Vincent Elbaz est un trentenaire en vrac dans Tel père, telle fille, l'adaptation du roman de Viriginie Despentes, Teen Spirit.
Comment réagir lorsqu'on a la trentaine, que l'on vit clairement à l'arrache, et que l'on apprend que l'on a une fille, âgée de 13 ans déjà ? C'est dur pour Bruno, qui végète déjà chez sa petite amie sans job et ne va pas tarder à se faire virer, l'obligeant à trouver refuge chez son amie de toujours, Sandra. Une ex le contacte et lui apprend donc qu'il a une fille nommée Nancy, et va accepter de faire sa connaissance. Il va alors apprendre à assumer son rôle de père, et tous les inconvénients qui vont avec.
Librement adapté du moins sulfureux des romans de
Virginie Despentes,
Tel père, telle fille est un film peut-être pas inoubliable, mais plutôt sympathique par la légèreté de ton adopté, et qui traite de thèmes aussi variés que l'insertion dans la société ou l'apprentissage de la paternité sans jamais nous servir des clichés faciles et lourdauds vus et revus. La crédibilité de l'histoire passe par une peinture de l'univers du rock underground crédible, loin du cliché nauséeux des drogués tous azimuts, et est portée par un
Vincent Elbaz en grande forme, qui évolue avec une réelle facilité dans le rôle de ce trentenaire, rock-star un peu has been, clairement anti-social. Par sa démarche saccadée, son air renfrogné et son élocution étouffée, il crée un personnage éminemment attachant, pas encore prêt à se frotter à la dure réalité de la vie.
Le coup de l'apprentissage de la paternité n'est pas abordé d'une façon ultra originale,
Vincent Elbaz devant faire avec une ado forcément aussi rebelle que lui. Notre homme va devoir user de sa nouvelle autorité pour se faire respecter. Si ce qui pourrait avoir un air de déjà-vu fonctionne plutôt bien, c'est grâce à l'alchimie entre
Vincent Elbaz et la nouvelle venue
Daisy Broom qui fonctionne plutôt bien. Adoptant parfaitement la posture faussement désinvolte des adolescents, la jeune actrice fait preuve d'un répondant tout à fait crédible. On pourra regretter une présence un peu moindre d'actrices talentueuses comme
Léa Drucker,
Elodie Bouchez et
Frédérique Bel, qui parviennent néanmoins toutes à faire leur petit numéro avec les quelques minutes de présence qui leur sont accordées. Dommage que le scénario intègre une histoire d'amour cachée mais forcément inévitable bien trop téléphonée. Même si le film n'est jamais transcendant, il se laisse agréablement suivre car il n'est jamais prétentieux, ni moralisateur, ce qui est déjà franchement bien. Sans grandes prétentions, Tel père, telle fille n’est peut-être pas inoubliable mais fait passer un agréable moment car il n’est jamais lourd ni moralisateur, et nous livre un Vincent Elbaz pile-poil comme il faut dans le rôle du père rebelle et anti-social.