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Dossier : [DVD] Le signe de Venus |
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Opening conclue de manière satisfaisante sa salve de comédies italiennes par Le signe de Vénus de Dino Risi.
Caractéristiques :
Format : 1.33 - 4/3 – noir et blanc -1h33
Langue : italien Mono
Sous titres : Français
Critique du film :
Agnese (Sophia Loren) et Cesira (FrancaValeri) sont deux cousines vivant modestement dans un appartement de Rome. L'une est belle et séduisante, faisant l'objet de tous les désirs de la gent masculine qui l'entoure alors que l'autre, plus ordinaire, peine à rencontrer un homme qui s'intéresse à elle. Pourtant lorsqu'une voyante lui prédit qu'elle va faire la rencontre de trois partis dont un destiné à devenir son grand amour, Cesira se met en quête de l'être aimé. Elle fait alors la connaissance de Romolo (Peppino de Filippo), un petit escroc de bas étage, Alessio Spano (Vittorio de Sica), un journaliste raté et fauché, de la moindre occasion pour profiter de son prochain et Ignazio (Raf Vallone), un pompier charmeur conquis par la beauté d'Agnese…
Au moment de tourner Le signe de Vénus, le réalisateur Dino Risi n'est pas encore le grand maître qu'il va devenir plus tard, tout au plus est-il un artiste promu à un bel avenir (il a déjà de nombreux documentaires et courts-métrages à son actif). C'est pourquoi la fameuse société Titanus Film lui offre l'opportunité de signer une production de premier ordre, doté d'un casting composé de grands noms locaux. Pour la première fois, Risi se tourne vers le genre humoristique et coécrit - avec entre autres Luigi Comencini - le scénario de ce qui allait devenir le tournant décisif de sa carrière.
Le signe de Vénus se pose donc comme une œuvre charnière dans la construction de la carrière de son metteur en scène, le point de départ qui pose les bases d'une future filmographie riche et tournée vers la comédie « méchante » : de la sorte on retrouve une mise en évidence des défauts des différents protagonistes, égoïstes, profiteurs, manipulateurs, plein de bassesse. Des caractères blâmables non pas peints de manière monochromatique mais avec toute une palette de couleurs les rendant drôles, humains et dotés de réels moments d'empathie (l'aspect paternaliste final du personnage de Vittorio de Sica). Bien sûr, cette critique sociale (bien plus qu'une simple comédie de mœurs) d'une société masculine émotionnellement oppressive à l'égard de la femme n'a pas encore la férocité, l'agressivité de Les Monstres par exemple, mais déjà est présent ce regard ironique sans parti-pris.
Car Risi ne juge pas, en démontre l'opposition physique et caractérielle entre les deux cousines, ne prenant aucunement l'avantage sur l'autre : si Agnese, sensiblement cruche, ne connaît pas de sérieux problèmes affectifs (au pire elle passe son temps à repousser les avances), elle se voit exclue du monde du travail qui ne la prend pas au sérieux. Inversement la plus intelligente Cesira, roturière elle, laisse complètement indifférent. Des contraires qui finissent par se rejoindre dans leur innocente naïveté face aux agissements calculateurs des hommes, devenant en fin de compte les prisonnières de leur apparence (sans rien dévoiler de la conclusion, celle-ci laisse peu de chance au bonheur des demoiselles).
Dit comme ça, le propos peut paraître très sérieux (il est vrai que l'imagerie y est dramatique), mais on se régale pareillement des prestations loufoques du cinéaste Vittorio de Sica (Le voleur de bicyclette) en bonimenteur filou et des baragouinages de Peppino de Filippo qui émaillent ce galop d'essai plein de maîtrise, à la fois artistiquement recherché et populaire dans le bon sens.
Technique :
• Image :
On peut dire que la copie du film n'a pas été placée sous le signe de la restauration, tant les multiples saccages du temps abondent (griffures, taches, sauts d'images …) sur l'intégralité du métrage. Rien de dramatique cependant, son visionnage n'est aucunement troublé, la définition restant dans la bonne moyenne des deux précédents volumes de la collection (mis à part quelques plans granuleux). Le léger sentiment de déception provient surtout de la comparaison avec la copie réjouissante de Hold-Up à la milanaise. On aurait réellement aimé que l'œuvre de Dino Risi profite également de cette qualité optimum. Sans jouer la juxtaposition entre les deux, Le signe de Vénus présente une image bien plus qu'honorable.
• Son :
Un mono d'origine qui tire vers le meilleur de ses possibilités : une écoute plaisante axée sur des dialogues parfaitement audibles et une musique de fond jamais surabondante. Au pire, les ouïes les plus fines noteront un léger bruit vidéo inscrit sur la durée, mais rien de perturbant.
Bonus :
Seul bonus présent, une interview de l'historien du cinéma Valerio Caprara, auteur du livre « Dino Risi, maître de la comédie italienne ». En un laps de temps très court, le critique revient pertinemment sur la place de Le signe de Vénus dans la carrière du prometteur Dino Risi - qui va annoncer par la suite son goût pour les comédies féroces et frontales, précurseur de ce qu'allait devenir la comédie à l'italienne dans les années 60. S'ensuit alors un examen des deux personnages principaux féminins, de l'image « dinorisienne » de l'homme qui pousse ces œuvres à glorifier la femme, etc … A priori très succinct, l'entretien vaut bien plus que d'autres plus long.
Interactivité :
- « Dino Risi, en marche vers la comédie » : interview de Valerio Caprara, critique et historien de l'histoire du cinéma. (12'20)
Comme le reste de la collection de chez Opening, une édition mince mais plus qu'honorable qui permettra aux néophytes de découvrir dans de bonnes conditions et de comprendre l'une des pièces fondatrices de l'âge d'or du cinéma italien, tout en fournissant un bon point de départ à une exploration personnelle d'autres fleurons du genre.
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Publié
le 21/05/2008 par Julien Munoz
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