Dossier : Cate Blanchett

Quand elle apparaît à l’écran, on ne voit plus qu’elle ; sa voix prend toutes les intonations, tous les accents. Alors, Cate Blanchett, l’actrice absolue ?


L’Australie : pays du surf, des coraux, des kangourous … et des acteurs géniaux qui atterrissent à Hollywood avec un style bien à eux. Nicole Kidman, Hugh Jackman et Geoffrey Rush en font partie. Et parmi eux, Cate Blanchett, qui se montre ce mois-ci en France dans deux films totalement différents : The Good German, le 14, et Chronique d’un scandale, le 28. Portrait d’une actrice au talent monstrueux à travers une filmographie presque parfaite.



Des débuts très théâtraux

Catherine Elise Blanchett est née le 14 mai 1969, à Melbourne. Directrice de la troupe de théâtre de son lycée méthodiste, elle se lance ensuite dans des études d’art et d’économie mais laisse tomber pour voyager et part en Angleterre, puis en Egypte, où elle se fait engager pour faire de la figuration dans un film de boxe ; une expérience rebutante mais qui lui fait comprendre ce qu’elle veut faire. En rentrant à Melbourne, elle s’inscrit au prestigieux Australia's National Institute of Dramatic Arts, d’où elle sort diplômée en 1992 à l’âge de 23 ans. A partir de cette date, elle rencontre immédiatement un succès publique et critique en Australie, tant dans ses rôles pour le théâtre que pour les films télévisés : ses premières années sont pavées de récompenses. Elle joua dans une pièce de théâtre pour la Sydney Theatre’s Company, puis interpréta la mariée dans Kafka Dances de Timothy Daly, ce qui lui permit de recevoir le prix de la meilleure actrice pour un premier rôle décerné par le Sydney Theatre Critics Circle, et, la même année, le Rosemont Best Actress Award pour le rôle de Carol dans l’Oleanna de David Mamet. Un début sur les chapeaux de roue qui lui offrira par la suite de très beaux rôles, comme celui d’Ophelia dans Hamlet (rôle pour lequel elle a été nominée en tant que meilleure actrice) ou de Miranda dans La Tempête. A la télévision, elle a joué dans deux productions d’ABC, Bordertown et Police Rescue, ainsi que dans la série G.P.. C’est probablement de ces débuts sur les planches qu’elle tire sa capacité à faire naître tout un personnage en une respiration, à créer un monde en un geste.

L'entrée dans le cinéma



Le cinéma lui fait alors du pied : Paradise Road, de Bruce Beresford, est son premier film ; elle partage l’affiche avec Glen Close, Jennifer Ehle et Frances McDormand. On y suit un groupe de femmes dans un camp de prisonnières pendant la seconde guerre mondiale qui décident de former un chœur pour s’en sortir ; et Cate Blanchett joue la plus jeune, la plus fragile du groupe, qui doit s’endurcir et surmonter différentes épreuves. C’est ce film qui fait qu’Hollywood s’intéresse à elle. Aussi, un an plus tard, prépare-t-elle un film australo-américain, Oscar et Lucinda, dans lequel elle est une femme indépendante qui tombe amoureuse d’un prêtre joué par Ralph Fiennes. Shekhar Kapur, qui cherche une actrice pour son Elizabeth, voit des extraits du film dans le bureau de son directeur de casting et la choisit pour incarner la reine vierge face à Joseph Fiennes (petit frère du précédent). Son interprétation séduit immédiatement tout le monde et lui apporte une nouvelle flopée de récompenses dont le Golden Globe de la meilleure actrice pour un film dramatique, et le prix des Film Critics Association de Broadcast, Chicago et Toronto ; elle est aussi nominée pour l’Oscar 1999 qu’elle perd face à Gwyneth Paltrow pour un autre film en costume : Shakespeare in Love – on se demande encore pourquoi, mais, après tout, les oscars ne sont pas connus pour leur sagacité.

Cate Blanchett est maintenant connue et surtout reconnue. Elle enchaîne avec un autre film en costumes et joue Lady Gertrude Chiltern dans Un Mari Idéal (tiré de la pièce d’Oscar Wilde du même nom). Vient alors une série de films peu intéressants : Les Aiguilleurs, sans grande envergure malgré un casting de qualité (avec elle, John Cusack, Angelina Jolie et Billy Bob Thornton), Le Talentueux Mr Ripley – elle y joue Meredith Logue, une riche héritière séduite par le personnage de Matt Damon, éclairant chacune des scènes dans lesquelles elle apparaît – et The Man who cried, dans lequel elle est une danseuse russe. C’est là que se dévoile une partie non négligeable du talent de l’actrice : sa voix. En effet, Cate Blanchett semble capable de prendre n’importe quel accent, n’importe quelle intonation. Cette particularité, elle saura l’exploiter par la suite pour donner à ses personnages une profondeur unique.

Mais elle est partout !

Pour tout acteur qui monte, il y a une année où le nombre de leurs films explose. Pour Cate Blanchett, c’est 2001 qui la montre partout, avec cinq films totalement différents dont trois dans lesquels elle tient l’un des rôles principaux. Intuitions nous la fait voir déboussolée, perturbée, dans un film à la limite du fantastique ; dans Bandits, elle est rousse flashy, a la voix rauque, danse dans sa cuisine (une scène à ne pas rater), renverse Billy Bob Thornton et finalement séduit ce dernier – et Bruce Willis par la même occasion. La même année, l’actrice tient le rôle principal de Charlotte Gray, un film passé plutôt inaperçu – sorti en France dans quelques salles en même temps que le DVD, deux ans après les Etats-Unis – mais qui ne manque pas de qualités. Gillian Armstrong, pour qui l’actrice avait déjà joué dans Oscar et Lucinda, aborde une partie généralement évitée de la seconde guerre mondiale, surtout au cinéma : l’implication des groupes communistes dans la résistance française, les soutiens qu’ils reçurent de l’Angleterre et leurs positions précaire à la fin de la guerre, quand l’ennemi n’était plus l’Allemagne en déroute mais la Russie victorieuse ; Cate Blanchett y interprète une anglaise qui décide de partir en France en tant que contact pour aider la Résistance, suite à la disparition de son petit ami aviateur.



Cette même année, elle joua aussi deux petits rôles : l’un dans Terre Neuve (elle y interprète une femme déséquilibrée) et l’autre, bien sûr, dans Le seigneur des anneaux : la communauté de l’anneau (et ses deux suites, en 2002 et 2003) : si l’actrice a accepté d’être la belle Galadriel, c’est, dit-elle, parce qu’elle avait toujours rêvé de jouer avec des oreilles pointues ; elle a d’ailleurs gardé ses prothèses. C’est sa voix, profonde pour l’occasion, qui lance le film, et, évidement, elle mange complètement l’écran à chacune de ses petites apparitions.

Et Cate Blanchett continue sur sa lancée : travaillant avec les meilleurs réalisateurs, elle enchaîne les films et nous montre à chaque fois qu’elle peut tout jouer : fragile au crane rasée en terroriste amateur dans Heaven de Tom Tykwer, elle accepte de jouer pour Joel Schumacher dans Veronica Guerin : petit accident de parcours (le film est convenu et terriblement démagogue) mais aucun doute pour nous, le combat politique lui va tout aussi bien que le reste. Après une course dans le désert à la poursuite des ravisseurs de sa fille dans Les Disparues (Ron Howard), Jim Jarmusch lui offre un rôle dans Coffee and Cigarettes en 2003, dans le sketch « cousins » : elle y est, en noir et blanc, une actrice qui s’interroge sur la célébrité.

Et maintenant ?
Cate Blanchett, maintenant, c’est à Aviator qu’elle est associée. Martin Scorsese l’a choisi, avec raison, pour interpréter la géniale Katharine Hepburn dans sa vision de la vie d’Howard Hughes. L’interprétation de Blanchett scotche tout amoureux d’Hepburn : devant nous, elle surgit, tangible, dans le moindre détail. Tout y est : la stature, le maintien, le sourire, la voix surtout, avec cette intonation si particulière qu’avait Katharine Hepburn. Le plus flagrant : la scène du golf, presque hallucinante. Bien sûr, elle raflera tous les prix cette année-là. Et même les oscars se rendent compte qu’il est temps de reconnaître son talent : après avoir honteusement donné le prix du meilleur acteur à Jamie Foxx au lieu de Leonardo DiCaprio, une prise de conscience a fait que Cate Blanchett a remporté la récompense. L’honneur est sauf …



Les deux films suivants, La Vie aquatique (bourré d’acteurs de premiers plans) et Babel (film choral), montrent une particularité assez étonnante de l’actrice : quoi qu’il arrive, quel que soit la personne en face d’elle, on ne voit qu’elle. Phénomène plutôt étrange qui se répète presque à chaque fois, et finalement dans la plupart de ses films. Puis vient The Good German, quelque peu décevant même au niveau du jeu de l’actrice, malgré un style très « actrice allemande des années 40 » et, là encore, un accent impeccablement réglé sur son personnage. Et depuis ce mercredi, on peut la voir dans Chronique d’un scandale, pour lequel elle a été nominée (en tant que second rôle) à l’Oscar, qu’elle a perdu face à Jennifer Hudson pour Dreamgirls.

Cate Blanchett a pour l’instant cinq projets sur le feu, les deux plus excitants étant certainement The Golden Age, parce qu’on ne peut pas décemment bouder la suite d’Elizabeth, et The curious case of Benjamin Button, parce qu’il est difficile de refuser une nouvelle collaboration Cate Blanchett/Brad Pitt, surtout après Babel, et surtout pour David Fincher.
 
Publié le 28/02/2007 par Marie-Ambre Devanlay

» IMAGES
Dossier : Cate Blanchett
Dossier : Cate Blanchett
Dossier : Cate Blanchett
Dossier : Cate Blanchett
Dossier : Cate Blanchett
Dossier : Cate Blanchett
Dossier : Cate Blanchett
Dossier : Cate Blanchett
Dossier : Cate Blanchett
Dossier : Cate Blanchett
Dossier : Cate Blanchett
Dossier : Cate Blanchett
Dossier : Cate Blanchett
Dossier : Cate Blanchett
Dossier : Cate Blanchett
Dossier : Cate Blanchett
» Plus d'images...



Newsletter | Webmaster | Aide | Publicité/Contacts

Réseau PRESSELITE : Gamekyo | Cinema-France | Weplug | PokémonFrance



CINEMA-FRANCE.COM V 1, Magazine du Cinéma, des DVD et des Séries TV. Copyright © 2005-2008 CINEMA-FRANCE.COM, toute copie intégrale ou partielle est interdite. Les images sont Copyright © par leurs propriétaires. CINEMA-FRANCE.COM est édité par la société PRESSELITE.