonne fatalement à du cabotinage, pour lequel on sent qu’ils se sont bien amusés. On constate que
Robert Rodriguez mène plutôt bien sa barque, dans la limite de son potentiel, et réalise là un compte pour enfants moderne et débridé, qui ne prétend à rien de plus que ça, et qui ne se prend pas vraiment au sérieux. On attend maintenant de pied ferme le retour au sérieux avec
Sin City 2. Un divertissement infantile en 3D de plus pour Robert Rodriguez après l’abominable
Spy Kids 3. C’est nettement plus sympathique cette fois et sans aucune autre prétention que de divertir les enfants.