Dossier : Les super heros (1)

Dossier : Les super heros (1)

La sortie d'Iron Man en France, première production 100% Marvel, est l'occasion de revenir sur la prolifération des super-héros au cinéma.


Voici une première partie de ce dossier, relatant la présence jusqu'aujourd'hui des super-héros issus de comics au cinéma.


Depuis l'année 2000, de drôles de personnages dotés de superpouvoirs envahissent les écrans du monde entier. Leurs noms : Superman, Spider-Man, X-Men… et bien d'autres ont su acquérir une place royale dans le monde du 7ème art, remplissant en masse les salles obscures de hordes de fans se précipitant pour aller voir la dernière adaptation cinématographique de leurs super-héros préférés. Simple effet de mode ou phénomène durable ? Pour essayer de répondre à cette question, faisons un état des faits.

Même le plus néophyte sait qu'à l'origine tous ces individus ont été (et sont encore) issus du monde du comic book, c'est-à-dire de la bande dessinée américaine où ils sont nés au fil du XXème siècle de l'imaginaire d'hommes tels que Stan Lee , Jack Kirby, Bob Kane… pour ne citer que les plus connus. Avant tout considéré comme s’adressant aux enfants, le comic n'a aucune valeur artistiques auprès de l'adulte lambda (il n'y a qu'à voir le nom attribué au format : comic = comique). La BD est alors regardée comme un objet de la sous-culture enfantine, pouvant rapporter gros (les numéros s'écoulent par milliers). Ce manque de considération s'inversera progressivement vers la fin du siècle, quand le doyen d'une grande université américaine se laissera convaincre du caractère sociologique et mythologie des supers héros au point de créer un cours sur cette idée que derrière les collants, les costumes clinquant et tout ce folklore se cache en fait tout un lot de contes, de fables, de légendes modernes – à l'instar de celles de l'Olympe - inscrits profondément dans l'inconscient collectif de la société américaine. Après tout, le moins érudit n'ayant jamais ouvert un seul comic de sa vie connaît, dans les grandes largueurs, les origines extra-terrestre de Clark Kent, la naissance des pouvoirs de Peter Parker ou le passé sombre et traumatisant de Bruce Wayne.

Le cinéma :

Les modestes débuts

Au vu du succès populaire et littéraire qu'entretiennent ces personnages, le septième art et surtout Hollywood ne pouvaient pas passer à côté d'un tel potentiel financier. Cependant on est loin du phénomène rencontré de nos jours, les superhero movies étant assez anecdotiques jusque dans les années 70. Précédemment, il y eu les courts-métrages animées de Superman signés par Dave et Max Fleischer et les deux feuilletons divisés en 15 épisodes chacun, Batman (avec Lewis Wilson dans le rôle titre) et Batman et Robin ; tous les trois ont été diffusés dans les salles obscures en première partie de programme, durant les années 40. Premier long à ouvrir la voie : Les aventures du Captain Marvel (1941) de John English et William Witney.



Alors que l'industrie du comic avait, à sa façon, soutenu le gouvernement américain au cours de la Seconde Guerre Mondiale (il était fréquent de voir Superman ou Batman affronter des espions nazis ou japonais), celui-ci va lui témoigner sa gratitude d'une manière bien étrange au cours des années 50. Alors que le pays est en plein cœur d'une période conservatrice, garant de la bonne morale et des bonnes valeurs chrétiennes, en 1954, le psychiatre Fredic Wertham publia l’essai « Séduction de l'innocent » dénonçant l'influence néfaste des comics sur la jeunesse. Il y était notamment dit que la criminalité juvénile découlait de la lecture quotidienne de ces magazines et bien d'autres choses du même acabit (l'homme affirmait qu'ils donnaient de l'asthme !). Aujourd'hui l'écrit fait bien rire mais à l'époque il fait tellement de bruit qu'un congrès est tenu pour statuer sur les affirmations contenues. Le petit monde de l'édition va en être bouleversé : les éditeurs de comics horrifiques du type du célébrissime « Tales from the Crypt » sont obligés de cesser leur publication et un nouvel organisme gouvernemental est crée, la CMAA (Comic Magazine Association of America), un comité d'autocensure chargé de contrôler les histoires des auteurs et de les avaliser. Dès lors on peut facilement lui attribuer la carence de programmes télévisuels pendant cette période, hormis la série Les Aventures de Superman (avec le premier interprète de l'homme d'acier, George Reeves), diffusée de 1952 à 1958. Heureusement les décennies suivantes verront s’installer un laxisme de la part des censeurs et les affaires reprendront leur cours.



En 1966, l'homme chauve-souris fait son come-back au cinéma dans le film de Leslie H. Martinson, prolongation du show télé pop (1966-1968) dans lequel notre héros soutenu par son acolyte Robin doit affronter le Joker, le Pingouin, l'homme mystère et Catwoman faisant cause commune. Onze ans plus tard, Spider-Man connaît sa première incarnation sous les traits de Nicholas Hammond dans le téléfilm L'homme araignée (The Amazing Spider-man), série Z sans le sou où notre Peter Parker endosse un pyjama en guise de costume. Totalement risible.


Les premières superproductions

Ce n'est que l'année d'après que le genre se voit enfin offrir son étalon, sa pièce maîtresse qui allait le faire sortir des méandres du B-movie : le Superman de Richard Donner . Superproduction ambitieuse (55 millions de dollars de budget) bénéficiant des dernières technologies en matière d'effets spéciaux de l'époque, portée par le thème musical inoubliable de John Williams , le film grimpe au sommet du box-office et devient en peu de temps une œuvre mythique pour tous les fans du kryptonien (Bryan Singer en signera une suite hommage vingt huit ans plus tard avec son Superman Returns ). Son interprète Christopher Reeve, inconnu avant cela, bénéficie d'une célébrité fulgurante, devenant indissociable du personnage aux yeux du public, au point d'éclipser totalement son illustre prédécesseur. Sa parenté avec son rôle marquera d'autant plus les esprits qu'en 1995 l'acteur fait une chute de cheval qui le rend tétraplégique jusqu'aux épaules. Triste ironie du sort pour celui qui fut un être invincible sur les écrans. Triomphe planétaire oblige, trois suites suivront : Superman II de Richard Lester et Richard Donner , ce dernier s'étant fait virer du plateau en cours de route, puis Superman III et Superman IV. Des séquelles graduellement inférieures, ne bénéficiant ni de l'aura de l'original ni de ses moyens financiers (seulement 17 millions pour le dernier) glissant peu à peu vers la parodie pour sombrer dans le nanar pur jus. Dans la même période, les producteurs mettent en chantier une variation féminine, Supergirl, non sans se donner les moyens de s'offrir un nouveau succès : 35 millions de dollars pour réaliser le projet et un cast comptant des pointures comme Faye Dunaway, Mia Farrow , Peter O'Toole … Au final, tout cela pour un résultat disons… mitigé.



Les choses ne redeviennent vraiment sérieuses qu'en 1989 avec la sortie du Batman de Tim Burton. Œuvre sombre et baroque dans laquelle le monde extérieur reflète la mentalité de son héros, Batman s'éloigne grandement de tout ce qui a pu se faire jusque là en matière d'adaptation de comic-book. Livrant une vision toute personnelle du personnage, s'affranchissant parfois du genre auquel le film est censé appartenir, Tim Burton réussit malgré cela à combler un public grandement satisfait, mis à part quelques réticences (certains n'ont jamais pardonné au réalisateur d'avoir fait du Joker l'assassin des parents de Bruce Wayne). Il n'y a pas que le spectateur qui soit comblé, les pontes de la Warner sont également ravis des résultats en salles du film. D'où leur envie de lancer sur les rails un second opus toujours sous la houlette du cinéaste. Mais ce dernier s'est lancé dans un projet plus personnel avec Edward aux mains d'argent et n'est pas intéressé par l’idée de travailler à nouveau sur une autre commande (ce qu'était au départ le premier). Ne voulant pas abandonner l'homme aux doigts de fées, les producteurs lui proposent de lui laisser cette fois carte blanche. D'un point de vue gestionnaire, cette décision s'avérera un mauvais choix : doté d'une liberté artistique totale, Tim Burton est bien décidé à ne pas se priver.

Si sa création de 1989 demeurait un bon compromis entre film de super-héro et film d'auteur, Batman, le défi laisse complètement de côté l'aspect blockbuster pour se concentrer sur les préoccupations mentales de son auteur. Les financiers désiraient un hit de l'été à la sauce burtonnienne, ils se retrouvent avec un pur film de freaks sur les bras, un chef-d'œuvre certes, mais loin du produit escompté. La douche froide est de mise aussi pour le public venu en cet été 1992 voir une nouvelle aventure trépidante de l'homme chauve-souris et non une œuvre encore plus obscure digne du Freaks de Tod Browning, dans laquelle le personnage principal psychotique ne vaut pas mieux que les méchants qu'il est censé arrêter. Les chiffres sont loin d'être catastrophiques mais le film a coûté beaucoup plus cher que le précédent (plus du double) et en a rapporté moins. Boosté artistiquement, Tim Burton semble le seul satisfait de l'expérience et unique partant pour un nouveau plongeon. Il fait ainsi part de ses idées pour un éventuel troisième épisode. Le studio répondra par un poli « C'est gentil mais non » avant de le raccompagner vers la sortie de ses bureaux.

L'idée de mettre dans un placard le costume et les ustensiles de chevalier de la nuit n'est pas pour autant à l'ordre de jour pour la Warner qui reprend la franchise sous contrôle. Retour donc à un style propice à une plus grande audience : l'inégal Joel Schumacher , artisan docile, est choisi pour livrer sa vision très « colorée » (l'homme est admirateur de la série des années 60), le sidekick Robin fait son entrée dans un scénario jouant la surenchère d'action. Un panel de star du moment est sélectionné dont un Val Kilmer , sur le point de chuter dans l'autodestruction, dans le rôle titre, remplaçant ainsi Michael Keaton devenu la référence du personnage pour les fans (alors qu'on se souvient qu'à l'annonce de son embauche nombreux sont ceux ayant vociféré leur désapprobation face à ce choix). Malgré la déception commune des adulateurs des ouvrages de Burton, Batman Forever rapporte suffisamment d'argent pour que la major continue sur sa lancée.

On ne change pas une équipe qui gagne. Dans cette logique Batman & Robin voit le retour de Schumacher aux commandes pour ce qui restera comme une triste date dans la transposition cinématographique des justiciers masqués. Si le précédent pouvait encore passer pour un spectacle récréatif, celui-ci demeure un incommensurable navet où des comédiens tel que Uma Thurman, Arnold Schwarzennegger et George Clooney (à qui il incombe de revêtir la combinaison de plus en plus improbable de Batman) se ridiculisent dans une production poussant jusqu'à l'extrême les situations cocasses et la multiplication des protagonistes inutiles (bienvenue à Batgirl). Son réalisateur voulait donner un équivalent du show des sixties, on peut dire que c'est réussi. Heureusement le massacre s'arrête là car même le moins exigeant des publics a ses limites et n'est pas éternellement enclin à avaler la mouscaille qu'on veut lui servir. Et celui de 1997 n'avait pas envie d'ingurgiter ce Batman & Robin indigeste qui allait marquer (pour un temps du moins) la fin des aventures de Batman sur grand écran.



Pendant presque dix ans, Bruce Wayne fut le colosse soutenant le reste de la production continuellement morose, aucun autre film n'embrayant sur une quelconque poussée profitable à la prolifération du genre. Dans ce laps de temps, il y a bien eu une poignée de personnages faisant leur première apparition au cinéma : Punisher de Mark Goldblatt (1989), The Rocketeer (1991) de Joe Johnston, The Shadow de Russell Mulcahy, The Fantastic Four (1994) d'Oley Sassone, Le fantôme du Bengale (1996) de Simon Wincer et Spawn de Mark A.Z. Dippé (1997). Néanmoins, au vu des succès mineurs rencontrés et la médiocre qualité de l'ensemble (de l'imbuvable au limite passable), on comprend aisément que la majorité d'entre eux en soit resté là.


L'explosion

Si de l'avis de tous X-Men (2000) de Bryan Singer a été le déclencheur de la tendance que nous connaissons en ce moment, on peut légitiment penser que le cas de Blade sorti deux ans plus tôt n'a pas été sans conséquences : débarquée sans crier gare (pas d'énorme dispositif de publicité), cette adaptation d'un comic Marvel de 1973 mal connu (la publication a été stoppée rapidement), réalisée par Stephen Norrington, a exécuté une belle prouesse dans les salles obscures. Un joli coup de semonce avant la déferlante qui va emporter tout sur son passage. Rapide coup d'œil :

2002 : pour sa première aventure cinématographique,Spider-Man fait une entrée fracassante au box-office mondial tandis que le chasseur de vampires Blade connaît une suite bourrine réalisée par Guillermo Del Toro .
2003 : c'est ensuite au tour de Daredevil et de Hulk de faire leur apparition. Quand aux mutants de Singer, ils continuent de rameuter les spectateurs dans X-Men 2. C'est également l'année d'une tentative de capitaliser sur la présence de plusieurs personnages célèbres dans un même film avec La ligue des gentlemen extraordinaires mais le résultat n'est pas probant.
2004 : malgré quelques mini échecs, le public reste friand et la production s'intensifie. The Punisher, Catwoman, Hellboy font leur entrée dans la danse, Blade : Trinity conclut la chasse du diurnanbule au cinéma et Spider-Man 2 continue de crever le plafond.
2005 : ça y est, les super-héros étant confortablement installés dans le paysage audiovisuel, on peut se permettre de redonner un coup de dépoussiérage aux vieilles franchises. Petit coup de lifting salvateur pour Bruce Wayne dans Batman Begins remit au goût du jour par Christopher Nolan , et une nouvelle adaptation (plus prestigieuse que la précédente) des Quatres Fantastiques débarque. Avec Elektra, Hollywood s'essaye au spin-off, histoire de récolter les quelques fruits manqués de Daredevil.
2006 : après deux épisodes réussis, la saga X-Men se vautre dans la fange avec X-Men : L'affrontement final , sous le sourire satisfait de Brett Ratner remplaçant un Singer déserteur. Les spectateurs eux n'y ont vu que du feu et sont pleinement contents. En revanche, ils le sont moins devant Superman Returns , retour en demi-teinte du héros originaire de Krypton. De l'avis de tous son metteur en scène, qui n'est autre que Bryan Singer, aurait dû rester conclure les péripéties de Wolverine et de ses compagnons.
2007 : bien qu'il présente de sérieux défauts de constructions, le paquebot de l'homme araignée, avec toujours à son bord le réalisateur Sam Raimi , demeure insubmersible. Pas le cas de Ghost Rider et des Quatre Fantastiques et le Surfeur d'argent , prenant la flotte sans toutefois couler.



Soit approximativement une vingtaine de productions allant de la franche réussite artistique ( Batman Begins , Spider-Man, X-Men 1 & 2) à la purge la plus innommable qui soit ( Catwoman , Ghost Rider , The Punisher ). Beaucoup d'échecs qualitatifs pour une pincée de véritables flops monétaires. Un bilan assez maigre en définitive démontrant une fois de plus qu'à Hollywood les considérations capitalistes prendront inlassablement le pas sur celles artistiques. De ce constat, on peut extirper deux agencements : le premier est lorsque les manitous siégeant à la tête des grandes majors, dévoluent la tâche de mettre en boîte le produit par un réalisateur compétent, porteur d'une vraie vision ou simplement fanboy sincère du sujet qu'il traite (à entendre les intéressés dans les matériaux promotionnels, ils le sont tous). A l'image de Del Toro dans le cas de Hellboy ayant sollicité Mike Mignola , créateur du comic, pour devenir un acteur actif durant l'élaboration du film. Le genre même de personne capable de comprendre et de transposer sur pellicule la substance primordiale du matériau d'origine. Inutile de préciser que ce cas présent est peu fréquent. La configuration dominante, inhérente à toutes les fabrications issues de la Mecque du cinéma US, est la location des services d'un exécutif, un yesman de l'ordre d'un Brett Ratner ou d'un Mark Steven Johnston (on pourrait consacrer un dossier entier rien que sur ce dernier dans lequel on vomirait notre haine farouche), acceptant aveuglement et sans conditions toutes les propositions (y compris les plus farfelues) de l'employeur. Patron forcément ignare quant à l'objet transposé, persuadé que la cible recherchée, en l'occurrence le geek ayant bouffé de la BD depuis sa tendre enfance, va se précipiter et se satisfaire d'un produit marketing gâté, fabriqué du début jusqu'à la fin sur des études de marché. Pourquoi les choses devraient-elles être différentes ? C'est vrai, le public de masse se satisfaisant de voir ces pop corn movies prédigérés, (presque) tout le monde y trouve son compte.



Intéressons nous maintenant aux raisons d'une telle effervescence. L'une des explications pourrait venir du fait des poussés technologiques en matière d'effets spéciaux qui jusqu'alors ne permettaient pas d'exploiter pleinement le potentiel visuel des superpouvoirs de nos héros. Le cas de Spider-Man en est l’exemple le plus symptomatique. Avant sa sortie en 2002, l'homme araignée a stationné dans les détours du développement-hell durant 17 années qui ont vu plus d'un réalisateur (dont James Cameron ) se casser les dents sur la conception de ses sauts dans les rues de New-York. Il faudra attendre environ la fin des années 90 et l'ère du CGI pour espérer voir se concrétiser ces images tant rêvées. De nos jours grâce aux techniques digitales, tout est réalisable, aussi bien matérialiser les capacités élastiques de Mr Fantastic que donner vie à l'armure high-tech d'Iron Man. Et n'en déplaise aux mauvais nostalgiques du système D osant reprocher l'irréprochable : on se souvient des critiques faites au film d' Ang Lee concernant sa créature pixélisée. C'est vrai qu'un comédien bodybuildé, grimé en vert pour jouer les titans enragés de trois mètres de haut c'était TELLEMENT mieux. Aujourd'hui n'importe quel représentant du genre (incluant les pires) ont au moins un élément peaufiné… quoique.

Cet éclaircissement technologique seul ne suffit pas à expliquer le goût du public pour les hommes (et femmes !) doués de capacités surhumaines. Il serait bon de se questionner sur les raisons sociologiques de l'engouement. Que tous ces personnages soient nés aux Etats-Unis n'a absolument rien d'étonnant quand on y pense. Le fort, l'imbattable, le puissant a depuis longtemps été adulé au pays de l'oncle Sam et cette culture du plus fort s'inscrit dès le plus jeune âge : dans les collèges et lycées on porte aux nues, on admire le champion de football, sa vigueur, son habilité physique, au détriment du plus faible, de l'intellectuel moqué ou mis de côté. Il apparaît normal que cette nation dominante des autres puissances économiques, militaires, culturelles… imbue d'elle-même, apprécie des figures patriotiques comme Superman ou Captain America. Mais les USA ne sont pas les seules à vénérer le corps au détriment de l'intellect et l'excitation envers les films de super-héros ne s'arrête pas à ses seules frontières. Le phénomène est mondial car ces productions puisent dans des thématiques éternelles (le respect, la recherche de soi, la rédemption, la tolérance, l'adolescence, la responsabilité…) et extra-culturelles capables de s'adresser à tous.



En fin de compte, la raison ne serait-elle pas simplement que ces films sont des divertissements haut de gamme, garantissant un spectacle distrayant et faisant oublier les petits tracas du quotidien ? Il y cinq ans on pouvait encore considérer cette profusion comme une mode, à présent il faut se rendre à l'évidence que cela continue et que ce n'est pas près de s'arrêter. Il serait intéressant de se demander si un évènement n'aurait pas joué le rôle de catalyseur auprès de la population : nous le savons tous, le monde pré 11 septembre 2001 que nous connaissions s'est complètement écroulé au même instant que les tours du World Trade Center. Ce jours-là nous assistions impuissants à une tragédie relatée par des images à la fois choquantes et impressionnantes, qu'on croyait ne jamais voir en dehors d'un film catastrophe. Mais l'incident n'était nullement une fiction et cette fois-ci il n'y avait pas de Bruce Willis , Arnold Schwarzennegger ou de Sylvester Stallone pour rétablir la situation et sauver le monde des méchants terroristes. Non, les héros n'existent pas et c'est d'autant plus pour cela que nous en avons désespérément besoin dans ce monde qui part à la dérive. A défaut de pouvoir rendre l'ordre et la justice dans le réel, ils le font à l'écran, les studios – dont la Marvel Film devenue aujourd'hui un cador pouvant se débrouiller seul – se chargeant de nous en fournir en quantité (dans les deux prochaines années pas moins d'une quinzaine d'adaptations sortiront) en transposant tout ce qu'ils ont sous le coude. Quand ils ne jouent pas la carte de la séquelle ou du spin-off, histoire de presser un peu plus le citron.


Retrouvez la seconde partie du dossier très bientôt, s'attardant plus particulièrement sur les créations originales et la présence des super-héros à la télévision.
 
Publié le 30/04/2008 par Julien Munoz


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