Deuxième volet d'une sortie de films comiques italiens chez l'éditeur Opening, Hold-Up à la milanaise perpétue la bonne tenue de la collection.
Caractéristiques :
Format : 1.33 - 4/3 – noir et blanc -1h45
Langue : italien Mono
Sous titres : Français
Critique du film :
L'énorme succès rencontré par
Le Pigeon en Italie en 1958 pousse le producteur du film
Franco Cristaldi à lui donner rapidement une suite. Réalisateur du premier opus,
Mario Monicelli laisse sa place à
Nanni Loy, intellectuel et scénariste qui fait avec ce
Hold-Up à la milanaise ses débuts derrière la caméra. De prime abord, cette séquelle avait tout de la simple commande mais c'était sans compter sur une envie de ses initiateurs de fournir une production au moins équivalente à son prédécesseur.
Quelques temps après son précédent « coup d'éclat », Pépé la panthère se voit proposer une autre affaire : l'attaque du fourgon transportant les recettes des paris du football. Censée être une opération devant se dérouler sans le moindre souci, Pépé, aidé par quelques uns de ses anciens compagnons et de nouveaux collaborateurs, se lance dans l'aventure, préparant minutieusement chaque détail. Malheureusement pour nos voleurs du dimanche, rien ne va se dérouler comme prévu …
Toujours signé par
Agenore Incrocci et
Furio Scarpelli, le scénario reprend les éléments qui ont fait la renommée du
Pigeon : plusieurs personnages refont leur apparition (
Vittorio Gassman,
Renato Salvatori,
Carlo Pisacane,
Claudia Cardinale), on retrouve le même ton tragi-comique, un fond social détaillé empreint de réalisme… tout en intégrant d'autres absents de l'œuvre originale. En effet,
Nanni Loy va inscrire son
Hold-Up à la milanaise dans les deux genres qu'il parodie, c'est-à-dire le film de hold-up et principalement le film noir. Il récupère ainsi à son compte les caractéristiques, le style des films policiers américains et français des années 40-50 : un noir et blanc très contrasté, un montage plus rythmé, une musique jazzy … caractéristiques savamment détournées par la présence des personnages, véritables pieds-nickelés se prenant pour des gangsters de haut-vol mais dont la maladresse, la malchance perpétuelle et la bêtise vont plus ridiculiser la profession qu'autre chose.
En découle une caricature (virant à la satire) très drôle d'une société dans laquelle le désir des petites gens qui la composent de sortir de leur misérable quotidien (Mario essayant d'être un futur bon époux, le pauvre vieux Capannelle ne désirant que se remplir la panse …), se voit inexorablement mis à mal. D'où finalement un attachement sincère du spectateur envers ces gentils losers, aussi irrésistibles (les numéros comiques de
Nino Manfredi et de toute la bande sont chronométrés au millimètre près) que pathétiques.
En résumé,
Hold-Up à la milanaise est une comédie criminelle savoureuse et attachante qui s'inscrit directement dans la même veine que
Le Pigeon tout en s'en détachant intelligemment. Un petit classique.
Technique :
• Image :
Sans aucun doute la plus belle édition du point de vue de l'image parmi cette vague dédiée à la comédie italienne. Si la copie d'A
Cheval sur le Tigre comprenait plusieurs défauts de pellicule, celle de
Hold-Up à la milanaise en est quasiment libérée. Il y a bien quelques petites taches ça et là, mais elles se comptent sur les doigts de la main et franchement il faut ne rien avoir à faire d'autre pour s'en préoccuper. Quant à la définition, la profondeur de champ et la compression, elles sont d'un haut niveau. Du beau travail.
• Son :
Un mono d'origine offre des dialogues parfaitement audibles et nets, et un épisodique bruit vidéo, plus ou moins important, vient à peine entacher une écoute agréable. Un son de bonne facture.
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Bonus :
L'édition d'
Hold-Up à la milanaise se montre similaire à celle d'
A Cheval sur le Tigre : aucun menu de chapitrage (une recherche manuelle des scènes est obligatoire) et un seul bonus en guise d'interactivité. Il s'agit d'un petit module de plus de dix minutes où intervient en majorité le critique
Mario Sesti revenant sur les conditions de création du film (on apprend que
Nanni Loy le considérait uniquement comme une commande destinée à lui permettre de réaliser
Les Partisans attaquent à l'aube) et analysant les différences et points communs entre le film et
Le Pigeon. L'interview se voit entrecoupée par celle de l'acteur
Tibero Murgia racontant comment il a été adopté par hasard dans le monde du cinéma. On y découvre un homme simple, modeste qui reconnaît volontiers sa chance d'avoir pu s'amuser tout en gagnant son pain. Toutefois, on se dit que cette confession aurait pu faire l'objet d'un deuxième et plus long bonus dédié au comédien au lieu de se voir maladroitement intégré dans un autre.
Interactivité :
« Le Pigeon… la suite » : interviews de
Mario Sesti, critique, directeur artistique de Rome Filmfest ; et
Tibero Murgia, acteur. (13'40)
Opening va une fois de plus à l'essentiel : le film, disponible dans d'excellentes conditions de visionnage. Cela justifie pleinement l'achat mais on regrette de ne pas se voir proposer une édition double comprenant Le Pigeon et un menu éditorial plus complet.