Dossier : Russell Crowe

Superstar avec Gladiator, Russell Crowe est l'un des acteurs les plus charismatiques et talentueux entrevus dans le cinéma hollywoodien ces dernières années. La sortie de 3h10 pour Yuma est l'occasion de revenir sur la riche carrière de ce grand monsieur du cinéma.


Russell Crowe baigne dans le septième art depuis sa naissance en Nouvelle-Zélande en 1964, ses parents étant cantiniers sur les plateaux de tournage en Australie. Pendant que ces derniers travaillent, il a tout le temps de s'immerger dans ce monde particulier et ne tarde pas à faire ses débuts devant la caméra à l'âge de six ans, le temps d'un épisode dans une série australienne intitulé Spyforce. Dès lors, jusqu'au début des années 90, il multiplie les apparitions dans des séries à succès australiennes : Neighbours, Living with the law et même dans un épisode de Sydney Police qui fut un temps diffusé sur TF1. En 1988 il obtient enfin son ticket d'entrée pour le grand écran en décrochant un second rôle aux côtés de Terry O'Quinn dans le drame militaire Prisonners of the Sun contant l'histoire des prisonniers australiens dans un camp japonais après la seconde guerre mondiale. Sa carrière au pays des kangourous est lancée, et il va devenir l'un des comédiens incontournables des productions océaniennes.



Ses débuts australiens

Hollywood a toujours été friand des comédiens australiens, à tel point qu'ils sont légion aujourd'hui dans le cinéma américain : Mel Gibson, Hugh Jackman, Eric Bana, Hugo Weaving, Sam Worthington, David Wenham, Karl Urban, Julian McMahon, Dominic Purcell… ou encore le regretté Heath Ledger. Russell Crowe n'a pas échappé à la règle, après plusieurs œuvres marquantes de l'autre côté du Pacifique il a su séduire les pontes américains qui ont misé sur lui avec le succès qu'on lui connaît. Cela grâce notamment à trois films pour lesquels il a su être nominé trois années consécutives aux AFI awards, l'équivalent des Oscars en Australie. Le premier pas vers la reconnaissance critique est marqué par son apparition dans The crossing, un drame sur l'amitié, la loyauté qui en découle et les relations amoureuses. En effet, pour son premier rôle principal il incarne Johnny, dont le meilleur ami Sam décide de partir en ville pour sa carrière professionnelle, laissant derrière lui Meg, la femme qu'il aime. Cette dernière va alors peu à peu se rapprocher de Johnny qui se laisse tenter par le charme de Meg. Lorsque Sam réapparait, Johnny est tiraillé entre son ami et la femme dont il est tombé amoureux, remettant en question tout son environnement affectif. La critique encense le film et Russell Crowe est nominé pour l'oscar australien du meilleur acteur et aura permis au comédien de rencontrer sur le tournage Danièle Spencer, celle qui sera sa future épouse. L'année suivante Russell Crowe décroche l'oscar australien du meilleur second rôle pour sa performance dans le métrage Proof où il est Andy, un jeune plongeur d'un restaurant que fréquente Martin interprété par Hugo Weaving, jeune photographe aveugle de naissance avec lequel il va se lier d'amitié. Néanmoins cette rencontre est bouleversée par la jalousie extrême de Célia. Enfin en 1992, bien avant American History X, on retrouve un Russell Crowe crâne rasé leader d'un groupe de skinheads néonazis ciblant leurs brimades sur la population vietnamienne de Melbourne. Parallèlement à leurs expéditions punitives le groupe d'extrémistes est rejoint par une jolie jeune femme que va rapidement séduire Hando, le personnage de Russell Crowe. Davey, le second de Hando, est également sensible à la nouvelle venue et lorsque cette dernière montre des signes d'impureté aux yeux du groupe suite à ses crises d'épilepsie, l'opposition entre le chef et son lieutenant semble inévitable. Ici point de rédemption, Russell Crowe incarne un personnage sauvage, ancré dans ses idées, que rien n'arrête, tout simplement bluffant de froideur et de haine. L'Australian Film Award du meilleur acteur est amplement mérité pour cette composition qui lui ouvre définitivement les portes de Hollywood.



Sharon Stone le repère, Hollywood lui ouvre ses portes.

Grâce à ce rôle, il est repéré en 1994 par Sharon Stone qui est en train de préparer Mort ou Vif dont elle est la vedette et également la productrice. Cherchant un acteur pour incarner un des personnages principaux du film elle jette son dévolu sur Russell Crowe, séduite par la présence qu'il dégage à l'écran. Mis en scène par Sam Raimi, Mort ou Vif est loin d'atteindre les scores espérés au box-office. Western caricatural, scénario tenant sur un mouchoir en papier et une interprétation loin d'être transcendante malgré la présence de Gene Hackman, Leonardo DiCaprio et Sharon Stone. Néanmoins, Russell Crowe tire son épingle du jeu en étant Cort, un ancien hors la loi devenu prêtre qui est contraint malgré lui par le caïd de la ville de participer au tournoi de duel au revolver. Visage inconnu pour le public américain, il est loin de passer inaperçu : il dégage déjà un certain charisme au milieu des autres stars qui peinent à exister, et pour un premier film hollywoodien en demi teinte, c'est déjà une belle performance.




Il délaisse par la suite les grosses productions et enchaîne par la suite quelques films mineurs dont le très anecdotique Miss Shumway jette un sort. L'histoire se déroule à Los Angeles, dans les années 50. Assistante d'un illusionniste, Myra Shumway s'apprête a quitter son emploi pour épouser le très riche Cliff Wyatt. Quand ce dernier tue accidentellement son patron, elle comprend qu'il vaut mieux fuir, d'autant qu'elle possède une photo du meurtre. Elle échoue a Mexico, lieu de départ d'une aventure plus que trépidante... Russell Crowe y partage l'affiche avec Bridget Fonda pour un résultat plus que mitigé.

On le retrouve ensuite aux côté de Denzel Washington dans Programmé pour tuer, thriller d'anticipation où le ministère américain de la justice a mis au point le prototype du système d'entrainement le plus sophistiqué du monde pour ses services de police : un criminel virtuel, Sid 6.7, que les stagiaires traquent sur simulateur. Les choses se dégradent quand Sid 6.7 brise les limites de la réalité virtuelle et devient réel ... Au vu du talent des deux acteurs, ce film est un véritable gâchis, les comédiens ne semblent pas concernés, et Russell Crowe surjoue à outrance son rôle de criminel psychopathe. Heureusement, les deux hommes se rattraperont de fort belle manière avec American Gangster.

Après deux années à végéter aux Etats-Unis dans des projets qui n'ont pas donné l'élan escompté à sa carrière internationale, il reçoit entre ses mains le scénario de L.A Confidential, adaptation de l'ouvrage homonyme de James Ellroy, maître du roman noir Outre-Atlantique. L.A Confidential, avec son casting 5 étoiles (Kevin Spacey, Guy Pearce, Dany de Vito et Kim Basinger en sus de Russell Crowe) est un gros succès avec près de 130 millions de dollars de recettes à l'international et 9 nominations aux Oscars dont celle du meilleur film et du meilleur réalisateur pour Curtis Hanson. Russell Crowe est désormais un acteur reconnu aux Etats-Unis, et les plus grands réalisateurs vont faire appel à lui pour exploiter son formidable potentiel.




En route vers la reconnaissance

Après L.A Confidential, Russell Crowe choisit ses rôles à la perfection et les grandes performances se succèdent, mis à part deux films très passables, Breaking up, une comédie romantique sortie en 1998 où son duo avec Salma Hayek ne fonctionne pas du tout et Mystery, Alsaka, un drame sportif suivant le match amical de hockey sur glace opposant les joueurs amateurs de la petite ville de Mystery en Alasaka à l'armada professionnelle des New-York Rangers. Le long métrage ne connut aucune diffusion dans les salles françaises et fut programmé quelques années après sa sortie sur Canal +.

En 1999 sort Révélations, mis en scène par le génie Michael Mann, qui se base sur l'un des plus grands scandales qui marqua l'industrie du tabac suite au témoignage de Jeffrey Wigand, ancien directeur du département Recherche et Développement du 3ème plus grand fabricant de cigarettes américain. Wigand, convaincu par le journaliste Lowell Bergman également producteur de l'émission télévisée « 60 minutes », accepta de devenir le témoin-clé du procès qui opposa le Mississipi et 49 Etats aux géants du tabac, contraignant ces derniers à débourser 246 milliards de dollars. Russell Crowe, entouré du légendaire Al Pacino et du vétéran Christopher Plummer, y est méconnaissable, il est réellement devenu Jeffrey Wigand avec lequel il a passé beaucoup de temps avant le tournage. Avec 25 kilos en plus, des cheveux gris et des lunettes de vues, l'acteur néo-zélandais en plus de son impressionnante transformation physique livre une composition où justesse et émotion cohabitent parfaitement. En 2006, le magazine Première classe l'interprétation de Russell Crowe dans Révélations au 23ème rang des 100 plus grandes performances d'acteurs de tous les temps. Lors de la cérémonie des Oscars qui se déroule en février 2000, la statuette du meilleur acteur lui semble dévolue, mais c'est finalement Kevin Spacey qui l'emporte pour American Beauty.




Gladiator, le rôle de sa vie

L'expérience Gladiator n'est certainement pas l'expérience la plus reposante qu'ait vécue l'acteur dans sa carrière mais elle fit de lui une star internationale, et plus important encore à Hollywood un acteur bankable. Pourtant au départ lorsque Ridley Scott élabore son casting il pense à Mel Gibson, déjà rattaché au tournage de The Patriot. Ce dernier, qui connaît bien Russell Crowe, glisse son nom à Ridley Scott qui finit par suivre son conseil suite au visionnage de ses films les plus marquants. Maintenant que Maximus est trouvé le tournage peut débuter, néanmoins les soucis vont s'enchaîner et les retards vont s'accumuler. Les prises de vues ont commencé en Angleterre mais le scénario n'est pas finalisé, Russell Crowe s'agace de devoir apprendre ses répliques au compte-gouttes, et les versions du scénario défilent sous les yeux de l'acteur. Au départ, Maximus devait retrouver sa famille vivante lors de l'épilogue, ensuite il s'agissait d'une histoire de vengeance où le général devenait le protecteur de Rome au final. Il fallut donc plusieurs versions avant que l'on obtienne celle qui nous a été délivrée sur la pellicule et qui a bien plus de force et d'impact que ce qui avait été envisagé à la base. En dehors des réécritures intensives, le décès du comédien Oliver Reed qui incarnait le propriétaire des gladiateurs Proximo soumit Ridley Scott à véritable casse-tête pour mettre en boîte la dernière scène où il était censé apparaître. En mai 2000 le film sort en salle, bénéficiant d'un budget atteignant les 100 millions de dollars avec les frais de promotion et traitant d'un genre disparu depuis plus de 30 ans à Hollywood : l'affaire est risquée. Pourtant Gladiator rapporte près de 200 millions de dollars aux Etats-Unis et plus de 450 à travers le monde. Véritable claque visuelle dans les batailles et scènes de combats sans concession, servi par une musique splendide, Gladiator est un film majeur du septième art et révèle au monde entier le charisme impressionnant d'un Russell Crowe à la fois courageux et faillible, qu'aujourd'hui encore tout le monde assimile à Maximus. Il décroche en février 2001 l'oscar du meilleur acteur qui lui avait échappé l'année précédente, et Gladiator la statuette du meilleur film.



Une pluie de nominations et de récompenses

Certains comédiens ont du mal à enchaîner après un succès aussi retentissant, mais Russell Crowe gère parfaitement la période post-Gladiator. Désormais chacun de ses films est attendu avec une vive impatience. Son projet suivant intitulé L'Echange lui fait partager l'affiche avec Meg Ryan. On y suit Peter Bowman, ingénieur en Amérique latine, qui est kidnappé par des rebelles qui réclament une rançon. Faute de soutien, sa femme Alice fait appel à Terry Thorne, ancien S.A.S et consultant en enlèvements et rançons pour la compagnie d'assurance à laquelle est rattaché l'employeur de Peter. Les négociations s'éternisent, et Terry se rapproche de plus en plus d'Alice. Mais devant la dureté, la cruauté et la ruse des rebelles, Thorne organise une opération commando à haut risques pour ramener Peter en vie. Cannibalisé par le battage médiatique autour de la romance entamée sur le tournage entre Russell Crowe et Meg Ryan, la sortie du film pâtie de cette publicité et se retrouve descendu par la critique. Pourtant sans être un chef d'œuvre le film est loin d'être mauvais, Russell Crowe y est parfaitement crédible, le scénario alterne bien les moments intimistes et l'action, et le final est vraiment bien emballé par la mise en scène de Taylor Hackford. Seule Meg Ryan reste particulièrement plate et inexistante face à son partenaire masculin.




Russell Crowe se rattrape très bien la même année avec Un Homme d'exception, mis en scène par Ron Howard, où il incarne le brillant mathématicien John Forbes Nash Jr travaillant à la prestigieuse université de Princeton qui, peu après la Seconde Guerre mondiale, élabora sa fameuse théorie économique du jeu. Pour lui, les fluctuations des marchés financiers peuvent être calculées très précisément. Ses travaux ne passent pas inaperçus et un mystérieux employeur américain du nom de William Parcher se présente à lui pour lui proposer d'aider secrètement les États-Unis. L'emploi de John consiste à décrypter les codes secrets russes concernant la fabrication de leur bombe atomique. Celui-ci y consacre rapidement tout son temps, et ce au détriment de sa vie de couple avec Alicia. Ce job n'est toutefois pas sans risques : des espions soviétiques surveillent ses moindres faits et gestes, mais personne ne le croit. Habilement écrit, le scénario surfe sur plusieurs genres, entre espionnage, psychologie, science. On y suit un génie qui sombre peu à peu dans une paranoïa plus ou moins affirmée, dans laquelle Russell Crowe déploie une palette d'émotions incroyable, faisant partager au spectateur toute la déliquescence de son esprit et la détresse de se retrouver incompris de ceux qui l'entourent. Gros succès commercial et surtout critique, le film permet à Russell Crowe de décrocher en 2002 le Golden Globe, le BAFTA et le Screen Actor Guild Award du meilleur acteur. Par ailleurs il réussit le tour de force d'obtenir une troisième nomination consécutive à l'oscar du meilleur acteur qui échoit cette année-là à Denzel Washington pour Training Day. Néanmoins Un Homme d'exception rafle les statuettes dorées du meilleur film, du meilleur réalisateur pour Ron Howard, de la meilleure actrice dans un second rôle pour Jennifer Connely, et du meilleur scénario adapté.



Russell Crowe ne s'arrête pas en si bon chemin puisqu'en 2004 il revient avec Master and Commander : De l'autre côté du monde. Fresque navale admirablement mise en scène par le réalisateur australien Peter Weir, le film bénéficie de reconstitutions des navires du XIXème siècle et d'affrontements d'un réalisme saisissant. Le scénario tient en haleine tout au long des 2h15 du film, et Russell Crowe domine son sujet une fois de plus en capitaine de navire de guerre. Jouant du violon à ses heures perdues, dirigeant d'une main de fer mais avec équité son équipage, imposant son courage dans les batailles, il n'hésite pas à être un brin cabotin, apportant une nouvelle version du leader charismatique qu'il nous avait dévoilé dans Gladiator. Les critiques aiment, le public aussi. Résultat : plus de 210 millions de dollars de recettes à travers le monde, une nomination au golden globe du meilleur acteur pour Russell Crowe, 2 oscars pour la meilleure photographie et le meilleur montage sonore, et 8 autres nominations parmi lesquelles Master and Commander : De l'autre côté du monde était pressentit pour le meilleur film et le meilleur réalisateur.



En 2005, Russell Crowe retrouve Ron Howard pour De l'ombre à la lumière, biopic sur une des légendes de la boxe américaine, James J. Braddock qui dans les années 20, était un espoir prometteur dans la catégorie poids lourds ; mais une blessure et la malchance ont mis un terme à sa carrière. Alors que la crise économique frappe les Etats-Unis, il est contraint d'accepter n'importe quel travail pour nourrir sa femme et ses trois enfants. Comme la moitié des Américains, Jim se retrouve à la soupe populaire. Lorsqu'à l'occasion d'une annulation de dernière minute son agent lui décroche un combat, c'est une chance d'améliorer l'ordinaire, mais quand Jim y affronte un champion et gagne, c'est le miracle qui lui permet d'espérer relancer sa carrière et mettre les siens définitivement à l'abri du besoin. A ce jour, c'est le rôle qui tient le plus à cœur à Russell Crowe qui s'investit totalement dans le projet pour être crédible lors des scènes de combat particulièrement réussies. Mais, avant d'être un film sur la boxe, De l'ombre à la lumière est une chronique sociale sur la période de la dépression économique aux USA. Russell Crowe règne sur la pellicule accompagné d'un Paul Giamatti particulièrement en verve. Tout le monde s'attend à un résultat phénoménal mais le scénario reste assez classique et en dépit de la qualité de l'interprétation et d'une mise en scène léchée, De l'ombre à la lumière n'atteint pas les scores escomptés au regard des sommes investies. Les Golden Globes saluent tout de même le travail de Russell Crowe, qui obtient une nouvelle nomination en tant que meilleur acteur.




Les occasions manquées

Après ses performances dans Révélations et Gladiator, Russell Crowe fait partie de la top list des acteurs les plus talentueux, mais également rentables, à tel point que tous les producteurs et réalisateurs en charge d'un projet d'envergure le sollicitent pour tenir la vedette de leur film. N'ayant pas la capacité de se dédoubler, et les plannings de tournages étant très serrés à Hollywood, Russell Crowe s'est vu contraint de refuser un nombre impressionnant de gros rôles. On ne pouvait donc pas ne pas parler de ces personnages qui auraient pu bénéficier de l'aura du comédien néo-zélandais. Dans la liste, on retrouve la trilogie Matrix, dans laquelle les frères Wachowski souhaitaient le voir derrière les petits lunettes noires et s'exprimer dans le langage châtié de Morpheus. Peter Jackson en fit son premier choix pour Aragorn, une aventure qui le tentait grandement sachant que le tournage se déroulerait sur ses terres natales de Nouvelle-Zélande, mais les dates des prises de vue empiétaient avec celle d'Un homme d'exception. Russell Crowe aurait également pu être Wolverine ; son refus permit au moins à son compatriote Hugh Jackman de se faire un nom au pays de l'Oncle Sam. De même pour Eric Bana, qui se révéla dans le rôle du Sergent Hoot dans La Chute du faucon Noir alors que Ridley Scott pensait confier le rôle à celui qui est désormais son comédien fétiche depuis Gladiator. Oliver Stone voulait en faire son Alexandre, mais l'idée d'enchainer avec un nouveau péplum 4 ans après Gladiator ne l'intéressait pas. Il dut également avorter une nouvelle collaboration avec Michael Mann qui voyait en lui le personnage de Vincent dans Collateral, mais Russell Crowe était alors engagé sur De l'ombre à la lumière. Plus récemment l'acteur aurait été approché pour être la voix du Lion Aslan dans Le Monde de Narnia : chapitre 1 - le lion, la sorcière blanche et l'armoire magique, et pour tenir le rôle du mercenaire Danny Archer dans Blood Diamond.

Le coup d'arrêt

Fin 2006 marque la seconde collaboration de Russell Crowe avec son mentor Ridley Scott. Ce n'est ni la suite de Gladiator, longtemps envisagée et qui ne verra espérons jamais le jour, ni une grosse production : il s'agit d'une comédie romantique se déroulant dans un domaine viticole aux confins de la Provence. Ridley Scott met en scène un Russell Crowe trader londonien arriviste et surbooké qui va se découvrir des sentiments pour une pétillante Française jouée par Marion Cotillard lorsqu'il est contraint de retourner en France lors du décès de son oncle. Le résultat est plus que décevant, Ridley Scott n'a aucune inspiration, pensant que filmer les jolies paysages provençaux suffiront à donner une âme à un film qui n'en a aucune. Russell Crowe a du talent c'est sur, mais apparemment la comédie romantique ne lui réussit pas : il n'était déjà pas bon dans Breaking Up, dans Une grande année il est également loin d'être convaincant, tout comme Marion Cotillard dont le personnage fait très cliché de la petite Française provincial. Le film fait un flop commercial assez impressionnant et les critiques le descendent en flèche à juste titre.




2007, l'année du rachat

2007 est l'occasion pour Russell Crowe de redorer son image. Suite au naufrage d'Une grande année, il a l'occasion de montrer qu'il est toujours un des acteurs les plus réguliers et les plus talentueux d'Hollywood. Deux films où il tient la vedette sortent cette année là, 3h10 pour Yuma, remake d'un western des années 60 où il partage l'affiche avec Christian Bale, et American Gangster, troisième collaboration avec Ridley Scott et qui l'oppose à un autre monument du cinéma contemporain : Denzel Washington. Revenons tout d'abord sur American Gangster ; le film conte l'histoire vraie du criminel Frank Lucas qui dirigea un des plus gros trafics de drogue sur la côte Est des Etats-Unis dans les années 70. Russell Crowe y est Ritchie Roberts, l'inspecteur de police qui mit fin aux agissements du truand. Reconstitution parfaite de l'Amérique des Seventies, mise en scène rythmée, scénario alternatif sur les intrigues des deux protagonistes avant la réunification finale, tout cela contribue à faire d'American Gangster un modèle du genre dans la chronique mafieuse, le tout bien sublimé par l'interprétation de deux acteurs géniaux : Denzel Washington ressort ce qu'il nous avait montré dans Training Day lorsqu'il s'agit d'être un mauvais garçon, et Russell Crowe résistant et fragile à la fois montre une nouvelle facette de son talent que l'on savait immense. Les critiques adorent, le public aussi avec plus de 250 millions de dollars engrangés. Néanmoins, American Gangster ne connaît pas le succès prédit aux oscars avec seulement deux nominations dans des catégories mineures.



L'autre grosse sortie de l'année est 3h10 pour Yuma, où Russell Crowe retrouve le western, genre qui berça son enfance et dont il est fan. C'est aussi l'occasion pour lui de jouer dans un « vrai » film de ce genre, car Mort ou Vif était loin d'en respecter les codes. Remake d'un classique des années 60 et mis en scène par le touche-à-tout James Mangold, 3h10 pour Yuma est une vrai réussite autant commerciale qu'artistique. Russell Crowe y est excellent dans son premier rôle de méchant à qui il donne une envergure insoupçonnable, face à Christian Bale tout aussi performant en déchu en quête de réhabilitation. Le duo fonctionne parfaitement dans un film sans temps mort, prouvant que le western n'est pas mort à Hollywood.





Son futur
Son futur rime une fois de plus avec Ridley Scott avec qui il vient de finir sa quatrième collaboration sur le thriller Body of Lies, adapté d'un best-seller du même nom. Il partage l'affiche avec Leonardo DiCaprio dont il incarne le patron à l'écran. L'histoire suit un agent de la CIA chargé de mettre fin à des agissements terroristes au Moyen Orient. Le tournage s'est fini il y a peu et la sortie est prévue en novembre 2008.




Son deuxième long-métrage qui est actuellement en plein phase de prises de vue est l'adaptation de la série anglaise State of Play où il remplaça au pied levé un Brad Pitt qui se désista au dernier moment. Il donnera la réplique à Ben Affleck, lui aussi appelé à la dernière minute, qui interprète un homme politique véreux sur lequel enquête un journaliste joué par Russell Crowe. Aucune date pour la sortie n'a encore était annoncée, mais cela semble être pour début 2009.

Enfin le dernier film auquel est rattaché Russell Crowe se nomme Nottingham, qui sera mis en scène par… Ridley Scott, pour une cinquième collaboration. Le tournage est prévu pour cet été et se présente comme une relecture de l'histoire de Robin des Bois, où le héros n'est pas aussi vertueux qu'on le pense, et le sheriff de Nottingham qui sera interprété par Russell Crowe moins mauvais que ne le laisse transparaître la légende.




En l'espace de 10 ans Russell Crowe c'est fait un nom au panthéon des acteurs Hollywoodiens, parvenant à enchaîner avec une régularité déconcertante les films et les prestations de grande qualité. Incontestablement charismatique, le talent de Russell Crowe ne semble pas prendre une ride et les metteurs en scène ont encore de beaux plans le concernant.
 
Publié le 25/03/2008 par Christopher Wack





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